Y a-t-il d’autres vies dans l’Univers ?
Alain-Bernard Haioun - 2014

Compte tenu de l’unicité de la vie connue sur la Terre et sachant que tous les éléments chimiques trouvés sur la Terre se retrouvent dans l’Univers, il serait vraiment peu probable que le processus qui a régné à l’apparition de la vie soit unique et qu’il n’est pu se produire sur une autre planète parmi les milliards de milliards de planètes existant possiblement dans l’Univers.

La question de la vie extra-terrestre peut se subdiviser en au moins trois questions distinctes souvent évoquées :
- y a-t-il de la vie ailleurs que sur la Terre ?
- si la vie extra-terrestre existe, quelle forme a-t-elle ?
- si la vie extra-terrestre à base d’ADN existe, y a-t-il des êtres intelligents ailleurs que sur la Terre ?

On a découvert que sur la Terre, des organismes vivants étaient présents dans des environnements très différents comme les sources hydrothermales abyssales des océans, comme les glaciers aux pôles à de très basses températures, ou dans des lacs à très forte acidité, dans les gouffres les plus profonds de la planète, ou dans les déserts les plus chauds et les plus secs de la Terre. Mais jusqu’à présent (mars 2014), nous n’avons aucune preuve de vie ailleurs que sur la Terre, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’y soit pas présente. On ne peut conclure, pour la simple raison que l’exploration de ce qui se passe ailleurs est encore extrêmement limitée. Les espaces et objets extra-terrestres visités : la Lune, la planète Mars, les météorites n’ont encore pas montré la moindre trace de vie présente ou passée, mais on est très loin de l’observation exhaustive des lieux et objets analysés.

Fin 2014, le robot Philéa, qui sera débarqué sur la comète Churyumov-Gerasimenko permettra d’analyser les molécules trouvées sous la surface, à quelques centimètres. S’il y avait des molécules organiques, selon leur composition, elles pourraient ou non prouver une origine biologique. Sachant que la comète est issue d’un nuage de comètes gravitant autour du Soleil à environ une année lumière, on aurait la preuve que la vie pourrait venir de très loin et qu’elle aurait pu être ensemencée par les comètes qui viennent fréquenter notre voisinage, alors qu’elles arrivent des espaces intersidéraux.

Le prochain robot martien baptisé InSight se posera sur Mars en 2016. Il sera fixe et sera équipé d’outils permettant de forer le sol martien jusqu’à 5 mètres. D’autres robots suivront et seront équipés plus spécifiquement pour l’analyse chimique du sous-sol afin d’y rechercher des indices de vie ancienne sur la planète, qui, on le sait, avait de grandes étendues d’eau.

C’est donc dans 5 à 10 ans que l’on pourrait savoir si la vie a pu exister sur Mars et si elle était semblable ou non à la vie terrestre. Dans le système solaire, il y a aussi d’autres candidats à explorer : Europe, un satellite de Jupiter, ou Encelade, un satellite de Saturne. Ils sont couverts d’une épaisse couche de glace sous laquelle se trouvent des océans et rien ne s’oppose à ce que la vie y soit présente. L’exploration de ces astres pourrait se faire dans les décades à venir.

Ainsi, les toutes prochaines années permettront d’élargir le champ d’observation pour la recherche éventuelle de la vie ou de traces de vie, mais on ne peut rien présupposer aujourd’hui sur la réponse aux deux premières questions, en l’état des explorations actuelles.

Quant à savoir s’il y a des êtres intelligents en dehors de la Terre, nous n’en avons toujours aucune preuve, malgré les milliers de témoignages d’Objets Volants Non Identifiés, les fameux OVNIs. D’après certaines croyances, ces objets seraient des véhicules fabriqués par des êtres extra-terrestres, habitant sur une autre planète. Ils seraient, selon certains, vides de tout habitant mais selon d’autres ils auraient à bord, des passagers extra-terrestres, appelés ET ou même, pour ceux dont l’imagination est très fertile, des Aliens ou Xénomorphes, en fait des sortes de monstres, mais des monstres de cinéma.

Si l’on met à part l’imagination des mythomanes, des affabulateurs et des romanciers de fiction, les gouvernements américains et aussi français se livrent très sérieusement à l’étude des OVNIs afin d’en expliquer l’origine. Beaucoup d’OVNI sont devenus des objets parfaitement identifiés, tous d’origine terrestre ou alors naturelle lorsqu’il s’agit de météores et de phénomènes atmosphériques, mais il faut reconnaître que certains demeurent toujours inexpliqués malgré les recherches faites. La recherche demande quelques fois des années pour comprendre ce qui a motivé les observations des témoins, et beaucoup d’OVNIs deviennent alors des objets parfaitement identifiés.

Devant le phénomène OVNI, il faut être pragmatique. Il faut se souvenir que nous, terriens, avons réussi à faire sortir du système solaire une sonde qui est partie dans l’espace intersidéral. La probabilité pour quelle se retrouve dans le ciel d’une exo-planète (une planète extra-solaire) habitée est quasi nulle. Mais ce ne sera de toute façon pas tout de suite car si elle pouvait, par exemple voguer vers l’étoile la plus proche de nous, Alpha du Centaure, elle ne mettrait pas moins de 70.000 ans pour parcourir les 4,22 années lumières qui nous séparent de notre voisine. Dans notre seule Galaxie, on trouve des étoiles sur 100.000 années lumières, et la galaxie la plus proche, le Grand Nuage de Magellan est à 160.000 années lumières et les plus lointaines à 13 milliards d’années lumières. La distance entre leurs planètes respectives est telle qu’on ne peut pas imaginer de véhicule capable de faire des voyages reliant des planètes orbitant autour d’étoiles différentes, même voisines avec des voyageurs vivants à bord. Mais rien ne s’oppose à ce que des sondes inhabitées puissent voyager pendant des milliers ou des milliards d’années entre les étoiles et finir par se trouver dans le ciel d’une planète, qu’elle soit ou non habitée. C’est la raison pour laquelle, les scientifiques n’écartent pas l’idée d’un objet volant qui vient d’une autre planète, admettant par le même coup la possibilité que cet objet ait été fabriqué par des êtres intelligents. C’est une sorte de principe de précaution qui n’est justifié que par l’absence de certitude que la vie n’existe pas ailleurs que sur la Terre. Des budgets conséquents sont d’ailleurs attribués aux écoutes des signaux électromagnétiques venant du ciel en se servant de radiotélescopes gigantesques en veille permanente. Philosophiquement, c’est une idée très belle qui montre une foi en la vie dans le cadre Universel. Il est clair que si nous obtenons la preuve que d’autres êtres très évolués ont acquis un très haut degré de savoir, cela aurait des conséquences philosophiques immenses. Mais nous n’en sommes pas là.