L’abbaye Saint-Maurice et sa colonie de chauves souris, à Clohars Carnoët, Finistère sud.

Cet été, en balade avec ma sœur, nous avons visité cette abbaye cistercienne restaurée par le Conservatoire du Littoral, sur les bords de la Laïta

A côté des ruines de l'abbatiale, il reste aujourd'hui la salle capitulaire du XIIIème siècle, l'armarium ou chartier qui lui est accolé (il servait au dépôt des chartes et documents), l'Orangerie, les superbes bâtiments de ferme et l'ancien logement de l'abbé.

Le parc est peuplé d’arbres aussi magnifiques qu’anciens, nous y avons vu un magnolia plus que centenaire !

Dans le logis de l'Abbé, sur 250 m2, une exposition retrace l'histoire de l’abbaye. Des chauves-souris (grands rhinolophes) occupent le grenier. Sans les déranger, vous les observez en direct d'avril à septembre au travers d'une caméra infrarouge. C’est fascinant !

D’où vient le nom CHAUVE SOURIS ?

Tout d’abord, il faut savoir que le nom savant de ces petites bêtes est CHIROPTERE, condensé francisé de deux mots grecs : "kheir" qui signifie "main" et "pteron" qui signifie "aile".

Nos souricettes sont donc des mammifères « qui volent avec leurs mains ».

Ainsi, les petits habitants de l’abbaye Saint-Maurice sont des Rhinolophes, du sous-ordre des Microchiroptères.

Revenons-en à nos petites souris volantes, lointaines cousines de notre amie jeune mariée Speedy Jo.

Leur nom est fort mal choisi, d’autant plus qu’elles ont le crâne velu ! (si, si, Coprah, et les nougats poussent dans les champs de Montélimar !)

En fait elles auraient dû s’appeler des « chouettes souris » (tout comme Jo), en référence à leur manie de sortir la nuit. En Francique, cela donnait

« kawa sorix »,

vocable qui s’est malencontreusement transformé en

"calvas sorices"

au VIIIème siècle.

Nos petites amies font partie des animaux protégés et sortent de siècles de persécution. Il y eut d'abord l'ignorance humaine qui la fit passer pour un monstre qu'il fallait détruire, alors qu'elle est en Europe totalement inoffensive (sauf ponctuellement en cas d'épidémie de rage).

Les populations de chiroptères sont à présent confrontées à deux pénuries : celle de nourriture saine et celle du logement.

La chauve souris se nourrit essentiellement d’insectes, pouvant avaler en une nuit jusqu'à un tiers de son propre poids en insectes divers : soit pour une noctule commune, par exemple, 10 g ou 1000 insectes par nuit. Elle est donc fort utile !

Malheureusement, les pesticides contribuent à la raréfaction de leur nourriture quand ils n’empoisonnent pas nos chouettes souris…

Leur habitat, constitué autrefois de charpentes en bois, est également modifié par l’homme qui rend les charpentes toxiques en les traitant, ou encore abat les granges servant de logements aux chauves souris.

Résultat : nos petites chauves souris n’ont plus grand-chose à becqueter et se retrouvent souvent SDF.

Ne parlons pas des croyances populaires aussi injustes qu’incohérentes. Par exemple, la chauve souris trouve son chemin en émettant et recevant des ultrasons, elles ne risquent donc pas de s’entortiller dans vos cheveux !

Quant aux craintes d’être envahi par une colonie de chiroptères, elles sont infondées tout simplement parce que madame chouette souris ne produit qu’un rejeton, deux au maximum, chaque année.

La naissance du chouette souriceau nous a été décrite à Saint-Maurice par un agent du Conservatoire du Littoral, passionnant et passionné.

Il nous a fait visionner une cassette de mise-bas, où l’on voit que le souriceau s’accroche à sa mère dès la naissance (celle-ci accouche la tête en bas). Il est très rare que les souriceaux tombent, en général ils restent accrochés à leur mère pendant les huit premières semaines de leur vie.

Je dois ajouter qu’il est très difficile de filmer un tel événement : en dix ans, notre hôte n’avait réussi qu’une prise de vue satisfaisante.

Pour finir, quelques photos prises par ma sœur et moi :


Sites :

Souternet : http://speleoclpa.free.fr/chauve_souris/indexchs.htm#vie

Nature Aveyron, protection chauves souris : http://nature-aveyron.chez-alice.fr/chiro/protectionchiro.htm

Wikipédia, chiroptera : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiroptera