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Douce lumière d'un matin albigeois

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august 2008
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August 3rd, 08

LA FORET CHILIENNE par Pablo NERUDA

Sous les volcans, auprès des glaciers, entre les grands lacs, le parfum, le silence, l'enchevêtrement de la forêt chilienne...

Les pieds s'enfoncent dans le feuillage mort, une branche fragile a crépité, les raulis géants dressent leur stature hérissée, un oiseau de la sylve froide passe, bat des ailes, s'arrête dans les branchages noirs. Et puis, de sa cachette, sa voix s'élève comme un hautbois.

C'est un monde vertical: une nation d'oiseaux, une foule de feuilles...

Je trébuche sur une pierre, je gratte la cavité découverte, une énorme araignée aux cheveux rouges me regarde de ses yeux fixes, immobile, grosse comme une écrevisse...Un carabe doré me crache son effluve méphitique tandis que disparaît comme un éclair son radieux arc-en-ciel...

Poursuivant, je traverse un bois de fougères beaucoup plus grand que moi: celles-ci laissent choir de leurs yeux verts et froids soixante larmes sur mon visage et font frémir longtemps encore derrière moi leurs éventails...

Un tronc pourri: ô quel trésor! Des champignons noirs et bleus lui ont donné des oreilles, de rouges plantes parasites l'ont couvert de rubis, d'autres plantes paresseuses lui ont prêté leurs barbes, et, rapide, un serpent jaillit de ses entrailles putréfiées, telle une émanation, comme si s'échappait l'âme de ce tronc mort...

L'univers végétal susurre à peine jusqu'au moment où une tempête déclenche toute la musique terrestre.

Qui ne connaît pas la forêt chilienne ne connaît pas cette planète.

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August 1st, 08

JE DEVIENS CE CHANT


Michel Legrand Les moulins…

 

 

Ici,sur le flanc velouté de la montagne,

La nuit semble appartenir à ceux qui ne dorment pas.

Le silence m'enveloppe d'un manteau d'innocence.

L'étrange clarté venue d'en haut porte en elle quelque chose de virginal

Comme une vérité qui me pénètre doucement.

 

C'est alors que se lève le vent du sud

 

Dressée vers le ciel comme un arbre,

Et comme lui attentive aux tourbillons légers qui agitent mon feuillage,

J'écoute ce chant,

Je deviens ce chant, venu du val lointain,

Prisonnier un instant des longs tuyaux d'orgue gémissant

Dans les forêts insoumises;

Puis surgissant d'un col béant comme une bouche,

Une pluie sonore s'abat sur la châtaigneraie qui m'entoure,

L'enlace pour une danse folle

Avant de mourir paresseusement dans les herbes profondes.

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July 29, 08

Piensa en mi

Pense à moi

Je sais que peu de choses nous séparent, la mer, le ciel, le temps, l'espace!

C'est si peu

Puisque je pense à toi

 

Pense à moi

Rares sont les âmes qui peuvent chanter le même poème, et danser sur la corde de l'arc tendu par la même joie ou la même douleur

C'est si rare

Mais je pense à toi

 

Pense à moi

Ma main est tous les jours posée ton front pour le rafraîchir, sur ta main pour te rassurer,

Tous les jours

Car je pense à toi

 

Pense à moi

La douleur se fond dans la douceur que les larmes éclairent à l'aurore

Tout s'illumine

Quand je pense à toi

Cuando pienso en ti

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July 25, 08

MONTAGNE

 

Montagne, tu m'habites de ta lumière trop intense.
 
Je peux fermer les yeux, et voir la joie qui monte, bouillonne et transporte la sève, fragile, jusqu'aux extrémités palpitantes des châtaigniers en fleurs, coupes débordantes de parfums acides où s'enivrent les sens.
 
Au-dessus de ce fleuve, la pente s'offre, ronde et douce comme un dos, à demi-nue parfois de hêtraies dispersées, sous la cime tendue qui se noie dans le ciel.
Tout en bas, un torrent silencieux dévore les vallons et se perd à l'ouest dans les marées humaines.
 
