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November 14, 2009

Un lien pour vous sortir par temps gris

Essayez ce lien si vous aimez la nature :

http://w3.upm-kymmene.com/upm/forestlife/index.html

C'est une réalisation d'un grand fabriquant de papier. C'est fait pour améliorer l'image de marque de la société mais c'est vraiment trés bien fait. Un lien que je vous conseille.

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November 1st, 2009

Sortie de repérage

Le réveil sonne à cinq heures vingt sept ce matin. Je n’ai pas vraiment dormi de la nuit. La peur de ne pas me réveiller pour ce rendez-vous matinal. Odile, ma femme m’a demandé de la réveiller. Elle est de la sortie. Elle est debout avant que j’intervienne. Elle aussi, elle n’a pas vraiment dormi. Comme des somnambules nous nous préparons, un petit déjeuner rapide, une thermos de café dans le sac, la veste sur le dos, l’écharpe autour du cou. Je prends le temps de vérifier mon matériel photo. Les batteries sont chargées, les cartes mémoires sont présentes. Je retire le 50-500mm du sac, je ne m’en sers plus depuis plusieurs mois, il faut que je pense à m’en débarrasser. Je glisse le doubleur à sa place, on ne sait jamais, si le soleil voulait être de la partie.

En route direction Vitry-le-François. Il est déjà tard pour le rendez-vous. Les voitures devant nous nous paraissent lentes. La quatre voies permet de les dépasser sans difficulté ni vitesse excessive. J’ai prévu d’être au lac du Der pour le lever des grues. Nous n’y serons certainement pas. Elles se lèvent dès que le soleil se montre. Les lueurs du jour sont déjà présentes. En ce milieu d’automne avec les brumes matinales et les arbres chatoyants le voyage est très agréable. Je m’arrête près d’Arzillières pour prendre mon appareil dans l’habitacle de la voiture. On ne sait jamais. Le village est dans la brume.

Il est trop tard pour le lever des grues, je décide de me diriger vers St Rémy en Bouzemont. La ferme des grues n’est pas loin. Si nous n’assistons pas au lever, nous assisterons à leur atterrissage pour le gagnage.

Trois photographes sont déjà installés. Ils parlent allemand. J'ai bien quelques notions mais rien qui me permettent d'engager une conversation. De toute façon, seules les grues qui arrivent pour se poser dans les champs proches les intéressent. Moi aussi, ça tombe bien. Nous assistons à la fin du lever du soleil. L'arrivée permanente des grues sur le terrain et le passage de grands V au dessus de nous me rassurent. Elles sont là et bien là... J'espère que samedi et dimanche prochain la météo prévue changera pour des journées aussi magnifiques que celle d'aujourd'hui. Il y a de quoi voir si le brouillard ne s'en mêle pas. En effet, la semaine prochaine j’y retournerais. Je me suis levé ce matin pour préparer la visite du lac d'amis photographes.

Après la ferme aux grues, il serait bien de visiter les alentours avec un petit circuit pour revenir vers le lac. Les églises à pans de bois sont typiques de cet endroit. En chemin nous apercevons quelques vanneaux huppés, des hérons garde-bœuf et autres volatiles.
Revenus au Der, j’essaie plusieurs emplacements. Le lac est bien vide, les oiseaux sont éloignés ici, là, il n’y a pas grand-chose à voir. Je retourne au site de Chantecoq. Le parking est presque rempli. Il y a du monde. La LPO organise des sorties avec prets d’équipement. C’est une formule qui plait beaucoup. Des ornithologues amateurs passent avec la longue vue sur l’épaule. Des familles promènent leurs enfants et le chien. Sur le lac, il reste de beaux trous d’eau. Les poissons y sont nombreux ce qui attirent les oiseaux. Il est possible de les observer sans difficulté. Plus loin, les cormorans organisent une « battue ». Ils pêchent en groupe, les poissons n’ont qu’à bien se tenir. Cet endroit, malgré la foule présente est parfait. L'ambiance est bon-enfant, le sourire aux lèvres des spectateurs est magnifique à voir.
Il existe deux étangs pas trop loin. Nous nous y rendons. Le temps de prendre en photo une mésange bleue et nous sommes dépassé par des ornithologues très bruyants. « On passe maintenant, vos oiseaux reviendront bientôt » me crie la personne qui porte la longue-vue. J’acquiesce avec un sourire mais n’en pense pas moins. Je le retrouve dans l’observatoire. Il explique à son entourage, avec une voix qui porte, la différence entre le canard au bec élargi de celui qui porte un col vert.
Après un bon repas, je décide d'emmener Odile à l'étang de La Horre. L'étang est visible depuis la route. Deux photographes sont déjà installés sur la route. Les grues passent en cercle au dessus de nous. Il existe un petit chemin de pêcheur sur la droite de l'étang. Nous l'empruntons. Nous rencontrons des grèbes, des poules d'eau, des cygnes. Au loin des oies et divers canard profitent des rayons du soleil. Des cormorans font un boucan en essayant de s'envoler, leurs ailes tapent l'eau bruyamment. Des aigrettes se détachent sur les roselières. Des plateaux de bois permettent de s'approcher de l'eau. Ce lieu est idéal pour une promenade par beau temps.
Un petit tour sur les départementales pour repérer grues et chevreuils. Les chevreuils sont là mais les grues ne vont pas jusque ici cette année. D'ici une semaine on ne sait jamais. Odile note cette départementale sur son calepin.
Un retour vers le lac pour le retour des grues. Nous laissons la première route sur digue pour celle située la plus au nord. Il me semble que c'est là qu'elles passent les plus nombreuses. Un peti vol nous survole puis plus rien. Sommes nous arrivés trop tard ? Tans pis, nous reprenons le chemin de la voiture. La journée a été longue et nous sommes fatigués. Gru-gru gru-gru gruuuu gru. Une troupe d'une centaine de grues passe au dessus de nous. C'est magnifique. Je parie qu'elles passeront devant la lune qui devient pleine mais la chance n'est pas avec moi. Nous en rions, reprenons la voiture et rentrons.
J'ai pris plaisir à préparer la sortie de ce prochain dimanche. Je reviens avec deux cartes mémoires pleines et un circuit pret à être réeffectué. Vivement le week-end prochain.
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September 19, 2009

Les souches du lac du Der

Après l'été, le lac se vide doucement, laissant derrière lui les traces de sa création. Les souches tronçonnées aparraissent à l'endroit ou les arbres ont été coupés. Celà fait partie du paysage du lac.

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August 16, 2009

Des cadres réutilisables dans PSP (3eme et dernière partie)

Dernier article sur la fabrication de cadres utilisables dans Paint Shop Pro. Les deux premiers vous ont montré les techniques de base que j'utilise. Ce dernier article traite de la transparence apportée en bordure de photo par certains cadres.

Je commence par créer une nouvelle image. Ici je choisis 1200x800 pour disposer d'un rapport 6x4.

J'ajoute une bordure de couleur brune de 80 pixels de large.

Je transforme le calque d'arrière plan

Avec la baguette magique de sélection, je sélectonne la zone noire et je la supprime avec la touche [Suppr]. Jusque là rien de trés nouveau. Nous avons créé un cadre déjà exploitatble si on le sauvegardais à ce niveau là.

Nous allons ajouter une zone de cadre semi transparente à l'intérieur du cadre. Cette zone couvrira la photo sur sa bordure. Pour celà il faut ajouter un calque de type Raster. Calque / Nouveau calque / raster. Je choisis pour ce calque une opacité de 80. Une autre valeur peut être choisie. C'est cette valeur qui déterminera la transparence sur l'image.

Contractez ensuite la sélection de 40 pixels. Puis inverser la sélection.

Remplissez cette sélection avec le pot de peinture avec la couleur de votre choix. Celle-ci peut être la même que la précédente.

Inverser ensuite l'ordre des calques par le menu Calque/Agencer/Placer en bas de la pile.

Il reste a fusionner les calques visibles.

Et à tester ce nouveau cadre après l'avoir enregistré.

Vous pouvez vous amuser à ajouter des objets en bordure de cadre. Essayez le tube à image pour ajouter des papillons par exemple.

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August 15, 2009

Des cadres réutilisables dans PSP (2eme partie)

Je vais aborder dans cet article la technique permettant d'apporter des ombres aux cadres créés dans PaintShopPro et destiné à être réutilisé (menu Image/Cadre).

La technique de départ est la même que celle de ma première partie. Définir une nouvelle image dont les dimensions sont d'un rapport identique à la taille de vos photos. Dans cet atelier, je vais créer un cadre pour mes photos dont le rapport est de 16 de large pour 9 de haut (16/9e). A vous d'adapter à vos dimensions.

