Oiseaux ! Ne venez plus ! Oiseaux, ne venez plus !

Oui, je suis toujours là mais à présent plus d'auberge !
Petits compagnons, voyez, c'est le printemps,
ne venez plus à ma fenêtre chercher des graines.
Je ne vous donnerai plus rien à manger.
Oh ! Je vous aime toujours ! Rien n'a changé, bien au contraire!
Vous devez -ai-je lu - trouver votre nourriture quand arrive la belle saison,
pour conserver vos réflexes.
Non, je vous l'ai dit, ne revenez pas!
C'est inutile. Je dois le faire !

Pas la peine de sautiller ainsi sur vos frêles pattes
De jouer les curieux en penchant vos petites têtes
de faire les étonnés, les ignorants, les faux naïfs
Pas la peine de faire semblant de picorer pour dire "j'ai faim !"
Buvez si vous voulez mais point de graines.

Ah! Les journées d'hiver ! Nos petits rendez vous.
Toujours à l'heure, à ma fenêtre
Vos allers et venues d'une boule à l'autre puis "frtt"
vos envols soudains à tire d'aile
Et ces matins où l'eau gelait, vite remplacée pour vous venir en aide.
Les soirs venteux et froids où l'on était si seuls.
La venue des nuits hostiles, froides et tristes.

Ah! Mes petits compagnons de l'hiver, réjouissez-vous, le beau temps est revenu !
Finie la froidure, le vents, la pluie, la grisaille et la nuit qui tombe vite
Le soleil nous réchauffe, la gaité nous réveille et les couleurs reviennent.
Mes petits amis fidèles, oui ! je vous aime toujours,
mais... vous devez vous débrouiller tout seul.
Allez! Ouste !

Oiseaux! Ne venez plus !

Edou@rd B@lth@z@r