Dans la brume du petit matin,
la brune laisse ses pensées flotter
tout au long du courant du vent d'été.
Doucement elles remontent, affluent par affluent
la Garonne, la Dordogne, la Loire et la Seine
Seine, le vois-tu ?
Ses pas remontent-ils tes quais ?
Foulent-ils tes marchés ?
Ses yeux se reflètent-ils dans tes flots ?
Raconte moi, toi, là-bas...
Que j'aimerais suivre mes pensées,
venir m'installer à cette petite table,
celle là oui
à l'ombre du marronnier.
Tu viendrais t'asseoir face à moi et tu me sourirais.
Tu prendrais une bière pression
parce que les hommes se donnent ainsi de l'importance ;
je prendrais un thé
car les femmes se donnent ainsi de l'élégance.
De quoi parlerons-nous ?
Quelle importance !
Car à un moment nous rirons
Nos regards suivront la même direction,
verront les mêmes beautés,
et nos mots se bousculeront.
Nos rires sonneront quand, me tendant ton bras,
tu m'emmèneras sur les pas des rêves que nous avons construits.
Tu me raconteras, encore et encore,
et je t'écouterai, ravie, jusqu'à ce que le soleil décline doucement.
Alors notre promenade devenue silencieuse s'inclinera face à l'astre couchant dans un geste de tendresse,
je glisserai ma main dans la tienne quelques instants avant de m'éloigner.
Je reviendrai, tu sais,
quand tu voudras, quand nous pourrons,
quand nos rêves effervescents refuseront de se laisser souffler comme des bougies inutiles,
quand leur chaleur enfin nous inondera dans une même lumière douce et chaude.
A bientôt Toi qui n'es pas Toi