La taille de la nouvelle image créée dans PSP sera de 1600x900. Cette taille importante permet d'avoir des bordures de bonne dimension permettant d'insérer un texte ou une signature sans difficulté. PSP redimensionnera de toute façon celui-ci à la taille réelle de votre photo. Le fond de la nouvelle image sera choisi noir.

J'ajoute à cette image noire une bordure blanche de 60 pixels. Cette bordure servira à dessiner l'ombre portée du cadre.

Avec l'outil de sélection "baguette magique" je sélectionne la zone noire initiale de l'image. Je vais lui donner un effet 3D ombre portée.

Les valeurs choisies : décalage vertical :15; décalage horizontal : 15; opacité : 60; flou : 90. La couleur de l'ombre noire. Après avoir validé, vous constaterez que le calque sera passé de calque d'arrière plan à calque raster. C'est une opération qu'il n'y aura donc pas à réaliser.

Pluto qu'un gros cadre j'ai décidé que ma photo disposera d'un léger liseré noir. Pour le réaliser, je contracte ma sélection d'un pixel. Sélection / Modifier / Contracter.

Je vérifie que la valeur est bien de 1 pixel(*) et je valide.

Avec la touche [Suppr] je donne la transparence à l'intérieur du cadre.

Après enregistrement du cadre au format pspframe dans le répertoire de vos cadres. Vous pouvez utiliser cette nouvelle bordure sans modération pour vos photos.

Le prochain article traitera des effets de transparence en bordure des photos.

(*) Si vous souhaitez une valeur plus grande de liseré je vous conseille d'ajouter la valeur de cette bordure à la taille de l'image. Pour une bordure de 10 pixels il faut ajouter 20 pixels. Dans mon exemple, la taille de l'image aurait eu 1620x920pixel. Celà permet de garder des proportions correctes pour le cadre. Pour un ou deux pixel, la différence ne sera pas visible. Si vous souhaitez une ombre à un cadre travaillé comme en première partie, il suffit d'ajouter une dernière bordure blanche de 60, de la sélectionner avec la baguette magique, d'inverser la sélection et d'apporter l'ombre au cadre.

Published at 08:26 ( 2 comments / 187 visits )
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August 6, 2009

Des cadres réutilisables dans PSP (1ere partie)

Je continue mon travail de recherche sur les cadres dans PaintShop Pro.

Dans PSP, il est possible d'ajouter un cadre à une photo en passant par le menu "image" puis le choix "cadre". Le choix des cadres proposé par PSP est limité. Il est possible de télécharger quelques "Frames" supplémentaires depuis le site de Corel mais ce n'est pas l'objet de cet article.

L'exercice que je propose ici est trés simple : fabriquer un nouveau cadre réutilisable par le menu "Image/Cadre".

Mon objectif est d'obtenir un cadre spécifique pour le format 16/9e que j'utilise fréquemment. En effet, les cadres de PSP s'étirent et se déforment automatiquement. Un cadre carré étiré sur une image en 16/9e n'est pas des plus joli. A vous d'adapter cet article à vos besoins.

Voici les objectifs : Avoir un cadre au format 16/9e réutilisable. Celui-ci disposera d'un filet brun et comportera ma signature. On pourra compliquer plus tard.

Tout d'abord if faut créer une nouvelle image. Les dimensions respecterons le format choisi. J'entre une largeur de 1600 et une hauteur de 900. La couleur n'a aucune espèce d'importance. Ce format représente en fait la découpe dans laquelle s'insèrera la photo


Je sélectionne toute l'image ("Sélection"/"sélectionner tout" ou plus simplement [Ctrl]+[A]).


Je vais ajouter plusieurs bordures à l'image. Tout d'abord une pordure grise d'un pixel.


Je continue de la même manière avec une bordure blanche de 1 pixel puis une bordure noire de 50, une autre dorée de 3 pixel et enfin une bande noire de 60 pixels. A vous de choisir vos valeurs et vos couleurs. Le résultat des ajouts successifs de bordures est visible ci-dessous. Le travail est presque terminé. Il reste à promouvoir l'arrière-plan en calque de type Raster. Rien de plus simple : choisir le menu "Calque" puis "Transformer le calque d'arrière-plan".


Il faut évider la partie centrale. La touche [Suppr] est magique pour celà.


Sauvegardez votre fichier dans un répertoire de travail au format PSPIMAGE. Ce fichier pourra être réutilisé par exemple en effectuant une rotation à 90° vous pourrez disposer de la version verticale du cadre. Si vous ne souhaitez pas apposer de signature allez directement à la section consacrée à l'enregistrement du modèle de cadre.

Pour apporter une touche personnelle, j'appose ma signature. J'utilise l'outil "Texte". Je prends soin de positionner l'alignement du texte à droite. Je choisis la fonte de caractère que je souhaite utiliser. je clique sur l'image au point ou se terminera mon texte (j'ai aligné le texte à droite pour cette raison). J'entre mon texte.
La création du texte a été effectuée en mode "sélection". Il faut peindre le texte avant de quitter la sélection. J'utilise l'outil "Aérographe", choisis une première couleur dans les mauves clairs puis passe une première couche. La taille de l'outil est un peu supérieure au texte. Je choisi une couleur plus foncée et passe par endroit quelques touches.

ENREGISTREMENT DU MODELE DE CADRE
Il ne reste plus qu'à enregistrer le nouveau cadre modèle. Avant de le faire, je retire toute sélection de l'image. L'enregistrement doit être effectuée dans un répertoire particulier, il s'agit de celui qui se trouve dans votre dossier "Document" sous répertoire "My PSP Files". Il s'appelle "Cadres photo". Il faut enregistrer le fichier au format PSPFRAMES. Donnez un préfixe commun au nom de vos fichier celà permettra de les retrouver de façon regroupée.

Il ne reste plus qu'à l'utiliser. Après avoir chargé une photo, utiliser le menu "Image" "Cadre" puis de retrouver votre modèle dans le choix proposé.

Le résultat final

Il ne reste plus qu'à fabriquer l'ensemble des cadres répondant aux formats utilisés 4/6 vertical et horizontal, 16/9e horizontal et vertical et le format carré. Je vous laisse faire...

Le prochain article traitera sur la base de ce premier article à la réalisation de cadres ombrés et des cadre (semi)transparents.

Published at 19:06 ( 4 comments / 215 visits )
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August 2nd, 2009

Des cadres originaux avec PSP

Au préalable de cet article, je tiens à signaler que je ne suis qu'un amateur, les techniques que j'expose ici ne sont certainement pas les plus efficaces ni les mieux adaptées.

Je cherchais à remplacer le cadre des photos que je publie sur ipernity. Après avoir écumé internet, je n'ai rien trouvé d'acceptable à moins d'y mettre le prix. Il fallait les réaliser moi-même Je n'utilise pas "ToShop" dont je ne saisi pas l'ergonomie trop habitué peut-être à PaintShopPro (PSP) que j'utilise depuis plusieurs années.

Voir trouverez dans mon album 3D le résultat attendu de cet "atelier". Le sujet principal doit sortir du cadre pour donner une impression de relief. Il ne s'agit pas de collage mais de dessiner un cadre à l'intérieur d'une photo. Ce cadre peut être trés rectangulaire ou carré pour rester "à plat" sur l'écran ou trapézoïdal pour ajouter une ligne de fuite à l'image.

Au départ, il faut choisir une image adaptée.
- Le sujet principal va sortir un peu du cadre. Il ne doit pas être transparent (éviter les ailes de libellules).
- Il faudra réaliser une découpe autour des zones qui sortiront du cadre. Ces zones ne doit pas être floues ou trop complexe à travailler (éviter les cheveux).
- Les ombres sur le sujet doivent être assez régulières.

J'ai choisi pour cet exercice l'image d'une petite punaise juchée sur une feuille. Cette image est ouverte dans PSP.

Avec l'outil de sélection "Lasso" type de sélection "Point à point" je trace le dessin du cadre que je souhaite dessiner sur l'image.

Je continue ensuite avec l'outil "Lasso" avec le type de sélection "lasso" pour sélectionner les zones hors du trapèze tracé précédemment qui devront rester visible sur l'image finale.

A partir du menu "Calque" je crée un "Nouveau calque". Celui-ci doit "afficher la sélection".

Le résultat doit cacher les parties de l'image non utiles à la suite du travail. Il faut maintenant dessiner un cadre. Pour celà, je rajoute un calque de type "Raster". Les paramètres proposés par défaut sont conservés.

Ce calque raster bénéficie de la découpe fabriquée avec l'outil de sélection "Lasso". Je rempli cette découpe grace à l'outil "pot de peinture" avec la couleur de mon choix. Il est préférable d'éviter le blanc pur.

Avec l'outil de sélection je rogne les bords du cadre pour retrouver son aspect parrallèlipédique.

Avec le "Lasso" en type de sélection "Point à point" je sélectionne l'intérieur du cadre qui doit être supprimé. Ce qui sera fait avec la touche [Suppr].

