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March 22, 2008

Le corbeau blanc (nouvelle)

 

Un corbeau blanc
Un corbeau blanc

Une brume légère enveloppe la rivière enneigée...Comme tous les matins, je viens flâner au bord de la Saint-Charles. Parfois, je m'assois sur un banc de bois, réchauffé par les premiers rayons du soleil d'avril. Perçant la brume, une branche dépouillée supporte, tremblant un peu, un corbeau blanc. Fasciné, j'observe l'oiseau.

C'est un silencieux ; aucune lamentation ni croassement...Vigile, il guette le chemin de rivière. Pendant plusieurs jours, je refais la même promenade et sur la branche, fidèle au rendez-vous, le corbeau blanc semble m'attendre.

Un matin, je fourre des croûtons de pain dans ma poche. Rendu au banc,je lui lance une becquée. Sans un mot, dans un froissement d'ailes, il glisse sur la neige et happe son repas...

Cela devient un jeu... à chaque matin, je lui lance quelques croûtons, il les ramasse sans un mot, sans un merci... Mystère de la pensée, un matin, je reviens au lieu de rendez-vous avec la cage de mon chat que je laisse entrouverte, avec quelques croûtons au centre... Lui ayant lancé quelques croûtons question de l'apprivoiser, je raccourcis mes lancers et,comme prévu...il entre se régaler dans la cage que je referme aussitôt et le ramène chez moi.

Un crochet au plafond me permet de suspendre la cage...Je nourris mon invité comme il se doit , ramasse aussi ses déjections...La cage n'est pas très loin du piano. Le matin suivant, m'étant levé un peu tard...je m'assied au piano et joue un air de jazz.. Mystère ou miracle, dès que mes doigts touchent le clavier, le corbeau se met à chanter.

Pas un croassement de corbeau ; rien qui ressemble aux chants des colibri,canari ou merle...ni au bavardage d'une pie,perruche... La performance de ce blanc corbeau me rapelle le chant des sirènes, en mythologie. Dès que je cesse de pianoter, il se taît. Je reprends , il chante... Comme ces derniers temps, j'ai créé beaucoup de musique, mon enrégistreuse est tout près. Aussitôt, je grave cette joute musicale sur un cd-rom.

Wow ! un corbeau...blanc...qui chante ! Je rêve ? Je ne suis pas fou... et j'ai la preuve...cet enrégistrement sur cd-rom... Avant le dîner, l'idée me vient d'écouter nos créations musicales... J'introduis le disque dans le lecteur et m'assois confortablement dans un fauteuil pour écouter d'une oreille impartiale, cette symphonie inusitée..

Surprise ! J'entends très bien mes improvisations sur le piano...mais le chant du corbeau blanc ne se manifeste pas... comme pas gravé sur le disque... Je rêve ?

Je retourne au piano et l'oiseau se remet à chanter... A plusieurs reprises, j'enrégistre...mais, à la lecture aucun son de corbeau blanc... Mystifié... Je fais différents essais d'enrégistrement; tout fonctionne normalement, mais le chant du corbeau blanc semble ne pas exister sur mon disque... Chanterait-il dans un régistre surnaturel ? Faudrait pas exagérer...

Demain, je ferai d'autres essais... La journée passe, je nourris comme il se doit, mon grand silencieux...ramasse ses crottes... Puis, à l'heure des entre-chiens-entre-loups, réinstallé dans mon fauteuil , j' observe l'oiseau...

Emerveillé, troublé...je médite un bon moment ; puis, me mets à somnoler... Un chant-croassement inhabituel me réveille; encore endormi, je jette un oeil à la cage... Le corbeau est disparu... La porte de la cage est bien fermée..aucune fenêtre ouverte dans la maison... Ça devient embêtant...

Je fais le tour des pièces...cherche partout..essaie de comprendre... La cage est bien là, maid vide ; aucun visiteur n'est entré...Le corbeau chanteur est invisible.

