Questions sur l’évolution de la vie.
Alain-Bernard Haïoun - 2014

La matière vivante, quant à elle, peut subir quelques changements ou mutations lors de sa reproduction de façon peut-être aléatoire (ou peut-être pas, nous n’en savons rien), tels que les caractères génétiques des individus qui en sont issus ne soient pas totalement identiques à ceux des parents. Il se peut donc que les descendants se trouvent, soit plus adaptés à leur environnement, soit moins adaptés. Il est clair que les moins adaptés sont susceptibles de disparaître plus facilement que les autres, les plus adaptés pouvant alors avoir un meilleur succès reproductif que les autres. Ainsi, de génération en génération une véritable sélection par le haut peut se produire si l’espèce concernée est confrontée à des variations de son environnement nécessitant une meilleure adaptation ; les plus adaptés seront plus nombreux et s’imposeront. Selon cette théorie dite évolutionniste, c’est ainsi que les espèces ont pu évoluer lentement pendant des millions et milliards d’année. Les tenants de cette théorie s’appuient sur l’examen des fossiles retrouvés et en évaluant la période de leur existence passée. C’est ainsi qu’ils ont pu établir une continuité dans les changements morphologiques subits progressivement.

Alors, au cours des 3,8 milliards d’années de l’évolution de la vie, les espèces se sont diversifiées et c’est ainsi que l’espèce humaine a pu émerger. A la différence des autres espèces, elle a pu augmenter ses chances de survie grâce à l’invention d’outils et d’armes de plus en plus sophistiqués, au service de son confort et de sa sécurité. Elle a aussi l’aptitude à conceptualiser les phénomènes observés, à intuiter des théories pour comprendre les lois naturelles. L’espèce humaine est la seule espèce vivante à inventer des objets sophistiqués et à comprendre une grande part de l’Univers infiniment petit et infiniment grand.

D’autres scientifiques, convaincus que les espèces sont créées par Dieu indépendamment les unes des autres, rejettent cette théorie et ne reconnaissent pas l’existence des fossiles dits de transition qui démontrent la possibilité de l’évolution. Ils reconnaissent que leur position n’est fondée que sur la croyance en Dieu, chose qui ne se démontre pas.

Si nous avions une vision anthropocentrique, à la question : « à quoi sert le monde ? » on pourrait répondre : le monde a permis de créer de l’hydrogène ; des étoiles grâce à l’hydrogène ; des planètes, dont la Terre, grâce aux étoiles ; de la vie sur la Terre ; des hommes parmi les vivants ; et c’est cela le dessein final. C’est évidemment une vision partiale dont on voit la limite si on se posait aussi la question « à quoi servent les hommes ? » car on tombe encore sur une impossibilité de trouver une réponse, sinon que tout cela est absurde, comme la vie elle-même et l’Univers lui-même. Ce n’est peut-être pas parce que l’Univers a contenu les conditions à l’émergence de l’homme que l’homme constitue une fin car l’Univers tel que nous l’appréhendons, ne révèle aucun dessein. S’il en a un, alors il nous est inconnu.