Je termine le travail avc la "Gomme" pour effacer les bords du cadre qui cache la continuité de l'image.

Le travail est quasiment terminé, il reste à sauvegarder éventuellement le travail au format pspimage pour pouvoir le retoucher ultérieurement.

Avant d'enregistrer en mode JPG, il est préférable de fusionner les masques. Cette action pemet de vérifier le travail final.

Il sera ainsi possible de rogner l'image avant l'enregistrement ou changer la couleur du cadre.



Le résultat final se trouve ici : http://www.ipernity.com/doc/alain.gobert/5579571

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July 11, 2009

Visite du parc animalier de Sainte-Croix

Fixée dans ma cervelle depuis le festival de photos de nature de Montier-en-Der 2008, une idée me trotte : visiter le parc animalier de Ste Croix. Un stand du festival présentait en effet ce parc et les activités dédiés aux photographes comme les affuts ou les thématiques comme le brame du cerf.

Le parc se situe en région Lorraine, à la limite de l'Alsace. De mon domicile, c'est près de 3 heures de route. C'est aussi loin que le Marquenterre mais c'est décidé, l'envie est trop forte. Nous mangerons sur place. Il faut partir avant neuf heures pour y être avant midi. Nous y passerons, ma femme et moi, la journée.

J'avais un a priori sur ce parc. Je le visiterais comme un simple visiteur, sans opter pour une des thématiques photographiques proposées. Une réservation aurait été nécessaire.

Après un bon morceau d'autoroute me voilà en pleine nature sur une route départementale. Les cultures sont différentes de celles de ma Champagne, la couleur des terres est plus sombre. Le soleil fait briller les pailles à moitié enterrées dans ce sol brun fraichement retourné. Mon GPS hésite, un tronçon de route a été amélioré. Après ce bout de macadam frais les premiers panneaux "Parc animalier de Ste-Croix" se montrent indiquant mieux que mon GPS la route de Rhodes et du parc.

C'est un pays d'étang et de bois. Un coin superbe pour les photographes naturalistes. A en croire les quelques restaurants et les locations de bateau présents sur place, c'est aussi un endroit de loisirs et de pêche. Le parc est tout proche. A l'entrée, sur le parking, quelques cars sont déjà stationnés.

A l’entrée, je découvre qu'il est possible de louer un petit charriot pour tirer les enfants fatigués ou les sacs à dos. Des jumelles sont également proposées à la location. Tout mon équipement restera dans mon dos. Odile, ma femme, porte les jumelles que nous avons apportées.

L'orientation éducative du parc saute rapidement aux yeux et aux oreilles. Les cars du parking étaient bondés de gamins qui, lachés, se chahutent et courent partout. Heureusement les accompagnateurs font leur travail et rappellent les règles aux enfants. Quelques attractions sont également réalisées dans un but éducatif. La maison Logigrouille en est une. Le parcours aux pieds nus en est une autre. Le long des sentiers beaucoup d'information avec des panneaux qui portent une question sur l'animal en enclos. La réponse est au recto. Vraiment, ce parc est très ludique. Il est très bien fait pour recevoir les enfants et les adultes. Pour les personnes handicapées, le parc ne me semble pas poser de gros problèmes d'accessibilité.

Les animaux ont de l'espace et semblent bien supporter leur condition. Un couple de Lynx a eu des petits cette année. C'est exceptionnel en captivité. Seules les cages des rapaces nocturnes me semblent trop étroites, mais c'était déjà ainsi dans les parcs que j'ai visité notamment le Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes.

Avec pas loin d'une soixantaine d'animaux différent parfois en totale liberté ou en semi-liberté il n'y a pas de quoi ennuyer mon objectif. Comme les animaux ont de l'espace, je prends mes photos avec le 70-200mm de Sony équipé d'un doubleur que je peux enlever au besoin. Pas de difficulté réelle dans ce genre de photo. Les animaux sont acclimatés à l'homme et même s'ils ne s'approchent pas forcément de très près, ils gardent une posture naturelle difficile à obtenir sans un bon affut et une très longue focale lumineuse dans les milieux naturels. Je me régale moi qui n'ai ni la patience ni vraiment le temps de faire de l'affut.

Je m'affronte rapidement au problème des grillages. Il y en a. En fait, après quelques essais, cela ne pose pas de véritable problème avec ma focale tant que la lumière ne reflète pas dans ceux-ci. Ils restent invisibles sur la photo. Il y a de toute façon quelques "miradors" et quelques panneaux de bois percés qui me permettent une vision directe sans grillage. Les meurtrières du Lynx sont toutefois trop étroites pour mon objectif.

En cette saison, les autres visiteurs ne sont pas trop nombreux. Les cris d'enfants d'éloignent déjà. Je n'ai pas trop de difficulté à m'approcher ou me positionner au meilleur endroit des enclos sauf pour le Lynx et son petit ou la foule s'est massée, c'est rageant.

La journée passe et la lumière est plus basse. Après un inévitable passage par la boutique qui donne sur la sortie je reprends la route pour trois heures après un petit sommeil flash qui me permet une bonne récupération. J'en ai plein les jambes mais aussi et surtout plein les yeux.

Pour les activités dédiées aux photographes que propose ce parc, je n'ai pas eu le temps de me renseigner vraiment. Je m'étais inscrit il y a plusieurs mois pour un affut mais la date qui m'avait été proposée ne convenait pas à mon activité professionnelle. C'est donc partie remise pour, peut être, un futur blog.

L’adresse du parc :
Parc animalier de Ste Croix
57810 RHODES

Son site internet :
http://www.parcsaintecroix.com

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July 6, 2009

Mon coup de coeur du moment

A vous d'apprécier l'espace de Dominique. Pas encore énormément de photos mais que c'est beau.

Le lien : http://www.ipernity.com/home/plume974

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January 5, 2009

Festival de Montier-en-Der - 13ème Concours de Photos Nature 2009

Le Festival international de la Photo Animalière et de Nature se déroulera du 19 au 22 novembre 2009 à Montier-en-Der.

Le Concours International de Photos Nature 2009 :

8 thèmes : Les mammifères sauvages / Les oiseaux sauvages / Une vie d’insecte et d’araignée / Histoires de plantes / Paysages du monde / Graphisme, formes et matière / Autres animaux sauvages / le thème de l’année : la nature en souffrance.

Le concours jeunes de Photos Nature 2009 :

6 thèmes : Animaux sauvages : Oiseaux et mammifères / Autres animaux sauvages : Amphibiens, Insectes, Crustacés, Poissons / Paysages / Monde végétal / Thème de l’année : la nature en souffrance

La date de clôture des concours est passée vous ne pouvez plus déposer de dossier.

Site internet

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June 30, 2008

Les papillons ont-ils disparus ?

Jeudi dernier, un nouveau message est déposé dans mon guestbook. Une question plus qu’un message : « les papillons sont ils moins nombreux cette année que l’an passé ? ». Je ne m’étais pas inquiété de la situation ayant pris quelques beaux clichés de ces lépidoptères cette année. Je renvoi un mail rassurant mais la question me tracasse, m’interroge. Ne serais-je pas trop positif ? Ais-je vu autant de papillons cette année que l’an passé ?

Une petite enquête est nécessaire. Je décide d’aller sur place. J’interrogerais les animaux.


Une panorpe habillée de jaune et noir m’accueille à l’entrée du chemin.


- « Bienvenue » dit-elle, « votre enquête est importante pour notre colonie. Nous débarrassons la nature des insectes morts ou mourants, s’il n’y a plus de papillon, nous allons manquer de nourriture. Vous trouverez tout près d’ici quelques ombellifères. Ces fleurs offrent la nourriture en abondance aux amateurs de nectar. »


J’ai beau chercher au cœur des premières fleurs, pas un insecte. J’aime la couleur tendre des bouquets de ces ombelles. Je ne sais pas les reconnaitre. Je confonds la carotte sauvage du podagraire, la ciguë de la berce et tout est à l’avenant. Peu importe, il faut que j’aille plus loin. Il y a de la vie sur celle-ci. Mon insecte préféré, la mouche bleue, ne me regarde même pas, elle me tourne le dos, ne souhaitant pas répondre à mes questions. Une argide au corps orangé voudrait bien me parler mais le calliphore lui fait les gros yeux. Une espèce de statiome cache sa tête dans les pétales, fait semblant de ne pas me voir. Quelques coléoptères minuscules réunis en syndicat n’ont rien vu.


- « Allez plus loin, me conseillent-ils ».


Une nuée de moustique me chasse aussitôt de l’endroit.


Plus loin c’est une dizaine de « cétoines grises » que j’interroge. Je n’ai pas le temps de poser ma question, elles sont trop occupées à la reproduction de l’espèce. Elles ont un deuxième nom, on les appelle « draps mortuaires ». On devrait les appeler « veuves joyeuses » pensais-je tout bas.
Une panorpe mâle s’arrête près de moi.