Le lendemain, je retourne flâner au bord de la rivière , m'installe un moment sur le banc de bois. Sur la branche, pas de corbeau... mais sur la neige tout près, 3 ou 4 croûtons alignés vers la rivière... quelques empreintes de pattes de corbeau qui semblent se diriger vers le milieu de la rivière embrumée et gelée... Puis...un flou..plus aucune trace ... comme si le corbeau avait pris son envol vers un autre horizon...

Jamais, je n'ai croisé à nouveau cet oiseau rare . Mais, par certaines nuits de brume, dans mes rêves,chante un corbeau blanc accompagné d'un pianiste famélique..

Sur le banc près de la rivière, j'ai collé une photo du corbeau blanc...en souvenir. Si vous passez par là, jetez un oeil sur la branche dépouillée qui pend au dessus de l'eau... On sait jamais...

Antar 21 mars 2008

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March 8, 2008

Caboose

Nouvelle présentée à la Société Littéraire de Charlesbourg,mars 2008

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March 8, 2008

Edgard d'Acadie

MerRichibouctou
MerRichibouctou

un grand solarium      
dans la maison blanche    
rue de l'Acadie

assis    
dans ma vieille berceuse de bois
je r'gardions    
tomber la neige
et le crépuscule    
qui s'en alliont   
du coté de la mer

je r'gardions la vaste plaine  
ses quelques arbres empanachés
perdus dans le blanc  
et la baie  
au loin
qui éteint ses étoiles   
une à une

j'écoutions   
le silence du vent  
les chuchottements du poêle
du bout des doigts  
j'étrivions l'oreille  
de ma grosse chatte grise

eh ben   
moi Edgard à Philomène à Jean Richard de Cocagne
je disions   
que la pêche étions ben finie   c't'année   
pis les années qui suivront
j'avions faite mon temps
hein ma grosse chatte grise !

ben  well  
avant que la neige   
m'enveloppe à mon tour
c't'à croire  
que j'chanterai une dernière fois  
Evangéline

avant de m'endormir
j'crée ben
que j'rêverai de pêches miraculeuses
de sagouines en robes blanches
de mouettes  de cormorans
de marées et pieds-de-vent

well   betôt
j'finirai ben  
par prendre une ride  
sur la haute marée
pour un dernier voyage  
sur la mer   
qui m'a si souvent bercé

                                    
  Antar

 

 

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November 27, 2007

D'JAZZ D'JAZZ

D'jazz
D'jazz
l' âme
jase jase

le coeur
parle tout bas

d'jazz

tout est dit


si bémol
s'accroche
au nuage
sous un ciel
de contrebasse


d'jazz d'jazz


clé de sol
virevolte

sur les doigts

blancs ou noirs

d'un piano décrépite


d'jazz d'jazz


arpège
balaie le tambour

chatouille
les cymbales


d'jazz

berceuse
au rythme des doigts

sur le saxophone
larmes
du violon long


d'jazz d'jazz


sur nuit noire
jusqu'a l'aube
volutes
de rêverie
embruns
de nostalgie


d'jazz

larme en dièze
cri syncopé
torrent
d'émotions
rivière
de notes folles
en cascade


d'jazz d'jazz


temps
accroché
au croissant de lune

coin de ciel
coin de Chine
autre lieu
autre ailleurs


d'jazz


t'chinn t'chinn
les djins
s'inventent
chorégraphie

des ailes
sur musique de chambre


d'jazz d'jazz


vient danser
ma chérie
non
reste collée

sur le tambour
de mon coeur
respire
oublie tes rides


d'jazz


oh oui
laisse aller
tes doigts
pianotent

sur ma peau
écorchée

beaume
sur la plaie

du temps
qui s'enfuit

esquissant
pirouette

gardant
le tempo

d'jazz
d'jazz d'jazz
Antar,nov.2007

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November 4, 2007

Canards ou Mallars ?

Dans le bois, j'étais allé photographier les feuilles... il y en avait plus ou peu...mais, des mallards et des canards, il y en avait plein !

