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Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant : 3 étudiants d’Ile-de-France récompensés

Les trois lauréats du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant ont reçu leur prix lors d’une cérémonie à la Sorbonne le 19 juin. Ce concours, ouvert aux étudiants de toute la France, récompense chaque année depuis 5 ans des photoreportages de grande qualité, constitués de dix photos légendées, "racontant un fait d’actualité, qui place l’humain au cœur du photoreportage".
Cette année les lauréats sont tous les trois étudiants dans un établissement d’Île-de-France.

Les lauréats

  • Trophée du Grand Prix :
LES MIGRANTS DE CALAIS - DESTINATION ANGLETERRE
Julien Pebrel

Etudiant en génie mécanique à l’ENS Cachan

Reportage publié dans Paris Match, édition du 19 juin 2008.

Plusieurs centaines de migrants qui rêvent d’atteindre l’Angleterre vivent actuellement à Calais. Depuis la fermeture du centre de Sangatte, ils dorment dans la rue ou dans la forêt (qu’ils appellent "jungle"), dans l’attente d’un hypothétique passage vers l’eldorado anglais. Afghans, Kurdes, Irakiens, Palestiniens, Soudanais, Somaliens, Sierra-Léonais… Julien est allé régulièrement à leur rencontre pendant un an à partir de février 2007, et les a photographiés avec pudeur.
« Je suis parti sans a priori. Je préfère voir ce qui se passe sur place. Le discours que tiennent les médias sur Calais est parfois un peu simpliste. J’y suis allé, j’ai fait mes photos, j’ai discuté avec les gens pour savoir pourquoi ils sont là. À Calais, il y a des gens de tous les niveaux scolaires. Certains partent parce que c’est la guerre dans leur pays, d’autres parce que qu’ils en ont marre d’être dans un pays où ils ne peuvent pas gagner leur vie, ou encore parce qu’ils ont peur des vendettas… »

Photographe engagé, intéressé par les thèmes liés à l’exclusion et à l’immigration, Julien a trouvé dans le photoreportage le moyen d’expression idéal.

« Il y a de plus en plus de concours, de Prix, de bourses qui sont organisés. J’ai l’impression qu’il y a de moins en moins de commandes des journaux et que gagner un Prix ou une bourse permet d’avoir un financement pour un prochain reportage. Ce qui me rend heureux aujourd’hui c’est que, grâce à ce Prix, je pense que je vais pouvoir réaliser les sujets que j’avais envie de réaliser. »

Photos : © Julien Pebrel

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Site Web de Juilen Pebrel >>

  • Prix Nature et Environnement :
LA CÔTE PÉRUVIENNE, UN PÉROU AUX MULTIPLES FACETTES
Anaïs Marshall

Doctorat de Géographie à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1)

Après avoir vécu deux ans dans le fameux pays des Incas pour mener à bien ses recherches – elle prépare une thèse sur « les dynamiques foncières sur la côte péruvienne », Anaïs avait toutes les cartes en main pour nous faire découvrir un autre Pérou, différent de l’imagerie populaire ancrée dans nos têtes de Français. Le Machu Picchu, les lamas, le lac Titicaca, les Cités d’or… Des images de rêves qui n’apparaissent pas dans le photoreportage de l’étudiante en géographie.

«J’avais un bureau à Lima et je me déplaçais dans le pays pour faire mon travail sur le terrain (entretiens, observations…) le long de la côte péruvienne, une côte désertique entrecoupée d’oasis. Depuis les années 90 il y a eu une libéralisation des terres. Le gouvernement a vendu des terres à des investisseurs étrangers, qui transforment le désert en champs, pour l’exportation de légumes. J’étudie les conflits qui tournent autour de l’eau entre les petits agriculteurs et ces grandes entreprises agricoles. »

Sur le littoral péruvien, elle a photographié les paysans, pêcheurs et habitants qu’elle a rencontrés, mais aussi les dunes, les champs des grands propriétaires terriens, les villages, Lima…

Parallèlement à la rédaction de sa thèse, Anaïs enseigne (en tant qu’ATER, attaché temporaire d'enseignement et de recherche ) à l’Université Paris 1 en Licence 1 et 3. «J’aimerais continuer dans la recherche, sur le terrain. Et continuer aussi à lier la recherche et la photo».

 

Photos : © Anaïs Marshall

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  • Prix du public :


ENFANTS ET BIDONVILLES. PORTRAITS. PARIS 2007
Juan Pablo Gutierrez

Licence Arts plastiques orientée Photo, à l’Université Paris 8 Saint-Denis

Le photoreportage de Juan Pablo semble avoir été réalisé dans un pays lointain, un pays rongé par la pauvreté. C’est pourtant autour de Paris qu’il a pris ces clichés. «

J’avais vu un reportage sur les bidonvilles de la périphérie parisienne. Pour moi qui vient de Colombie, c’était incroyable qu’à Paris, dans un pays riche, il y ait des bidonvilles. J’ai eu la curiosité d’aller le constater. Je suis allé dans plusieurs bidonvilles. J’étais parfois mal accueilli, les gens avaient peur d’avoir affaire à un envoyé de la police ou à un journaliste. Quand ça se passait bien, je parlais avec eux , j’essayais de gagner leur confiance. Je revenais plusieurs fois, je mangeais avec eux le dimanche. Après 2 ou 3 mois, j’ai commencé à leur parler de mon projet photo. J’ai photographié plusieurs bidonvilles, les photos envoyées au concours de Paris Match ont été prises dans un bidonville de la Porte d’Ivry. 150 Roumains y vivent. C’est celui où j’ai été le mieux accueilli.»

Passionné par la photo documentaire, Juan Pablo prépare depuis un an et demi un projet personnel intitulé « Approche de la misère », pour lequel il a fait des photos sur les enfants des bidonvilles en région parisienne, mais aussi sur les SDF, les indigents… Photos qui lui ont déjà valu plusieurs prix.

« Mon ambition, c’est de devenir un photographe professionnel, mais je ne sais pas encore comment faire la transition entre le statut d’étudiant qui gagne des prix à des concours et celui de photoreporter professionnel.»

Photos : © Juan Pablo Gutierrez



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Á votre tour, peut-être…

Les trois lauréats ont été sélectionnés parmi les

5 300 photoreportages reçus

lors de cette cinquième édition. Ils ont été récompensés par un prix décerné le 19 juin 2008, en présence notamment d’Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match et de Vincent Perez, parrain de la 5e édition du Grand Prix.

Chacun des lauréats a reçu une aide financière (5 000 € pour le trophée du Grand Prix, 2 000 € pour le Prix Nature et Environnement et 1 000 € pour le Prix du Public), qui leur permettra de réaliser un prochain reportage ou d’acheter un appareil photo.

L’appel à projets pour la prochaine édition du Grand Prix sera lancé en octobre 2008.

Si vous réalisez des photos documentaires, n’hésitez pas à commencer à préparer votre photoreportage, le concours est ouvert à tous les étudiants !


DF

Interviews Anaïs Marshall et Juan Pablo Gutierrez : Etudiantdeparis.fr
Interview Julien Pebrel :
Télésorbonne