- « Veuillez les excuser, le manque de papillon ne les intéressent pas, ils préfèrent dévorer les fleurs, les blanches de préférence. Posez votre question de façon moins précise et vous verrez, le monde des insectes est assez sympathique».


L’ombellifère suivante est plus blanche, elle exhale une odeur sucrée de campagne. Le vent la fait balancer tendrement. Quelques insectes gros comme des têtes d’épingle sont occupé à manger.


- « Bonjour messieurs dames, on m’a dit que certains papillons viennent prendre le repas par ici. Est-ce bien vrai ? J’aimerais les prendre en photo. ».


Le premier coléoptère, le nez collé dans son assiette me répond avec une voix presqu’inaudible :


- « Y’a longtemps que j’en ai pas vu trainer dans le coin. ».


Le second me signale avoir aperçu l’ombre d’un battement d’aile qui correspondrait à ce que je recherche.


- « Allez voir le charençon » me dit-il, « il est bien renseigné ».


Je pose un genou à terre et cherche parmi les feuilles. C’est lui qui me repère le premier, il n’a pas de mal, je ne fais pas de régime. Confortablement installé sur le bout d’une feuille, il s’adresse à moi de sa gorge rauque :


- « Vous cherchez des papillons ? Je vais vous dire. Approchez un peu ».


Je me rapproche de ce bel insecte. Il semble âgé, il est grisonnant les deux antennes en massue dressées dans le vide.


- « Ecoutez, cher ami, les papillons viennent tout juste de se réveiller. Ils sont occupés à se donner des vitamines. Si vous cherchez sur ces inflorescences en ombelles vous ne trouverez pas vos modèles. Cherchez plutôt du coté des oreilles de lièvres ».


Sur ce, il disparaît de l’autre coté de la feuille me laissant interrogatif. Que pouvaient bien donc être ces oreilles de lièvre ? Je me redresse. Sur l’ombelle, face à mon nez, deux cantharides s’occupent à agrandir la famille.


- « Excusez-moi, monsieur Rhagonycha fulva, je cherche les oreilles de lièvre. Où puis-je les trouver ? ».


Je l’entends dire :


- « Scabieuse des champs, langue de serpent ».


Je pense qu’il insulte sa femelle lorsque je me rappelle que ces noms sont ceux de la knautie, une herbacée vivace, commune aux bords des champs. Il en existe environ une soixantaine d’espèces. Une seule me suffira. Je l’aperçois au loin. Le charençon avait raison, première fleur, premier papillon. Il est blanc et noir, bien contrasté. Une marge sinueuse blanche au bord des ailes, les macules grises. Il s’agit d’un demi-deuil.


- « bonjour monsiheuuu…, madaaame ». Je ? »


Je bafouille, n’ayant pas vu le verso de l’aile postérieure. Les femelles ont pour coquetterie la présence d’une suffusion jaunâtre. Elle me regarde de son œil noir.


- « Mademoiselle si vous le permettez. Bon ! Allez-y. Posez votre question ».
- « Les humains s’inquiètent de la disparition des papillons cette année. Vous seriez apparemment moins nombreux que l’an dernier ? Quel est votre avis ? »
- « Vous savez, je viens de naitre, je n’étais pas là l’an dernier. Allez voir les piérides, ils aimeront votre histoire. »


A deux pas, en effet, une piéride que je n’avais pas remarquée trempe la paille de sa trompe dans une camomille. Je lui pose ma question.


- « Je ne répond pas aux enquêtes. J'ai des SPAM dans ma messagerie, mon téléphone mobile qui sonne sans arrêt pour de la publicité. Si on ne peut même plus être tranquille au restaurant. Grrrr ! »


Flap ! Flap ! Il s’envole en colère me laissant sur le carreau. Il se pose plus loin au milieu d’un champ, sur de nouvelles camomilles offertes à sa dégustation. Je l’entends encore râler de loin.
Un longicorne en livrée brune se marre de ma déconvenue.


- « Vous avez l’air bien nigaud mon bon monsieur. Je vais vous chercher Pieris. Il est moins râleur que son frère ».


Il s’éloigne et disparait. Quelques secondes plus tard, Pieris apparaît. Son allure est belle, les ailes blanches avec de belles nervures blanches bordées de gris. Les yeux tachetés de gris sont d’un bel effet.


- « Excusez mon petit frère, c’est un frondeur. Il voulait être né « du choux » et nous sommes des « de la rave ». Notre livrée est moins jaune mais nous somme très semblable. Mais je vous embête avec mes histoires de famille ? Que voulez vous donc savoir ? »


Mon discours est rodé, mes explications plus claires. Pieris comprends vite et bien. Il me répond de façon tranchée :


- « La saison n’est pas encore suffisamment avancée pour déterminer ce point avec précision. Je ne pense pas que nous soyons moins nombreux. Les champs sont moins traités et nos chenilles se développent normalement. Bien sur, nous n’aimons pas les dernières gelées et cette année nous n’avons pas été trop gâtés, il y a eu de la neige en début d’avril. Si vous souhaitez vérifier ce point, tournez à droite sur le chemin, vous y trouverez des bleuets et certainement des cousins à nous réveillé par la chaleur de l’été. »


- « On m’avait parlé de knautie... »
- « Par ici, vous voulez rire ? Vous n’en trouverez pas. Si vous en trouviez, venez me les signaler. J’adore ça. »
- « Merci beaucoup de tous ces renseignements. Passez une bonne journée. »


Sur cette explication, je m’éloigne et tourne sur le passage qui s’ouvre à droite. Un coquelicot, les bras en l’air me dit de faire attention, je lui marche sur les pieds. Plus loin, comme attendu, des bleuets et, en nombre, une famille de demi-deuils. Je suis rassuré, les papillons sont présents. Bien présent même. Je prends mes photos, de dos, de face, de coté. Mon excitation les énerve. Ils envoient une nuée de moustiques. Je ne peux plus cadrer correctement, mes photos sont floues. J’ai compris le message. Je me calme. Je m’assoie près d’eux, les observe sans bouger. J’utilise l’appareil pour une dernière photo, me relève. J’en sais suffisamment pour ce début d’enquête.


Je devrais retourner régulièrement sur le terrain pour la terminer.
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March 9, 2008

Rencontre de chasseurs

Il existe un endroit pas trop loin de chez moi référencé Natura2000. C'est un marais protégé. Chaque fois que je m'y rends, j'emprunte les chemins qui l'entourent, des chemins agricoles marqués par les tracteurs, remplis d'ornières et de flaques boueuses.

Sans entrer sur la terre protégée, il est possible d'apercevoir la faune qui l'habite. Les animaux n'ont pas de barrière et vont jusque dans les champs (photo 1). On peut les y surprendre et faire, s'ils nous en laissent l'occasion, quelques photos (photo 2). C'est là que j'ai décidé ma promenade de l'après-midi.

La dernière fois que je suis venu, il y avait des voitures tout le long du champ, des automobiles de chasseurs sur leur terre. J'ai rebroussé chemin. Aujourd'hui la chasse est fermée, je ne devrais pas rencontrer d'hommes armés. Le seul chasseur devrait être moi.

L'arrivée sur le terrain est placée sous de bons hospices. Un rapace plane au dessus de moi (photo 3)et plus loin, se sont trois chevrettes (photo 4) qui sont sorties du bois. Le vent est dans le bon sens, les animaux ne pourront pas sentir mes odeurs. J'espère surprendre les faisans.

C'est un chemin que je connais bien maintenant. Je sais ses virages. Je connais presque chacun de ses arbres. J'approche lentement. Je suis à pied. La dernière fois, derrière ce tournant, les faisans étaient des dizaines, mâles et femelles ensembles. Le soleil est encore haut. Il n'est pas encore quinze heures. Il est trop tôt. Je n'aperçois qu'un mâle (photo 5). Il a tôt fait de me voir et file dans les bois. Il semble glisser sur le sol. Il va vite.

Le printemps qui se signale déjà en ville n'est pas présent sur ce bout de campagne. Pas beaucoup de fleurs (photo 6), tout juste des bourgeons qui tardent à sortir (photo 7 - photo 8).

Il est encore possible de voir les oiseaux. J'ai la chance de repérer une épeichette (photo 9). C'est un pic qui ressemble au pic épeiche mais en plus petit et habillé comme un bagnard. Il frappe l'arbre avec ardeur tout comme ses grands frères.

L'épeichette s'éloigne. Je ne peux la suivre. Le marais la protège. Il n'est pas facile d'accès, des haies l'entourent. Des arbustes pleins d'épines (photo 10) m'empêchent aussi le passage. Des lianes grimpent aux arbres et passent de l'un à l'autre. Elles font un filet infranchissable. Une tresse grise que quelques fleurs (photo 11 - photo 12) illuminent en captant le soleil.