Monts, pics, sommets, vous que sculpta dans la lumière bleue un génie inconnu, je vous demande asile.
 
J'ai besoin de votre solitude, fraiche comme une cathédrale, de vos arcs acérés qui défieront ma chair, de vos cimes déchirées par la course éperdue des vents et des nuages, pour refondre mon âme à vos acharnements, votre lutte âpre à demeurer debout, dignes et grandioses, je veux connaître avec vous la démesure de l'accomplissement.
 
Devant toi, montagne, aucun homme ne peut encore tenter de dissimuler sa petitesse. Pour atteindre ton sommet, il doit se dépouiller du poids trop lourd de son orgueil. S'il veut entrevoir les extraordinaires beautés de ton voyage dans le ciel, il lui faut abandonner le long des sentes caillouteuses, au bord des gouffres sans fond et sur tes crêtes incertaines, tout ce qui faisait sa force dans les mondes d'en bas.
 
Les faux semblants, les mensonges, l'indifférence, la vanité suinteront de sa peau brûlée par le soleil trop vif, lacérée par les tourmentes. Au bord des précipices, il retrouvera ses peurs d'enfant; perdu sur des pentes abruptes, absorbées par les brumes épaisses qui n'en finissent plus de monter obstinément du fond des vallées disparues, quand le ciel supplicié se ferme devant lui, il lui montera à la gorge comme des supplications, des désirs éperdus, d'un toit, d'un accueil chaleureux, d'une fraternité inconnue.
 
Lorsqu'est baissé le masque de la domination et de la possession, l'homme affaibli, tombé sur les genoux, a dans le regard qu'il élève vers un dieu oublié, un élan magnifique, un besoin d'amour tel qu'en son âme enfin offerte se creusent des espaces nouveaux .
 
Alors seulement lui seront accessibles, ô montagne, tes splendeurs inviolées, l'extase de tes immenses silences, tes aubes mystérieuses, tes œuvres dévoilées, et dans son innocence, il entendra, pour la première fois, de tes gorges puissantes, jaillir des chants baignés de lumière.
 
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July 24, 08

ABBE PIERRE: POUR QUOI VIVRE?

"On me demande souvent: quel est le but de la vie?

Malgré toute cette absurdité, j'ai pourtant une certitude qui me tient au corps depuis ma rencontre de Dieu dans l'adoration, alors que j'étais jeune moine capucin. Alors, en tremblant, l'intelligence scandalisée, mais avec la conviction du coeur et de la foi, je réponds: le but c'est d'apprendre à aimer.

Aimer, c'est quant toi, l'autre, tu es heureux, alors je suis heureux aussi. Et quand toi, l'autre, tu es malheureux, tu souffres, alors j'ai mal aussi.C'est aussi simple que cela.

Alors je dis: la vie, c'est un peu de temps donné à des libertés, pour, si tu veux, apprendre à aimer, avec la certitude de devoir lutter contre le mal.

Sens de la création: que l'amour réponde à l'amour. S'il n'y avait pas ce point culminant où tout d'un coup deux libertés peuvent se donner et s'aimer, toute la création serait absurde."

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July 21, 08

SCHUBERT: LA BERCEUSE DU RUISSEAU (poème de WILHEM MÜLLER)

 


Franz SCHUBERT :Die schöne Mül…

 

Repose en paix, repose en paix!

Ferme les yeux!

Voyageur fatigué, tu es arrivé.

Ici tu trouveras la fidélité,

Auprès de moi tu reposeras

Jusqu'à ce que la mer ait bu tous les ruisseaux.

 

Je te ferai un lit bien frais,

Un oreiller si doux,

Dans la petite chambre de christal bleu.

Venez, venez,

Vous qui savez bercer,

Bercez et endormez ce garçon!

 

Si un cor résonne

Dans la verte forêt,

Je bruirai fort autour de toi.

Ne me regardez pas,

Petites fleurs bleues,

Vous donnez à mon dormeur des rêves trop lourds.

 

Quitte, quitte

Le sentier du moulin.

Méchante fillette, que ton ombre ne l'éveille pas,

Lance-moi plutôt

Ton joli fichu,

Que je lui en couvre les yeux!