 

Pour les gens pressés, voici un mini-aperçu...

Mais pour ceux qui veulent ''plus de qualité'' , cliquez sur ce lien...

la musique est extra !

http://www.ipernity.com/doc/antarsoft/862070

Ça canardait, ce jour-là !

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November 4, 2007

Je n'ai rien à dire...

aujourd'hui,

je n'ai rien à dire.... et...

   ...je ne le dirai point.


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October 15, 2007

SPLEEN D' OCTOBRE (vieux Québec)

 

 


Flânage dans le vieux Québec, par un après-midi d'octobre,
sous un plafond de nuages gris et dans l'annonce du froid
de l'hiver qui approche à pas de loup...



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October 7, 2007

RACINES (improvisation)

Les mots sont racines



       ils dorment tout l'hiver
sous le grand édredon de neige

       s'entrent-mêlent sous la terre encore gelée
se rassemblent leurs idées
             esquissent des phrases
puis s'installent en hibernage
      sous les aurores boréales
             qui les ensemencent de rêves

au printemps
      ils se réveillent
se révèlent
             timidement d'abord
ne sont que murmures
             sous un soleil encore tiède

       dans le creuset printanier
les mots se chamaillent
       qui sera le premier
à éclore un matin de mai

             l'été arrive
dans un bouillonnement de volcan
             les mots
font irruption
             dans un ciel sans nuage
et se disent et n'ont cesse de se dire

autant de petits nuages blancs
       tapissent l'azur
autant de brumes poétiques
       habillent le paysage
             et de pluie en orage
désaltèrent la terre assoiffée

             les mots
déjà vieillis d'une saison
       se font couleurs d'automne
ont préscience
       qu'ils dormiront profondément
             cet hiver
certains ne se réveilleront pas

avant le grand silence de janvier
             les mots font la fête
       sarrabandent   pavanent et cabriolent
se parent de couleurs
       de mouvances de vent
             d'artifices inédits
                     d'oriflammes
       exultent

       décembre approche
les mots baissent le ton
       parlent tout bas
échappent des baillements entre les phrases
       ne sont bientôt qu'illisible trace
sur une feuille blanchie par l'hiver


temps de silence
       temps de gestation
temps
       pour digérer toutes ces danses
des autres saisons

au mitan de l'hiver
                                 les mots hibernent
les mots rêvent
                                  en attente d'avril

 

                                                              Antar Octobre 2007

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October 5, 2007

Le rocher Percé (autre point de vue)

J'avais écrit ce texte, il y a longtemps... il est ressorti dans un atelier d'écriture ; je le republie ici:

leRocher
leRocher

 

Mon pays, n'est pas un pays...cé l 'hiver ! dit le poète...Ce soir, je ne suis pas ici ... mon âme habite ailleurs ! A l'intérieur, transie, gelée, une partie de moi
voyage au-delà du temps.

Une grosse Lune ronde se baigne en éclats cristallins sur la mer calme et gelée ... à peine souffle un murmure de vent du Nord qui vient glisser sur le rivage , effleurer la neige épaisse qui enveloppe tout, à perte de vue .

Le rocher se dresse comme une forteresse , comme un noir cargo, immobile, figé dans la glace étale.

Et les chaumières des alentours, toutes enmitoufflées dans les vallons blancs, ouvrent à peine un oeil et comme le chat endormi, le referme aussitôt, aperçu le froid qui rôde.

Les marées se sont tues, à Percé. Au beau milieu de la nuit, il fait clair
comme en plein jour : pleine Lune. Le temps s'est figé, le vent ne chante plus, les oiseaux se sont amarrés, attendant quelque signal...


Un seul homme sur la falaise, moi. Un seul bruit, le crissement de mes pas
sur le tapis blanc... et dans un froissement d'ailes, mon âme glisse et effleure les arêtes du paysage , qui s'invente au beau milieu de nulle part, dans une farandole de silences muets, au-delà de la peau du Rocher,
du derme de neige et des étoiles soupçonnées ,derrière un rideau de nuit noire.