Je n'ai pas vu beaucoup d'oiseaux et il n'y a pas grand chose à photographier. Le soleil est pauvre. Les bons hospices semblent s'éloigner. Je décide de rejoindre ma voiture. J'irais ailleurs. 

Sur le chemin de retour, une voiture me croise, je salue les passagers. Ils arrêtent leur "tout-terrain" dix mètres plus loin. J'arrive à leur hauteur. Le chauffeur baisse la vitre et me demande :

- "Vous avez pris de belles photos ?"

- "Non pas grand chose, l'hiver est encore trop présent pour les fleurs et les animaux restent cachés."

Les trois hommes sont habillés de laines épaisse et de treillis. L'un d'eux porte une casquette à visière. Ce sont des chasseurs. Plus loin une autre voiture. Trois hommes en descendent. L'un d'eux semble s'éloigner. Le second reste près de la voiture, le dernier se rapproche puis s'arrête. Que préparent-ils ? Le contact semble pourtant sympathique ... Deux des chasseurs du premier 4x4 sortent. Le premier va vers la droite, le second sur la gauche selon le même rituel.

Le conducteur resté dans la voiture me dit avec un sourire :

- "Si vous voulez prendre des animaux en photos, restez ici, nous faisons un comptage. Nous entourons ce champ. Des collègues vont, avec leur chien, pousser les animaux vers nous. Chacun comptabilise les animaux qui passent à sa droite."

Il redémarre la voiture et la gare un peu plus loin (photo 13). Autour du champ, des chasseurs que je n'avais pas vu sont placés tous les dix mètres. Une véritable organisation s'est mise en place rapidement, de façon quasi militaire. Pas un animal dans ce champ ne pourra leur échapper (photo 14).

Pour l'instant, rien ne semble bouger dans cette terre labourée. Je me rapproche d'un guetteur et commence la conversation en attendant le gibier (photo 15). Il me dit avoir pris en photo des girafes la semaine dernière. Je m'inquiète et détourne la conversation. Il insiste :

- "J'étais au Gabon la semaine dernière. C'est un pays que je connais bien. J'y ai vécu sept ans... Je ne me suis pas trop encombré en matériel photo. Je n'ai pris qu'un 200mm. Je ne suis pas encore passé au numérique."

Un chasseur photographe qui me parle d'éléphants, d'oiseaux et des centaines de photos qu'il accumule. Un chasseur avec la double casquette de chasse traditionnelle et de chasse photographique. Avant cette rencontre, je n'y aurais jamais cru.

Nous ne poursuivrons pas la discussion, les lièvres détalent au loin (photo 16). Effrayés, les yeux grand ouverts, ils s'arrêtent en groupe et se séparent. Ils cherchent le chemin le plus sur. Je les photographie sans peine (photo 17). Je ne publierais que les plus belles (photo 18).

Le comptage dure trés peu de temps, pas plus d'un quart d'heure, juste le temps que les chasseurs reviennent du fond avec leurs chiens. Ils se regroupent ensuite par trois pour inscrire leurs comptes sur une feuille quadrillée.

Ils remontent dans leurs véhicules. Je continue mon chemin. Un pick-up au moteur robuste me rattrape.

- "C'est pour la télé régionale ?" me lance le conducteur.

- "Non, je ne suis qu'un amateur."

- "Si vous voulez nous voir la semaine prochaine, rendez vous à 13h30 au stade de foot d'Athis. Nous ferons de nouveaux comptages."

Il redémarre la voiture avant que je n'ai pu répondre. La semaine prochaine, je ne pourrais pas les rejoindre, je suis déjà invité ailleurs. J'aurais pourtant bien aimé, pour une fois, être avec les chasseurs.

Je reprends ma route et redescend le chemin. Il est environ dix-sept heures. Le soleil commence sérieusement à descendre. Je décide de poster la voiture dans un virage et d'y rester le temps que les faisans sortent du marais (photo 19). Après un quart d'heure, un lièvre suit la lisière et rentre dans le bois. Dix minutes plus tard, ce seront les faisans (photo 20). Ils vont et viennent dans le chemin (photo 21).

La lumière est trop basse pour une belle qualité d'images. Ce n'est pas grave, j'ai eu les photos que je cherchais et j'ai fais une belle rencontre de chasseurs.

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February 22, 2008

Week-end nature en famille (seconde partie)

Je suis encore dans mon lit lorsque j'entends le cliquetis du clavier à l'étage du bas. Dans la chambre, la lumière se répand à travers une fenêtre de toit. Il fait jour. Il fait beau. Je me lève sans bruit pour ne pas déranger ma compagne. Par la fenêtre, deux mésanges se poursuivent à travers les branches du pommier. L'escalier glisse un peu mais ne grince pas.

Le bureau du rez-de-chaussée est éclairé par l'écran de l'ordinateur. Françoise consulte alternativement les photos de la veille et "le Peterson", un guide des oiseaux. Elle s'aperçoit de ma présence et, après un "bonjour" rapide me demande :

- "Tu l'as pris en photo le faucon, hier, sur le chemin du retour ?"  

- "Bien sur que je l'ai pris. Il était vraiment beau."

-"Et bien je crois que c'est un faucon pèlerin. Ils n'en ont pas encore signalé sur le Der. Il faut que je m'assure que je ne me trompe pas. Tu peux me montrer tes photos ?"

L'appareil est encore dans mon sac à dos. Le téléobjectif y est accroché et j'ai un peu de mal à le sortir. La poignée se prend dans la fermeture éclair. Quelques secondes après, le boitier est sur "ON" et l'écran s'allume. La navigation est facile sur l'Alpha700, un petit joystick permet de faire défiler rapidement les photos. Je ne retrouve pas l'oiseau attendu. Je m'inquiète car hier j'ai du supprimer quelques photos pour libérer ma carte mémoire, pleine au moment ou les chevreuils étaient encore tout proches.

Je ne retrouve vraiment pas les photos du faucon. Françoise me montre son écran :

-"Tu vois là, les moustaches, près de l'oeil, ne sont pas bien visibles mais je pense vraiment que c'est un pèlerin."

Je l'écoute sans quitter le moniteur de mon appareil. Au milieu des photos prises la veille, je retrouve enfin la photo demandée. Je la montre à ma soeur. La confirmation tombe. Le faucon n'est pas un pèlerin. Il s'agit d'un beau faucon crécerelle. Petite déception.

Le reste de la famille nous rejoint pour le petit déjeuner. Nous parlons de la météo d'hier, venteuse, et du temps de la journée prévu avec autant de soleil mais sans le vent. Nous retournerons au Der cet après-midi. Maman et Aline nous accompagnerons.

Le Der est une petite mer intérieure, dans un coin de Champagne, posée dans un écrin de verdure. Ici tout est grand : 4800 hectares et 77 km de rivages. Tout est beau.

Maman regarde le lac et nous dit :

- "Si c'est pour voir des canards, il y en a au grand jard à Châlons. J'y vais souvent pour leur donner du pain."

- "Mais maman, ici, il y en a tout le long du rivage." lui répond Françoise en lui tendant la longue vue :

- "Regarde,il n'y a pas que des canards, il y a des oies, des foulques, des chevaliers combattants, et des arlequins, des bergeronnettes et ... des grues. Enfin ... les grues ... on les verra tout à l'heure."

Tout le monde est équipé. Une paire de jumelle pour l'un, un boitier numérique pour l'autre. Une longue vue est posée sur un trépied et passe d'oeil en oeil. Un petit garçon qui passe avec son père pourra, lui aussi, profiter du spectacle. Françoise, Bernadette et moi sommes pourvus de nos appareils. Aline a en main le bridge de Françoise.

La lumière est belle et les oies nous offrent le spectacle de leurs toilettes. Elles éclaboussent, se poursuivent et plongent dans l'eau sous l'oeil indifférent des canards.

La journée se passe sur le bord de l'eau. Nous nous rapprochons des grues. Nous les connaissons bien maintenant et disposons déjà d'un grand nombre de photos. Tans pis, nous en prenons encore quelques-unes. Ces oiseaux sont tellement majestueux et beaux.

Le soir tombe. Le coucher de soleil aura lieu dans un peu plus d'une heure. Nous nous apprêtons à partir mais Françoise souhaites connaitre l'endroit ou j'ai pris le pic épeiche de la veille. Direction "La presqu'ile de Larzicourt". La forêt est trop sombre et les enfants jouent encore bruyamment tout près de là. Nous n'apercevrons pas de pic.

Sur le bord du rivage l'eau commence à rosir. Les arbres sont couverts d'algues sèches. La hauteur de l'eau peut recouvrir les racines et monter plus haut. Les racines aériennes montrent où l'eau s'arrête.

