Avant 1800 le principal rejet de l’activité humaine était le gaz carbonique dû aux combustions, mais il était réabsorbé par les végétaux et les océans. Par contre la pollution chimique par les métaux lourds comme le mercure, le plomb, le cuivre, le zinc, qui commençaient à se répandre en quantité, avait bel et bien démarré. Les hommes s'en étaient-ils aperçus ? Il y a des chances que non et la croissance industrielle, très forte à partir du XIXème siècle prenait son essor. Toute l'intelligence de l'homme était mobilisée pour continuer le progrès, la science devait permettre la résolution de tous ses problèmes. On déboisait, on exploitait le charbon et les minerais partout dans le monde, on faisait la guerre pour dominer ou pour éviter de l'être. La Terre, les forêts, les mines, étaient à notre disposition pour être exploitées pour le bien de la population. Peut-être y avait-il déjà des futurologues qui envisageaient que cela devait avoir une limite ? Mais ni le CO2 en masse, ni le sulfure d'hydrogène, ni les pesticides, ni les insecticides, ni les aérosols, ni les nano-poussières, ni les engrais chimiques, ni les antibiotiques, ni la dioxine, ni la radioactivité des déchets, ni les déchets pétroliers ne présentaient encore de danger.

Après 1800, avec l'utilisation de la machine motorisée, les besoins en énergie se sont mis à croitre exponentiellement. Le charbon, le pétrole, l'énergie d'origine nucléaire et les avancées scientifiques et technologiques ont été les facteurs essentiels de l'explosion économique et démographique qui a suivi. La population du monde est passée de :
- 1 milliard en 1800 à :
- 1,27 milliards en 1850,
- 1,66 milliards en 1900,
- 2,50 milliards en 1950,
- 3,50 milliards en 1960,
- 6,00 milliards en 2000,
- 7,00 milliards en 2011 où on estime que le chiffre a été atteint en octobre,
- 9,00 milliards sont estimés pour 2030

Cette croissance extraordinairement rapide s'est produite malgré toutes les calamités : misère, famines, épidémies, guerres, qui n'ont pas eu des effets ralentisseurs importants.
Lorsque l'on pense qu'il a fallu 2,5 millions d'années pour peupler la Terre d'1 milliard d'hommes et qu'il a fallu seulement 11 ans pour la peupler d'1 milliard supplémentaire depuis l'an 2000, on ne peut qu'être interpelé et on est obligé de poser la question du nombre maximum d'humains que la Terre pourra supporter.

Sur les seuls critères de la disponibilité des ressources non renouvelables et de la croissance des besoins énergétiques, une croissance d'1 milliard par décade ne saurait être supportable très longtemps. Certains disent 70 ans (pour atteindre 14 milliards en 2080), d'autres disent 50 ans (pour atteindre 12 milliards en 2060). Cette question concerne bien notre XXIème, notre vie d'aujourd'hui et encore plus celle de nos enfants.

Les questions qui se posent inévitablement sont :
- la planète pourra-t-elle nourrir tout le monde?
- la misère humaine sera-t-elle vaincue?
- saurons-nous éliminer les déchets ultimes dangereux pour la vie?
- les besoins en énergie seront-ils satisfaits ?
- quelles seront les conséquences de la disparition accélérée des espèces due à l'homme?
- aura-t-on dépassé le taux de stérilisation des terres cultivables causé par l’explosion de l’urbanisme ?
- saurons-nous maîtriser les conséquences sur le réchauffement prévu du climat ?

L'espèce humaine, devenue homo sapiens sapiens il y a 120.000 ans, a conduit à une civilisation dite évoluée mais qui a généré ses propres menaces. Elle a échappé à la régulation naturelle des espèces, comme la subissait l'homo habilis et même l'homo erectus, l'homo ergaster ou l'homo néandertalis il y a encore 30.000 ans. Elle n'a pas vu venir le problème de l'adéquation des ressources de la planète avec le nombre de ses individus. Alors, soit, ceci est tout à faire normal, et tôt ou tard, la régulation se fera naturellement et la population se stabilisera à un optimum, ou alors, l'explosion démographique va continuer, et la décadence et de très grandes calamités se chargeront d'accélérer sa décroissance rapide dans une planète dégradée.

Ou encore, mais ce n'est qu'un rêve, avec l’avènement de l’ère anthropotechnologique, une nouvelle espèce d'homo va naître, celle de l'homo sapiens devenu sage, l'homo futuri ou l'homo sapiens sapientem (l'homme sage qui sait), encore plus intelligente, qui, fort de l'expérience de ses prédécesseurs, saura encore mieux calculer les conséquences de ses découvertes et de ses ambitions pour que la vie reste harmonieuse sur cette planète Terre dont il aura hérité et qu'il voudra conserver propre et habitable pour l'homme et la vie pendant encore des millions d'années. L'espèce réputée la plus intelligente de la planète ne peut pas être responsable de sa propre disparition. La nature s'en chargera bien un jour, lorsque la Terre sera devenue naturellement inhabitable pour elle. L'espèce humaine devrait se respecter elle-même en respectant son habitat, au moins pour la raison qu'elle est intelligente. Elle a l’obligation, sous peine de disparition de devenir de plus en plus intelligente.

Le temps presse car le XXIème siècle devra être le siècle des consciences éveillées pour ne pas plonger l’humanité dans la décadence.
Logo AH

Alain-Bernard Haïoun - Mars 2014