Là-bas, dans le lointain ,l'horizon se perd dans la vastitude.

Sur la falaise, le regard caresse les arbres pétrifiés qui rêvent à ce lointain printemps...Janvier reste fidèle à lui-même et nie l'existence d'un possible février. Et le seul givre vient de la vapeur de mon respire qui se fige un moment et tombe sur mes pas comme une poussière d'étoiles...


Prise de vue dans les glaces gaspésienes, cinéma muet d'un songe acadien,
éclairages d' une nuit sans frimas ... la caméra de l'âme poursuit son inquisition sur les panoramas qui tanguent doucement, sur l'imaginaire densité de l'instant fragile , figé dans un moment d'hésitation comme un tango inachevé.


Quelques pas vers l'Est...quelques pas vers le couchant... l'attente se révèle dans la clarté nocturnale...


Personne ne vient...personne n'est attendu... Parfois la solitude est douce et
permet l'émerveillement... Comme un repas rabelaisien, le silence vient nourrir l' intérieur de l'être qui dans un mouvement de reflux se ré-invente une marée de vie.

L' imaginaire, enfant de la nuit , sculpte dans le Vaste, un pays inédit et se permet quelques secondes d'arrêt afin que le poète encore, puisse murmurer: ' ô temps, suspends ton vol ! '


L' horloge sur la grève ne compte plus les heures ... La montre analogique
a perdu sa batterie...

Les vigiles se sont endormis... L'immobilité de l' Etre respire à peine...


Le vent se repose sur le miroir des choses... et l' âme... et l' âme...dans un soupir, revit dans un moment incertain, vague mais sans brume... s'éclate dans la beauté reflétée sur cet océan qui déroule sa splendeur, habillé d'hiver et de froidure qui rêve et qui rêve d'un printemps à venir...osant aucune dépêche mais goûtant cette seconde d'éternité.


La nuit avance...lentement, à pas feutrés. Encore quelques pas sur le cristal blanc, au bord de la falaise encadrée à babord et à tribord de bancs de neiges géantisés...encore quelques pas, pendant que le regard se pose , se repose et se dépose sur le Rocher Percé endormi et figé dans l'hiver...

Encore quelques pas dans ce sanctuaire improvisé ... et sous l'insistance
du froid persistant, l'idée de rentrer à la chaumière et de se réchauffer le corps près du vieux poèle , se fraie un chemin tout doucement dans l'esprit qui rêve encore, qui s'invente un pays, qui danse avec les fées et qui murmure à peine une prière inédite, qui prend de l'aile et va se perdre dans le Vaste.


Encore quelques pas vers la chaumière... la porte s'ouvre... la chaleur crépite...le plancher de bois tiède... la chambrée attend... le sommeil invite...
la nuit décline... et l'âme retourne dans l'infinité d'une nuit sans rêve...calme et sereine... qui, à pas de loup, glisse vers le matin, vers une autre lumière, un autre lieu, un autre espace...


Et tout est bien... Et tout est bien...

 

Antar


30décembre2005 (06:50h)

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September 19, 2007

Poésie virtuelle (essai)

essai
essai

 

Mon vieux piano
chantait un peu faux
mais son âme avait des ailes
et sa musique dansait
sur l'écran de ma rêverie

Résonnance
ou dissonance
une note blanche
crie dans le noir

Flash
photo
négatif

Le siècle a permuté
Reflet de pop
Rock dur ou métallique
Hop Bebop
Révolution, révolution

Mon 33 tours est en wave
Mes 45 tours tournent en Mp3
Pour marquer le rythme
je compte en numérique

ma parole est virtuelle
mon piano est informatisé
Mon cerveau est défuntisé

Et la rivière suit son cours
Ma poésie ne rime plus
elle juxtapose les pixels

mes sonates sont déconcertées
mon clavier est lettré
mon coeur est illettré

L'avenir est dépassé
F10, F8 oupss... F15
Kesse que jean tend ?
un pixel en fa dièse ?
un piège ?