Au loin, les grues trompettent. C'est le retour du gagnage. Le spectacle est magnifique. Une première troupe se pose bruyamment, elle est suivie par un vol d'oies cendrées. Des canards volent au ras de l'eau. Deux autres photographes se rapprochent du rivage. Ils sont bien équipés et installent leur trépied, un petit siège de toile et s'installent tels des pêcheurs, au bord de l'eau.

Le soleil se couche peu à peu. Cette lumière nous donne des visages magnifiques. Les paysages ne sont pas en reste. C'est vraiment trop beau. La température rafraichi, le soleil n'exerce plus son pouvoir. Encore quelques photos et il sera temps de rentrer. Un coup d'oeil à la lune et nous reprenons la voiture. Merci Françoise de cette belle invitation. Le week-end a été merveilleux.

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February 18, 2008

Week-end nature en famille (Première partie)

C'est avec mes pensées de besogne quotidienne que je rentre chez moi jeudi soir. J'embrasse ma femme et commence à retirer le manteau qui m'a tenu chaud pendant le trajet de retour du travail. Avec ce beau soleil, je vais à pied. C'est une petite demi-heure de marche qui me permet de décompresser un peu. Ce jeudi avait été particulièrement chargé et je n'avais pas complètement évacué mes pensées professionnelles.

Odile me parle en même temps que mon cerveau travaille encore :
- "Nous avons reçu un coup de fil." "Il faut attendre le retour d'Aymeric..." "C'est ta soeur" "il ne sera pas trop tard" "Elle nous invite" "il faut les faire patienter" "il y a plein d'oiseaux sur le Der" "les machines tiendront bien jusqu'à lundi".

Pardon ! Qu'est ce que tu as dit ?
- "Nous avons reçu un coup de téléphone de Françoise. Elle nous invite ce week-end, il y a plein d'oiseaux sur le Der. Elle a rencontré un ornithologue. Il lui a dit que dans trois jours il n'y aurait plus rien. Il faut en profiter. Bernadette sera de la partie."

Une semaine qui démarre mal finit souvent bien mais le vendredi fut tout de même bien long. Un souci de dernière minute. Je quitte vers dix-neuf heures trente. Sur le chemin de retour, pas une pensée pour le travail. L'idée de ces samedi et dimanche près des grands lacs avec mes soeurs et la famille, à coté des grues, des sarcelles et des chevreuils, aucune autre pensée ne pouvait la remplacer.

Le lac du Der se situe entre mon domicile et celui de Françoise. Nous nous donnons rendez-vous sur la digue pour treize heures. J'arrive avec Odile bien plus tôt et profite de cette avance pour faire un détour par la presqu'ile de Larzicourt. Le vent souffle fort. Il fait froid. Sur la plage quelques corneilles luttent contre le vent. Pour nous protéger, nous rentrons dans le bois tout proche. Les mésanges à longues queues nous font un accueil. Je prends quelques photos mais elles sont à contre-jour. Après la forêt, de nouveau le lac. Ce coté est un peu plus protégé mais le froid est encore présent. Pas un seul oiseau en vue. Nous revenons vers la voiture.

En retraversant le bois, les chants d'oiseaux retiennent notre attention. Ce ne sont pas des zinzinulations de mésanges mais des fringottements de pinson. Ils sont là tout près. Je réussis quelques clichés. Quelques notes explosives faites de "Chick" et de "Kick" sont proches. Elles sont suivies de coups sur les arbres. Ce ne sont pas des roulements de tambour mais de petits coups espacés. C'est le pic épeiche. Ils sont au moins trois. Ils passent de branches en branches en un vol ondulant. Après cette petite scéance de photo récréative, nous rejoignons l'endroit prévu pour la rencontre.

Le site de chantecoq est à quelques kilomètres. Nous empruntons le chemin sur digue. Le bord du lac est rempli d'oiseaux. Nous nous dirigeons vers le parking près de l'observatoire. Nous stationnons la voiture, mangeons une petite croûte. Le temps est froid, nous mangeons rapidement l'oeuf cuit la veille, la tomate accompagnée de mayonnaise et le classique sandwich au jambon. Rapidement nous rangeons la cantinière. Un petit café sorti de sa thermos nous réchauffe. Nous sortons le matériel et fermons la voiture.

Une approche du lac à cet endroit nous laisse froid. Un vent glacial nous fouette le visage et pas un oiseau sur le lac. Si, un rouge-gorge blotti derrière un buisson de branches sans feuille. Pas de quoi alimenter la carte mémoire du boitier.

Le téléphone mobile sonne. C'est Françoise. Elle signale que le reste de l'équipe sera là d'ici une demi-heure. Nous changeons l'endroit de la rencontre. Nous nous retrouverons à l'entrée du chemin sur digue, là où Françoise a fait son repérage, là où nous avions vu, depuis la voiture, les oiseaux attendus. Le temps de monter avec le matériel sur la digue, une cigogne passe. Le signe certain d'une bonne récolte, nous n'avons plus l'âge d'avoir des bébés ...

Quelques minutes après nous nous retrouvons. Françoise arbore son nouveau boitier. Bernadette est équipée de son bridge. A nous trois le Der a intérêt à bien se tenir. Nous commençons le mitraillage en règle de tout ce qui bouge. D'abord nous remarquons les oies cendrées et les canards. Ce sont les plus nombreux. Puis nous commençons à repérer les canards colverts et les siffleurs puis les sarcelles. Françoise nous indique bécassines et chevaliers. Il y a de la couleur et de la vie, quelques vols et des plongeons.

Il faut reculer du bord de la digue pour se mettre à l'abri du courant d'air froid. Là le soleil arrive à nous réchauffer. Nous nous déplaçons un peu. Plus loin, quelques grues sont restées près du lac. Elles ne sont pas allées au gagnage. Elles préfèrent discuter avec les canards. Elles se cachent des curieux en passant derrière les roseaux. Au loin, les cormorans. Ils sont passés au dessus de nous il y a quelques minutes. Ils se mélangent à quelques cygnes.

Après quelques heures, nous décidons de rentrer. La route est sinueuse, elle passe à travers champs. Parfois, un étang, un petit bois nous oblige à l'arrêt. Nous rencontrons encore quelques grues. Elles s'apprêtent à partir et s'envolent. C'était une jolie journée de famille.

 

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January 28, 2008

Après-midi de repos

J’avais raison ce matin. La pintade aux pommes, c’est excellent. Le repas a démarré avec une bouteille dont l’étiquette était absente. Est-ce du vin ? Pas sur. Goutons voir. C’est du vin de noix… Non un vin de groseille … Peu importe, en guise d’apéro cela fera l’affaire. Mais qui donc nous a offert cette bouteille ? Quelqu’un de bien c’est sur. Nous ne sommes que deux à table mais la pintade disparait presque totalement du plat. Après la ballade du matin cela fait du bien. Un petit café et nous voilà reparti pour la promenade.

Cette fois direction Ste-Menehould. Plus exactement, la Grange aux bois. C’est un petit village départ de promenades en forêt d’Argonne. Cette fois-ci nous ne nous trompons pas. En venant de « Menou », il faut prendre la première rue à droite et suivre l’indication « Parcours de santé ». La dernière fois nous avions du faire demi-tour. Nous avions poussé la voiture trop loin.

Nous reconnaissons le chêne creux. C’est un chêne rouvre dont la partie centrale du fut a disparu. C’est un phénomène normal car la sève ne circule plus qu’à la périphérie des vieux arbres. Celui-ci a près de 600 ans et a supporté plusieurs incendies intérieurs.

Le parking n’est pas loin. Nous y garons la voiture, changeons les chausses de villes pour des chaussures de marches. Il faut que je pense à en acheter de nouvelles, le pourtour de celles-ci se décolle. Je vais bientôt prendre l’eau.

Le chemin démarre par un sentier botanique. Celui-ci est très complet et très documenté malgré une réalisation plutôt artisanale. On sent que l’auteur de ce sentier aime la nature et qu’il la connait sur le bout de ses doigts. Déjà on entend les oiseaux.

Il y a du monde dans cette forêt domaniale et les cris d’enfants font plaisir à entendre. Est-ce que cela va gêner les oiseaux. Il faut croire que non car les premières mésanges traversent le chemin sans se soucier du chien tenu en laisse par un couple de promeneur. C’est lui qui tient la laisse, il a le corps penché en arrière, la laisse tendue par un chien ravi de sentir les odeurs de gibiers potentiels.

Les mésanges sont petites et plutôt blanches par ici. Ce sont des mésanges nonettes ou boréales. Il faut être spécialiste pour distinguer l’une de l’autre, elles sont sosies et ne se reconnaissent vraiment qu’à leur cri.

