Solitude de l’homme face à l’Univers
Alain-Bernard Haïoun - 2014

La question sans réponse de l’origine de la vie et de l’existence d’autres planètes habitées, ainsi que l’impossibilité d’aller visiter d’autres planètes incite à croire que nous sommes seuls dans l’Univers. Nous pouvons avoir le même sentiment que si nous étions sur un continent au milieu d’un océan immense dont nous ne pouvons voir les limites.

A cette solitude physique, s’ajoute une solitude plus métaphysique dans l’ignorance du commencement de l’Univers et de l’émergence de la première cellule vivante. Il est donc naturel que devant ces mystères, l’esprit de l’homme se propulse vers sa représentation des origines qu’il va chercher dans son intuition ou dans son imagination. Dans ce domaine, la science n’est d’aucune utilité car elle ne s’intéresse qu’à ce qui est observable et reproductible en laboratoire. En effet, aucun laboratoire n’a jamais conçu ni de théorie, ni d’expérience permettant une création de matière pouvant représenter la création de l’Univers. Bien au contraire la science déclare que rien ne se crée mais que « énergie plus matière » ne peuvent que se conserver. Les bases de la science interdisent donc toute idée de création ex nihilo de l’Univers.

Cependant, la réflexion de certains hommes, portés à la recherche des origines, les a conduits à imaginer une entité supérieure, non physique qui devrait présider à l’apparition du monde et de la vie. L’existence de cette entité créatrice ne saurait être démontrable, elle échappe au domaine de la science mais prend place dans l’esprit de ceux qui admettent que la science seule ne peut tout expliquer et ouvrent des possibilités dans la métaphysique.

Dès lors, l’homme n’est plus tout à fait seul dans l’Univers puisque dans un domaine qui le dépasse, il conçoit quelque chose de supérieur à tout. Il est conforté par la conviction que certains hommes ou femmes ont eu la révélation tangible d’une entité supérieure, qui leur permet de transformer en croyance cette conviction. Au cours des âges, les différentes civilisations ont personnalisé cette entité en l’appelant Dieu.

La représentation de Dieu a différé selon les civilisations jusqu’à admettre que ce Dieu est unique mais vénéré de différentes façons en cristallisant ces croyances en religions. Par exemple, dans les trois religions monothéistes que sont la religion Juive, la religion Chrétienne et la religion Musulmane, chacune a ses propres intermédiaires entre les hommes et Dieu, ce sont leurs propres prophètes. D’autres religions comme l’Indouisme croient aussi en un Dieu suprême avec plusieurs autres représentations dans plusieurs Dieux et Déesses secondaires.

Certaines notions comme la virginité d’une femme qui a enfanté un Dieu, ou la résurrection des morts, ou l’existence de la vie éternelle de l’âme et son voyage après la mort sont communes à plusieurs religions de l’antiquité ou contemporaines. Devant les mystères de l’Univers et de la Vie, les hommes dits « religieux » acceptent donc volontiers d’autres mystères auxquels ils croient. Ces mystères les aident à donner un sens à leur vie et à rejeter l’idée que la vie, ne pouvant que conduire à la mort est absurde. Le souvenir des personnes aimées disparues leur permet de croire en la présence de leur âme qui ne peut mourir et atténue leur chagrin. L’idée que Dieu est parmi nous les conforte, ils lui parlent dans leurs prières et ils espèrent être entendus.

Les religions, dans leur pureté originelle, amènent naturellement les notions d’amour et de conscience. Malheureusement les religions sont aussi polluées lorsqu’elles s’entremêlent avec l’exercice du pouvoir politique et lorsque des hommes les déforment en venant y greffer des commandements issus de mœurs ethniques contraires à ce qui est pourtant écrit dans les premiers livres saints, considérés comme émanant de Dieu lui-même. Des contradictions apparaissent donc et conduisent à de véritables guerres de religions et au fanatisme religieux qui pardonne toutes les exactions. L’histoire est pleine d’atrocités prétextées par les religions ainsi déformées.

L’homme se sentant dans l’angoisse de la solitude face à l’Univers a pu sentir une présence transcendante, celle d’un Dieu. En son nom il a pu répandre l’amour autour de lui, mais en sa personnification politique, certains fous de Dieu ont pu aussi justifier leurs actes de sauvagerie à la suite desquels, ils ont osé implorer sa miséricorde, ou, pire, fêté leurs meurtres avec la satisfaction d'avoir obéi aux ordres de Dieu et mérité ainsi le paradis après leur mort.

Si l’homme est seul face à l’Univers, il est aussi seul face à sa conscience, encore faut-il qu’elle le lui rappelle.