 

Bonne nuit, bonne nuit!

Jusqu'à ce que tout s'éveille,

Que ton sommeil épuise tes joies et tes peines!

La pleine lune se lève,

Les brumes se dissipent,

Et le ciel là-haut, qu'il est immense!

 

 

 

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July 20, 08

POULENC STABAT MATER

 

POULENC
 
STABAT MATER
 
 
Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
Dum pendebat filius.
 
Cuius animam gementem,
Contristatam ac dolentem,
Pertransivit gladius.
 
O quam tristis et afflicta
Fuit illa benedicta
Mater unigeniti.
 
Quae moerebat et dolebat,
Et tremebat, cum videbat
Nati poenas incliti.
 
Quis est homo, qui non fleret,
Christi Matrem si vederet
In tanto supplicio ?
 
Quis non posset contristari,
Piam Matrem contemplari
Dolentem cum filio ?
 
Pro peccatis suae gentis
Vidit Jesum in tormentis
Et flagellis subditum.
 
Vidit suum dulcem natum
Morientem desolatum,
Dum emisit spiritum
 
Eja, Mater, fons amoris,
Me sentire vim doloris
Fac, ut tecum lugeam.
 
Fac, ut ardeat cor meum
In amando Christum Deum,
Ut sibi complaceam.
 
Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas,
Cordi meo valide.
 
Tui nati vulnerati,
Tam dignati pro me pati,
Poenas mecum divide.
 
Fac me vere tecum flere,
Crucifixo condolere,
Donec ego vixero.
 
Iuxta crucem tecum stare,
Te libenter sociare
In planctu desidero.
 
Virgo virginum praeclara,
Mihi iam non sis amara,
Fac me tecum plangere.
 
Fac, ut portem Christi mortem,
Passionis fac consortem
Et plagas recolere.
 
Fac me plagis vulnerari,
Cruce hac inebriari
Ob amorem filii.
 
Inflammatus et accensus,
Per te, virgo, sim defensus
In die judicii.
 
Fac me cruce custodiri,
Morte Christi praemuniri,
Confoveri gratia.
 
Quando corpus morietur,
Fac, ut animae denetur
Paradisi Gloria.
Amen.

 

Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.
Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l'heure de la justice.
Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.
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July 10, 08

POUR GLORIA

 

1. L'amitié
Et un jeune dit : parle-nous de l'amitié.
Et il répondit, disant :
Votre ami est votre besoin qui a trouvé une réponse.
Il est le champ que vous semez avec amour et moissonnez avec reconnaissance.
Il est votre table et votre foyer.
Car vous venez à lui avec votre faim, et vous cherchez en lui la paix.
Lorsque votre ami parle de ses pensées vous ne craignez
pas le "non" de votre esprit, ni ne refusez le "oui".
Et quand il est silencieux votre coeur ne cesse d'écouter son coeur;
Car en amitié, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes naissent et sont partagés sans mots, dans une joie muette.
Quand vous vous séparez de votre ami, ne vous désolez pas;
Car ce que vous aimez en lui peut être plus clair en son absence, comme la montagne pour le randonneur est plus visible vue de la plaine.
Et qu'il n'y ait d'autre intention dans l'amitié que l'approfondissement de l'esprit.
Car l'amour qui cherche autre chose que la révélation de son propre mystère n'est pas l'amour, mais un filet jeté au loin : et ce que vous prenez est vain.
Et donnez à votre ami le meilleur de vous-même.
Et s'il doit connaître le reflux de votre marée, laissez le connaître aussi son flux.
Car qu'est-ce que votre ami si vous venez le voir avec pour tout présent des heures à tuer ?
Venez toujours le voir avec des heures à faire vivre.
Car il est là pour remplir vos besoins, et non votre néant.
Et dans la tendresse de l'amitié qu'il y ait le rire et le partage des plaisirs.
Car dans la rosée de menues choses le coeur trouve son matin et sa fraîcheur.
 