Plusieurs arbres ont été visités par des pics. J’ai vraiment envie, comme ce matin, de les voir. Un arbre semble accueillir leur gite. Un grand trou large et évasé est visible du chemin. Je coupe à travers bois pour prendre un souvenir photographique de l’endroit. Je tends mon objectif dans la direction, déclenche la photo quand une petite cousine du pic, la sitelle torchepot, vient fourrer son bec dans le trou et en ressort aussitôt. Tout juste eu le temps de prendre une jolie photo.

Les nonettes sont nombreuses, occupées à se chamailler un morceau de la rare nourriture que leur laisse l’hiver. Nous quittons le parcours de santé. Il y a vraiment trop de monde. Un chemin en surplomb d’un vallon semble plus tranquille. Nous nous y aventurons. Après quelques dizaines de mètres sans rencontrer le cri d’un oiseau, nous décidons de descendre vers le chemin situé un peu en contrebas. Il faut couper à travers la forêt.

Arrivé près du chemin, il faut se rendre à l’évidence, il faut sauter plus bas. Un bon mètre de talus nous sépare de la piste. Nous longeons le bord de la sente pour trouver un endroit bien moins haut. Un petit passage semble avoir été tracé par des animaux, nous nous y rendons. Après avoir glissé sur les feuilles, la main qui a retenu la chute est pleine de terre mais le matériel est sauf. C’est un lieu de passage des bêtes, pas des humains. Nous commençons le retour lorsqu’Odile me signale la présence d’un troupeau. Ce sont des sangliers qui se dirigent droits vers nous. Après ce que les iperniciens m’on raconté sur les photos de sanglier prises dernièrement par mes soins, je me prends à avoir peur. Je ne maîtrise pas l’appareil prends des photos dans tous les sens en me reculant du passage des animaux. En fait, le troupeau fait demi-tour. Ils ont bien plus peur que nous. Je réussis une photo qui montre leur derrière en les regardant monter agilement le mètre de talus que nous avions eu tant de mal à descendre. Nous reprenons notre chemin lorsqu’un vieux mâle en retrait sort d’on ne sais où. Il panique en nous voyant et monte le talus aussi simplement que les plus jeunes malgré son âge.

Le chemin du retour ne semble pas plus propice aux rencontres animales. Au loin, un tintement métallique régulier se fait entendre. Qu’est ce que cela peut bien être ? Je sais que les pics peuvent tambouriner les arbres mais aussi les poteaux métalliques mais ce bruit semble se rapprocher. Il vient du fond de la vallée. Deux chiens avec un gros collier rouge font tinter leurs grelots. Ils suivent la trace des sangliers.

Nous nous arrêtons de temps à autre pour écouter la nature. Sans feuillage, les arbres sont silencieux. Seuls les grelots qui tintent au loin se font encore entendre. Plus loin, sur un arbre une ombre bouge. C’est un pic. C’est LE pic que je cherche depuis des semaines. Je n’en verrais pas plus. Il s’envole dans un cri de moquerie. Ca ne fait rien, je reviendrais.

Nous rentrons tranquillement. Le ciel rosit. Nous nous arrêterons près du plan d’eau sur le retour. Le ciel est sur le point de s’habiller de ses plus beaux atours. Sur le chemin j’imagine voir les cygnes ouvrir leurs ailes dans ce ciel magnifique. C’est encore mieux, c’est une aigrette. Le feu est sur l’eau. Une photo de l'endroit ne transpirera pas le dixième de la beauté du moment.

Le ciel nous accompagnera le long de la route jusqu’au retour de la voiture au garage.

Une journée de soleil est capable de faire oublier trois semaines de travail difficile et de fatigues accumulées. C’est par cette phrase que mon récit doit terminer.
 

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January 27, 2008

Matinée de repos

Une journée de soleil est capable de faire oublier trois semaines de travail difficile et de fatigues accumulées. C’est par cette phrase que mon récit doit commencer.

Pas faciles en effet ces semaines dernières. La nouvelle année démarre en trombe, pas le temps de m’arrêter. Ce n’est plus un travail que j’exécute, je suis une zapette. Un problème réglé ici, c’est un autre qui surgit là-bas. Une solution à droite, un résultat à gauche, la fin d’une tâche derrière, un nouveau chantier devant.

Ce matin je me réveille avec une pensée à ce travail mais j’ai bien dormi, d’une traite. Il fait beau. Tant mieux !

Je rêvais depuis un an d’un second boitier. Voilà c’est fait, je l’ai reçu vendredi. Je vais pouvoir l’essayer par beau temps. Samedi était maussade et la promenade n’a pas été fameuse. Pas bredouille, non, mais juste deux photos : un lierre encore en fruit pris sur le bord de Marne et une sorte de « berce » suintante d’eau gelée. Une promenade dans le froid. A oubier.

Odile, mon épouse, me connait bien, elle me propose une promenade dès le petit déjeuner. Je suis, vous l’aurez deviné, partant. Et presque déjà parti. J’ai choisi d’aller au jard anglais. C’est l’un des trois jardins de Châlons-en-Champagne. C’est un jardin fait de deux grands creux d’herbe entourés de chemin. Une passerelle de bois enjambe le plus grand. L’hiver lorsque la Marne est haute, les creux peuvent être pleins d’eau. Depuis peu, un petit bassin nautique a été ajouté.

Les membres de la ligue protectrice des oiseaux y ont déposé des nichoirs. C’est l’endroit idéal pour photographier les oiseaux. Ils sont habitués à l’homme, nourris, logés et protégés.

Nous laissons la voiture sur un parking presque vide. C’est bon signe. Il n’y aura pas trop de monde dans les allées. Un moineau surveille les passants du haut de sa branche. Le chemin qui longe le canal de l’ancienne écluse est un repère de mésanges. Nous l’empruntons. Quelques canards tentent la traversée du bras d’eau. Il fait encore froid, la brume monte de l’eau.

Un homme nous dépasse et nous salue. Il fait son jogging matinal. Il effraie deux pinsons occupés à chercher de la nourriture sur le bord du chemin. Le givre est encore très présent. Des gouttes de glace pendent des brindilles. Une souche coupée étincelle de cette eau gelée. Un trou en son centre montre la place du cœur qu’elle n’a plus. Une sorte de verdier s’occupe au dessus. Il pique son bec dans de petits fruits en forme de pomme de pin et en retire de quoi se nourrir.

Au bout du jard anglais nous prenons la passerelle qui mène à un sentier qui longe la Marne jusqu’au pont coupé. Un pont détruit par les français pour empêcher les ennemis de l’époque d’avancer. C’est sur ce chemin que j’ai repéré il y a quelques semaines un pic. Un arbre porte d’ailleurs les marques laissée par l’oiseau : des trous ronds aux bords évasés. Des copeaux de bois s'étalent sur le sol. Ce serait génial si le pic était là.

Arrivé à la hauteur de l’arbre pas d’oiseau en vue. Un jogger nous croise. Pendant que je montre à Odile l’endroit où se tenait le pic un autre passant nous salue d’un geste théâtral : « Je vous souhaite une agréable journée ». Après nous avoir dépassé, il ajoute : « doit y’en avoir pour du pognon » en montrant du doigt l’appareil photo. « Un peu » lui réponds-je machinalement.

Hier j’avais vu des troglodytes derrière le lierre en fruit. Je regarde de nouveau. Comment ? Ils ne m’ont pas attendu ? Hier, il ne faisait pas beau, les photos que j’ai prises de ces oiseaux nains ne sont pas belles. Elles sont floues. Les troglodytes sont de tous petits oiseaux, pas plus grands qu’une souris grise. Ils ont une petite queue postée en l’air et se déplacent rapidement au sol entre les racines.

Nous décidons de rentrer. Le four programmé le matin avant notre départ a du démarré et la pintade ne va pas tarder à être rôtie. Avec des pommes cuites ce sera délicieux.

« Tu voulais voir des troglodytes ? Et bien en voilà un » me lance silencieusement Odile. En effet, un petit souriceau emplumé courre sur les racines d'un arbre planté au bord de la Marne. Il est agile et mon objectif à du mal à le suivre. Il a tôt fait de s’éloigner.

Nous rentrons par le jard. En tâches roses des bruyères courent au sol.  Je profite d'un détour pour passer près du bassin d’eau. C’est là que j’ai pris les branches d’un saule il y a quelques jours. Les extrémités en forme de crosse m’avaient attiré le regard. Je sais qu’il y a un platane tout près ou viennent les chardonnerets. Décidément, je n’ai pas de chance. Les chardonnerets restent derrière les branches. Quelques mésanges, des moineaux, des verdiers mangent des graines de tournesol laissées à leur intention.

Un pinson me regarde du haut de sa branche. Il semble me dire « Tu n’as pas honte de manger une pintade à midi ?».

J’ai envie de lui répondre : « mais pas du tout mon cher ami». Et, pour le lui prouver, je rentre effectuer la découpe. Je commencerais par les ailes... 

La fatique du travail ? Y'a bien longtemps qu'elle est oubliée.