Cross fade in / high pass filter
trémolo allongé
comme un expresso pixelisé

musique ancienne
servie à la moderne
mais sans elle
...personne n'a des ailes

 

Antar 2007



Lorsque l'informatique s'installe, si elle est diagnostiquée, arrive très vite le temps des médicaments dont on peut affirmer qu'ils ralentissent très longtemps la maladie, à défaut de la guérir. NDLR

__________________________________________________________

Invitation: J'ai illustré ce poème sous forme de vidéo-montage avec

la musique appropriée...pour visualiser cette création,

vérifier dans ma section vidéos ou insérez ce lien dans

votre navigateur: http://www.ipernity.com/doc/13076/712540

 

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September 17, 2007

RIEN À DIRE

 

 

mots inutiles
mots inutiles

 

Je n'ai rien à dire
mais mais mais
Je le dis quand même

Les mots inutiles
Sont les plus beaux
ils sont gratuits
comme une danse
comme un baiser
comme une guignolée

Et voilà,
j'ai fini par tout dire
sans rien dire
dans un silence tapageur
comme une rame de métro
dans une bouteille
à la mer

 

Antar

 

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August 27, 2007

Les Fleuves de l'Oubli

Je viens de terminer ce roman passionnant et je me permets d'en citer les deux dernières phrases :

 

'' Tous les chants de l'histoire se perdront un jour dans les profondeurs du temps.


Et les rivières de la mémoire se jetteront dans les fleuves del'oubli. ''


Adrian McKinty, Le Fleuve caché, éd. Gallimard

 

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August 17, 2007

AUBE RÉ-INVENTÉE (poême)

A l'aube, entre sommeil et veille, des mots ont surgi et avant de les perdre dans l'oubli du sommeil,je les ai couché sur un bloc-note ...mais les mots sont devenus phrases, et les phrases sont devenue écriture poétique...Voilà le résultat !

aubex
aubex



La Nuit engendre une aube voilée
Une douce brume enveloppe
Les première lueurs d'un matin rempli de promesses

La Grande Marée s'est retirée

Le murmure d'un ressac apaisé
Inspire le chant des oiseaux aux abords du Vaste

Dans un repli d'un paysage incertain,
 Sur un tronc dénudé dressé en vigile
Le héron blanc observe

La brise glissant  sur la plage
Dans une mouvance presqu'irréelle

La Présence habite tout l'espace
Se fraie  un chemin dans les interstices
Des lueurs d'une  aube à peine engendrée

Le Temps se réinvente  un  moment de grâce
Dans ce pays inédit aux frontières qui baignent
Dans les eaux étales d'un océan appaisé

Venue d'un impossible horizon
Une douce cantate  invite l'âme qui émerge
A déployer ses ailes dans le vaste matin
Encore chaud de l'été qui s'achève

  Sans bruit  la Grâce redessine

Sa  Joie réinventée
 Lumière d'aquarelle comme  prière

Dans son antre immobile

L'homme au visage sans âge
Laisse le regard s'ennivrer de l'instant
Le coeur s'emplir de gratitude

Le temps d'une éternelle seconde
L'agitation du Monde s'est tue


Un immense et fragile papillon

Déploie  ses ailes  dans une éphémère envolée
Sème au rythme des marées
Ses poussières d'or et de couleurs
Sur la grisaille d'une nuit dissipée



Un autre jour s'est inspiré

 

Un autre jour s'est inventé


                                   Antar

 

Pour le plaisir de l'oeil, j'ai monté ce poème en vidéo avec musique:

                   

 

 


 

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August 9, 2007

EXPLORATIONS ANARCHIQUES (poeme)

suggestion: en lisant ce poème, écoutez cette musique...

