Sur l'existence
Alain-Bernard Haïoun – Mars 2012


Nous, les hommes, les animaux, qui sommes doués de vie, nous ressentons notre existence par nos sens et notre intelligence. Dans le train de la vie, nous voyageons au gré du hasard mais aussi conduits par nos desseins. Tantôt nous subissons, tantôt nous choisissons les décors et le scénario. Une pièce se joue dans laquelle nous sommes à la fois spectateurs et acteurs.


Un but : la survie et le bonheur.


Notre existence est toute orientée vers la quête de la survie et celle du bonheur. Ce sont des exigences profondes héritées de la nature des choses qui justifient nos efforts et nos combats. Dans cette lutte, l'animal est sage, il se limite à l'essentiel, mais l'homme ne l'est pas toujours. Certains hommes, moins sages, veulent souvent se surpasser dans cette quête, jamais rassasiés de ce qu'ils ont, désirant toujours plus. Ils vont bien au-delà de leurs besoins élémentaires en recherchant la richesse et ne se contentent pas de goûter la part de bonheur qu'ils possèdent déjà.


Les ressources vitales.


Dans la vie sauvage, les animaux recherchent strictement les ressources dont ils ont besoin pour vivre ; ils ne savent pas thésauriser au-delà de leurs besoins, contrairement aux hommes, qui, pour certains, amassent des fortunes, de peur de manquer, ou pour satisfaire leur égo, comme si leur vie entière était assez longue pour profiter de tout leur patrimoine. Entre l'homme très riche et l'homme très pauvre le rapport entre leur richesse est de un milliard. Entre l'animal sauvage le plus défavorisé et celui qui vit dans l'opulence, il n'y a guère de différence de richesse, il n'y a même ni riches, ni pauvres dans la nature. Les animaux sont riches de leur être.


Les besoins d'énergie.


Pour vivre, il faut de l'énergie. L'animal la puise exclusivement dans sa force musculaire obtenue grâce à son alimentation. L'homme fait de même pour une toute petite partie de ses besoins mais ses besoins globaux en énergie sont tels qu'il est dans l'obligation d'utiliser des énergies non humaines. Elles proviennent de combustibles comme le bois, le charbon et le pétrole, de l'énergie de fission nucléaire à partir de la radioactivité de l'uranium, des énergies exploitant la gravité dans des chutes d'eau, des courants fluides dans l'air et la mer, de la chaleur du sous-sol pour l'énergie géothermique, du rayonnement solaire. etc... L'existence de l'homme est totalement dépendante, sauf cas très rares sur la planète, de toutes ces énergies obtenues grâce à la technologie qu'il a développée depuis qu'il a su maîtriser le feu, il y a quatre cent mille ans, sans parler de l'utilisation des animaux aussi comme fournisseurs d'énergie.


On peut ainsi observer que selon les régions du monde, le besoin en énergie par habitant peut varier, par exemple, dans un rapport de quarante entre celui d'un Bengali et celui d'un Etasunien, alors que les animaux d'une même espèce consomment à peu près la même énergie d'un individu à l'autre.


Le besoin de bonheur.


L'animal sauvage trouve son bonheur dans sa famille proche, ou au milieu de ses semblables, alors que beaucoup d'humains ne s'en contentent pas toujours et vont chercher ailleurs des aventures vers un hypothétique meilleur.


En conclusion.


Si l'on observe l'espèce humaine, sa conception de l'existence est unique sur la planète Terre, comparée à celle des autres espèces. Elle est orientée vers le "toujours plus" : plus de moyens, plus de richesse, plus de confort, mais aussi plus de santé, plus de protection, plus de consommation, et aussi plus de connaissances, plus de compréhension de l'Univers. L'espèce humaine s'est différenciée des pré-hommes il y a un million trois cent mille ans lorsque les hommes se sont mis à inventer des outils leur permettant de commencer le "toujours plus" : plus de facilités pour la chasse, la cueillette, l'habitat, l'espace de vie. Leur intelligence leur a permis d'aller toujours plus loin dans cette quête du "toujours plus". Mais voici que nous apercevons les limites de ce "toujours plus" car il n'y a tout simplement pas, sur la Terre toujours plus de ressources, mais, dans ce monde fini, plutôt toujours moins de ressources naturelles et d'espace à vivre. Il y a toujours plus de pollution due à l'homme, et toujours plus de disparition d'espèces naturelles. Par conséquent une ère nouvelle commence, celle où l'intelligence de l'homme lui permettra de comprendre que la survie et le bonheur de son espèce, l'espèce humaine, est menacée par le principe du "toujours plus" au détriment de la planète et des autres espèces. Il faudra bien commencer le "toujours moins" d'exploitation des ressources de la planète en inventant un mode d'existence en harmonie avec la nature. C'est le vrai challenge pour l'avenir immédiat auquel chacun doit participer.

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