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January 10, 2008

le quart d'heure (dernière partie)

Je ne vous résume plus la situation : je suis près des grands lacs de Champagne-Ardenne avec mon épouse et je mitraille tous les animaux qui passent à ma portée. J'y prends un grand plaisir mais je dépasse les limites et les oiseaux s'envolent me laissant comme deux ronds de flan.

Deux ronds de flan, c'est bien ça. Cette expression image bien les deux yeux écarquillés qui étaient les miens à cet instant. Heureusement "flan" ne prend pas de "c" final  dans cette expression car j'aurais du vous dire que j'étais resté sur le cul. Enfin ! C'est un peu ça quand même. Les grues sont parties dans un vacarme assourdissant.

Nous n'avons plus qu'à reprendre la voiture et voir ailleurs si nous rencontrons d'autres migrateurs.

Ils ne se font pas attendre. Un champ plus loin, après avoir passé un petit carrefour champêtre gardé par une fermette aux volets fermés, un petit groupe de grues, moins d'une dizaine, est là au bord de la route. Je connais maintenant la gymnastique qui mène mon objectif en face du carreau ouvert de la voiture. Et un, et deux, et trois. Ca fait mal quand même, je n'ai plus ma souplesse d'autrefois. Je prends le temps de cadrer et d'inscrire les images dans la mémoire de l'appareil. "Avance un peu la voiture s'il te plait", il y a une église en arrière plan, ce sera du plus bel effet". D'autres grues se promènent au loin, des ombres peu visibles.

Sans déranger les animaux nous reprenons la route. Nous traversons un village champenois. Cette région veut vraiment attirer les touristes, les maisons sont rénovées, les pans de bois se découvrent, la beauté initiale de ces bourgades redevient palpable.

Pas le temps pour cette contemplation, nous prenons à gauche et continuons par les champs. Nous tournons en rond pendant un quart d'heure sans rien voir. Nous décidons de retourner au pré vert ou nous avions dérangé ces grands oiseaux. Les grues sont les plus grands oiseaux d'Europe avec leur deux mètres d'envergure et les quatre à six kilos de chair et de plumes qu'elles arrivent à étendre dans un vol qui peut atteindre les quatre-vingt kilomètres à l'heure. Rendez vous compte, elles sont capables de traverser la France en une journée...

Moi, contrairement à elles, je roule au pas. Deux véhicules nous précèdent. L'une s'arrête, l'autre la dépasse. Nous nous apprêtons à faire de même. "Mais ! C'est l'auto de Françoise". Elle chasse sur ses terres. Nous doublons la voiture et pilons devant. Je sors en hâte avec l'appareil, porté comme un paparazzi. Françoise nous reconnais alors et sourie. C'est son anniversaire. Plein de bises et de rires précèdent la conversation. Nous racontons nos histoires mais l'oeil reste aux aguets. Plus loin un rouge-gorge vient voir la scène. Je le prends sans conviction. Il sera flou. Tans pis, nous continuons la discussion. Françoise veut nous emmener voir les chevreuils, il y en a plein un champ à deux pas en voiture.

"C'est quoi ces oiseaux oranges ?" interroge ma femme. Le temps de nous retourner deux flèches bleues filent dans un caniveau. Ce sont des martins pêcheurs. "Je n'en ai jamais vu d'aussi prêt" dit Odile, "je ne les pensais pas aussi orange !". Les appareils n'ont pas eu le temps d'être mis en place que les éclairs ont disparus. Dommage.

(Une prochaine fois peut-être nous vous en montrerons des photos. Je sais que Françoise les épie, visitez son site régulièrement. L'aiguillon de plume ne devrait pas tarder à y être immortalisé.)

Allons voir les chevreuils. Ce n'est pas bien loin, près du village,

Les cervidés sont effectivement là, une belle troupe. Les grues les survolent. Ils mangent l'herbe et se déplacent. On croirait qu'ils tirent le traineau du père Noël. Nous allons plus loin. Françoise nous montre un champ profond. C'est là que les chevreuils sont souvent les plus nombreux. Il ne semble pas être là. Ils sont pourtant présents mais cachés par une ligne de Grus grus de Cranes et de Kraniches. Elles sont vraiment nombreuses qu'il faut les appeler par les noms internationaux qui les représentent.

Le soleil baisse donnant des paysages magnifiques. Un faible soleil derrière une rangée d'arbre, un vol de grues au dessus d'un bois. Nous nous séparons. Le chemin du retour est long.

Nous reprenons, à l'envers, la petite route et remontons sur Châlons. "Je voudrais rentrer avant la nuit" me soumets Odile, "Reprenons par la route de Vitry". Mais nous ne connaissons pas bien l'endroit, nous nous perdons, nous nous rapprochons du lac du Der. Des signes ne peuvent nous tromper : dans un champ un héron et plus loin, encore des grues. Sur la route de Vitry nous n'en aurions pas rencontré.

Nous ralentissons à un passage à niveau, ce qui nous laisse entrevoir une chevrette suivie par un beau chevreuil qui redouble de sauts. Nous rattrapons la route qui mène à Vitry. Nous repassons devant les éoliennes avant d'entrer dans Châlons.

La nuit n'est pas encore tombée.

Il s'en fallait d'un quart d'heure.

 

 

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January 8, 2008

Le quart d'heure (troisième partie)

Rappel des deux blogs précédent : Après avoir fait le tour d'un étang, flâné à regarder les chardonnerets et cassé une petite croûte, je reprends la route avec mon épouse.

Après avoir consulté la carte sur l'itinéraire indiquée par Françoise nous prenons la route à droite. Une petite route bordée par un champ où commencent à pousser les semences de l'automne. A droite une ligne d'arbres nous sépare d'une terre à maïs dont les pieds coupés à dix centimètres du sol n'ont pas été enlevés. Ce sont les champs où se nourrissent les grues, les champs de gagnage.

La signification du mot gagnage est complexe, il concerne certes la vie agricole mais peut définir les terres gagnées par la mer, une sole accueillant les céréales d'hiver ou encore un champ où le gibier vient prendre sa nourriture. Cette dernière définition concerne nos grues mais il ne s'agit plus de gibier, elles ont un statut d'oiseau protégé en France par la loi de 1976 et figurent sur la liste rouge de 1999 des oiseaux nicheurs hivernant.

Autant dire qu'aller déranger ces demoiselles n'est pas conseillé. La prise de photo doit s'effectuer avec précaution.

Nous avons beau regarder partout dans les champs, pas l'ombre d'une plume. Pourtant je les entends toutes proches. Elles ne sont pas loin. Un rayon de soleil éclaire une flaque. Sur la gauche, après avoir passé un bâtiment laissé l'hiver à l'abandon, la verdure d'un pré attire notre attention. Là, derrière une haie se trouve une troupe, un véritable élevage d'oiseaux sauvages.

C'est ma femme qui conduit. Je suis à sa droite. Je dois me tordre pour prendre la première photo, je tourne ma jambe dans l'habitacle mais le dos me fait mal. Je pousse une fesse qui glisse sur la banquette. Je suis déjà mieux mais l'objectif ne peut s'orienter vers les oiseaux. Une nouvelle gymnastique permet quelques photos mais mon déséquilibre me fait trembler. Une voiture nous suit, nous devons rouler un peu. Je conseille d'aller plus loin, de faire un demi-tour. Je serai mieux. Ma fenêtre donnera sur le parc où sont les bêtes.

Nous refaisons un passage. La voiture roule au pas. Les oiseaux n'ont pas peur des véhicules. Nous ne sortons pas. Je prends quelques photos. Le bruit de l'appareil gène les animaux. A pas lent, elles s'éloignent l'oeil rivé sur la masse métallique de la voiture tout en continuant à s'ébouriffer les plumes ou à parader fières de leur beauté.

Nous continuons la route jusqu'à la ferme et garons la voiture. Nous continuerons à pied cachés par une haie rendue transparente par sa tenue d'hiver. Le paysage est superbe. La terre est humide. Deux saules surveillent en maître le terrain.

Par un trou dans la haie, je prends mes photos. De temps à autre j'avance, reprends des clichés. Je continue, encore une image. Ce n'est pas un spectacle de colonie de vacance, c'est un ballet, c'est du béjard sur une musique bruyante et ravissante. On n'entend qu'elles. Ne cherchez pas le bruit du vent, le clapotis de l'eau, si vous en voyez les images, le son disparait pour le tintamarre de la conversation des cendrées.

Nous y restons un quart d'heure mais j'approche trop. Je les dérange. Je m'en aperçois mais j'ai beau reculer, elles s'apprêtent à partir, à s'envoler. Zut. Je ne suis pas fier et retourne penaud à la voiture mais c'est trop tard, le mal est fait, elles ont quitté le terrain, elles ne sont plus là.

La suite et fin du voyage dans le blog suivant

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