Explorations anarchiques

 

anarch
anarch



Ce matin, mon ombre est en couleur


Mon coeur est gris



Déambulation dans la vieille ville


grisaille urbaine


enveloppée d'une brume inconvenante



Au rythme de mes pas lents


glisse mon ombre toute colorée


le long des pierres de la falaise



Mes yeux vert-bleu éclatants


ne perçoivent que les teintes insaturées



Paysage à la Jacques Brel


liquéfié dans un magma de plomb



Sur un tapis de cendres


mon ombre multicolore se pavane


déambule, toute émaillée


tel un anachorète à peine pubère



et dans l'air plombé de l'aube


toujours cette ombre bariolée, bigarée


qui danse comme aquarelle


arc-en-ciel à contre jour



Dans la courbure du temps


l'explorateur inexploré


s'infiltre dans l'instant


d'une faille temporelle


jaillie des eaux glauques


des marées inconcientes



se joue de l'optique chromatique


dans la mouvance ferragineuse


des lueurs argentiques


d'un matin d'août figé

 


aux abords d'une végétation minérale


toute en demie-teinte


éclaboussée d'une ombre enluminée



Soudain


Ma chatte grise saute sur le lit

 


mon regard enchanté s'ouvre


sur un matin bleu azur

 


l'aube s'éveille émerveillée


au dessus d'un grand jardin indigo



le rêve s'anime


le réel reprend ses couleurs


dans une lumière enchanteresse



une nuit se termine


s'évanouit

 


naît un autre jour


un autre espoir


une autre joie

 

 

 

Antar août 2007

 

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August 2nd, 2007

Secret de l'ombre...

Réflexions d'un mercredi:

Ce coté du mur à l'ombre...d'où jaillit la lumière...
Carl Jung a longtemps épilogué sur le thème...
Chacun de nous porte son ombre, mais ne veut pas le voir..

Intéressant de constater, que sans la lumière , l'ombre n'existe pas...
Et sans la lumière, est-ce que j'existe ?
...et si j'étais lumière... aurais-je une ombre ?

Une hypothèse: l'ombre serait l'absence de lumière...

Que de questions à l'ombre du grand tilleul !  Sans résoudre l'énigme,
je me suis amusé à créer ce photos-textes-montages, intitulé:
''Histoire d'ombre''...



La longue marche dans le désert sous le soleil toride, amène le pélerin
à chercher l'ombre.  Mais, plus souvent, dans le désert, c'est l'ombre
qui apelle le pélerin...

hum.....

Encore une autre affaire...

Antar

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July 28, 2007

Hommage à Vinicius de Moraes

 

vinicius
vinicius

Pour cela nous sommes faits:


Pour nous souvenir et être souvenus,


Pour pleurer et faire pleurer,


Pour enterrer nos morts -

Pour cette raison nous avons de longs bras

pour les adieux,


Des mains pour cueillir ce qui nous fût donné,


Des doigts pour creuser la terre.

Ainsi sera notre vie;


Un soir qui sera oublié,


Une étoile qui s'éteint dans les ténèbres,


Un chemin entre deux tombes -


Pour cela nous avons besoin de veil
ler,


Parler bas, marcher doucement, regarder


La nuit dormir en silence.

Il n'y a presque rien à dire:


Une chanson sur un berceau,


Un vers, peut-être, d'amour,


Une prière pour celui qui part -


Mais que cette instant ne soit pas oublié


Et que pour lui nos coeurs


S'abandonnent, graves et simples.

Car c'est pour cela que nous avons été faits:


Pour l'espoir dans le miracle,


Pour notre contribution à la poésie,


Pour voir le visage de la mort -


Et soudain, plus jamais d'attente...


Aujourd'hui la nuit est jeune; de la mort nous


Ne faisons que naître, immensément.



Vinicius de Moraes
(traduction E.)

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July 19, 2007

CHAOS

Texte poétique qui accompagne ce vidéo-montage (plus bas)

 

Au commencement était le chaos...

et le Verbe appela une Forme...

et une autre Forme...

et le Vent fit danser la Forme...

qui se courba...

et retourna au chaos...

Antar


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