"Le Prophète" Gibran Khalil Gibran

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June 22, 08

L'IMPARFAIT PERFECTIBLE

 

L’IMPARFAIT PERFECTIBLE
 
 
 
 
Il y a une dizaine d’années, j’ai aidé une
jeune fille dyslexique dans son travail de français. Comme elle avait des lacunes assez importantes, nous avons dû reprendre le B A BA et en passer, bien sûr, par les conjugaisons.
 
L’imparfait a donc fait l’objet de notre étude. Perfectionniste comme je suis, j’ai tenu à lui expliquer l’origine du mot « imparfait », et me suis rendue compte que je ne m’étais encore jamais demandé pourquoi on l’avait appelé ainsi.
 
J’ai pris le dictionnaire, un vieux « Robert » qui a plus de trente ans de services, et qui ne me quitte jamais…
 
Je découvris : « Ce qui n’est pas fini »
 
Mon imagination prit le relai du dico…
 
« Le mot imparfait, dans son acceptation courante, a une connotation négative qui réduit l’homme au lieu de le grandir …
 
Pourtant, ce qui n’est pas fini…. Continue…. Evolue…. Sans cesse…. »
 
Alors, n’est-il pas permis de penser que
 
L’IMPERFECTION EST UNE QUALITE INTRINSEQUE, PROPRE A LA VIE,
 
QUI OUVRE UNE VOIE A LA PROGRESSION, INFINIE ELLE-MÊME,
 
OU QUI DONNE UN SENS A LA VIE : DE L’INFINI VERS LE FINI ?
 
Cette notion d’infini me porta alors plus loin que mon présent, notre présent, au cœur même de l’évolution de l’humanité.
 
PEUT-ON PENSER QU’IL N’EXISTE AUCUNE LIMITE A LA PERFECTIBILITE ?
 
QUE NOUS PUISSIONS NOUS ELEVER A L’INFINI VERS L’INCONNU DE NOUS-MÊMES ?
 
QUE D’UNE QUASI-CONSCIENCE PUISSE ADVENIR UNE CONSCIENCE SANS CESSE PLUS JAILLISSANTE ET TOUJOURS PLUS EPANOUIE ?
 
J’admis cette idée nouvelle pour moi comme la meilleure : celle qui me porterait toujours plus loin dans la recherche d’un moi nouveau.
 
 
Celle qui me permettrait de découvrir de jour en jour
 
un peu plus de beauté et de joie,
 
sans plus jamais avoir à renoncer à puiser dans l’inépuisable….
 
 
 
 
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June 19, 08

SIGNE EXTERIEUR DE PAUVRETE

Voici ce que vient de me raconter une amie:

Handicapée, elle a un revenu de 600 Euros par mois. Quand arrive... l'imprévu, évidemment ça ne passe pas. C'était le cas la semaine dernière. De toute urgence, elle essaie de bloquer son compte pour ne pas être à découvert (le découvert n'est pas autorisé quand on est pauvre). Trop tard. Cette fois, la limite est franchie: elle est redevable de 22 Euros à son banquier.

Lorsqu'elle arrive, à la première heure, pour le rencontrer , après l'avoir écoutée, il lui dit ceci:

 

" J'ai été à deux doigts de vous redemander votre chéquier et votre carte bleue".

 

 

Quand on est pauvre, on doit le rester...

Ou

Comment aider quelqu'un à mourir de faim......

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May 22, 08

Photo de voyage PARFUMS

 

 

Photo de voyage
 

 
Nous suivions au fond des bois
 
La route qui mène à la mer
 
Le printemps nous entêtait
 
De son souffle limpide
 
 
Nous allions, nous frôlant parfois,
 
Ravis, éblouis, devant nous
 
Sans savoir pourquoi
 
Était-ce le vent qui chantait ?
 
 
La bicyclette abandonnée
 
Sous les grandes frondaisons
 
Nous nous désaltérions
 
Aux délicieuses senteurs
 
 
Ô acacias en fleurs !
 
