Pour commencer, ici, même si le Père Noël devient bien présent, la tradition veut que ce sont les Rois Mages qui déposent les cadeaux dans les souliers. Les enfants doivent donc patienter jusqu’à la fin de leurs vacances pour profiter du véritable jour de fête que représente l’Epiphanie. La veille, lorsque les Rois arrivent, c’est l’occasion de grands défilés dans toutes les rues ( « cavalcades »), avec illuminations et distribution de bonbons aux enfants. Le soir venu, les enfants laissent leurs chaussures près d’une fenêtre ou sur un balcon, pour y retrouver leurs cadeaux, ou alors des morceaux de charbon s’ils n’ont pas été sages ! En fait, on trouve ces morceaux de « charbon » dans toutes les confiseries de la ville… Le matin, on mange ensemble le gâteau des Rois, identique à la galette que l’on trouve chez nous dans le sud (brioche aux fruits confits plutôt que frangipane), avec la fève.

L’Epiphanie se célèbre dans toute l’Espagne, contrairement à certaines traditions plus catalanes… et assez surprenantes !

La première permet de patienter pendant le mois de décembre. A partir de la Sainte Lucie, on installe dans la maison un Tio de Nadal, qui est une petite bûche creuse avec une visage dessiné à une de ses extrémités, et le bonnet rouge typique de la Catalogne. On s’occupe de lui pendant tout le mois de décembre, on lui donne à manger, on s’assure qu’il n’ait pas froid. Et le jour de Noël, les enfants lui tapent dessus avec un bâton, accompagnés de chansons tournant toutes autour du même thème : faire caca !

Petit exemple :

Caga tió,
Caga turró, avellanes i mató,
Si no cagues bé
Et daré un cop de bastó.
Caga tió!

A chaque chanson et après chaque coup de bâton, quelqu’un passe sa main sous la couverture du Tio pour y attraper bonbons, turrons, fruits secs, « expulsés » par le Tio et partagés entre tous. Quand on arrive à la fin, le Tio termine par un oignon ou de l’ail.

Mais il existe encore une autre tradition catalane autour de « cagar »…

Nous l’avons découverte avec surprise en nous promenant sur le marché de Noël, où il y avait chez tous les marchands de santons un petit personnage habillé de façon traditionnelle, pantalon baissé, fort occupé lui aussi à pousser… Mes collègues ont bien ri de mes questions curieuses dès le lundi matin… Ce santon appelé « caganer » a ici sa place dans toutes les crèches (enfin, dans un coin un peu isolé quand même !!). On dit que c’est un signe de fertilité, symbole de prospérité et de chance pour l’année à venir… On trouve aussi des versions plus modernes du caganer, vous comprendrez mieux la présence de cette photo sur ce blog...