Vous avez à pleines mains
 
Rempli nos paniers
 
De vos grappes ivoirines
 
 
 
 
 

 

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May 20, 08

INFINI

 

 

Photo de voyage

 

 

Qu'y a t-il dans le fond de nos coeurs

Je sens que l'infini s'émeut

Un espace profond qui s'approfondit encore

S'éternise un espace tendre  

 

Je creuse

Le doux argile

Des  âmes

Aimées

 

                     Qu'y a t-il au sommet des cieux

Là où les nuages pleurent

Des larmes

 Où l'infini chante son enfance

 

 

Je façonne

Le doux argile

Des âmes

Aimées

 

                   Qu'y a t-il dans la nuit des temps

La mémoire s'amuse de nous voir encore

Gravir toutes les montagnes

Rebelles

 

J'élève

Le doux argile

Des âmes

Aimées

 

                 Qu'y a t-il au fond des mers

Dans ce bleu que la lumière fait jaillir

Hors des  sources

Habitées par les muses

 

 J'habite

Le doux argile

Des âmes aimées

 

 

 

 

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May 18, 08

MIROIR

 

La gabare descend le cours de l’eau
 
Vers l’ouest
 
D’où vient l’espoir du lendemain
 
 
Lumière doucement bercée par les flots
 
 
Les îlots de verdure se détachent
 
Des rives qui jubilent
 
Comme des étoiles tombant
 
Du ciel endormi sous la parure
 
De la rivière étincelante
 
 
Emportée par la musique
 
 
Je vois d’abord ton bras tendu
 
Tu salues  l’embarcation
 
 
 
Ton visage m’apparaît
 
Ton regard accroche
 
Mon regard
 
 
Ne peut le quitter
 
 
Je voudrais pouvoir marcher sur les eaux vers la berge oubliée
 
Mon cœur battrait contre le tien
 
Toute la nuit
 
 
 
Passe la gabare
 
Devant toi
 
Et mon âme se noie, heureuse,
 
Dans le miroir
 
Bleuté
 
De tes yeux
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May 15, 08

Photo de voyage 3 L'EPAVE

 

 

 

 

 

 

Le chemin menait à la plage

Déserte

Une aigrette seulement

Pas un humain, là!

 

Quittées les chaussures

Pour marcher sur le sable

Vers le squelette de bois

Nous dirigions nos pas

 

Las! Nos pieds s'enfoncèrent

Dans la vase grisâtre,

Où marchait l'oiseau agile,

Jusqu'aux chevilles!

 

L'épave, échouée

Eventrée, meurtrie

Montrait son flanc blessé

 

 

Photo de voyage
 

 

Lui montra la grande bète terrassée

Gisant à même le sol

 

Elle, pour lui,

Penchée sur la flaque

Où se miraient les amants

Faisait ruisseler l'eau

Sur ses pieds blancs

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May 15, 08

Photo de voyage 2 PORTRAIT D'UNE ENFANT BLONDE

 

 

 

Photo de voyage

 

 

 

Sous les boucles tendres et chaudes

Les yeux, immensité bleue, se sont tu

L'enfant attend, face à l'objectif, curieuse

Elle montre son attention par un pli léger

Qui barre le front haut et limpide

 

Soudain, -mue par quelle pensée?-

Elle porte ses mains menues à son visage

Et l'y dépose

Le doux réceptacle encadre la bouche

D'habitude mutine

Maintenant silencieuse

 

Les doigts fins

S'étalent

En pétales

Sur les lèvres rosées

 

 

 

 

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May 15, 08

Photos de voyage 1 Crépuscule

 

 

 

PHOTO DE VOYAGE

 

 

La mer s'illumine, radieuse, elle ouvre une large route au soleil

Et les badauds, tranquilles,  sont assis sur les bancs de la promenade

Tout devient silence

Même les mouettes, de jeunes enfants, font un chant doux qui enveloppe le fracas de la vague

La lumière  remplit le temps

La lumière dissout l'espace

 

Lui, appuyé à la balustrade, capture l'instant parfait

Elle, passe, nus pieds dans la vague , faussement nonchalante, sous son regard

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May 13, 08

Juste un soir

 

 

ILLUMINATION
 

La nuit est là

Qui prend mon coeur

Pour le fondre

En or brûlant

 

J'avance d'un pas

Désormais la vie

S'abandonne

 

Il me reste ton absence

Que la lumière estompe

Quand chavirent les cieux

 

 

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