Le lièvre qui pond des œufs

le 31/03/2013 à 06:00Vu 243 fois


À Pâques, en Alsace (ici en particulier à l’Écomusée d’Ungersheim), lapins et lièvres deviennent ovipares… Archives Vincent Voegtlin





C’est la grande surprise des Français de l’intérieur, quand ils franchissent les Vosges : en Alsace, les lièvres ou lapins sont ovipares ; ce sont eux qui pondent les œufs de Pâques, ce ne sont pas les cloches qui les apportent. Ce qui, au fond, n’est pas plus farfelu…

« En France, cette tradition est propre à l’Est du pays, mais on la retrouve aussi en Europe centrale, en Angleterre ou aux États-Unis » , commente Gérard Leser. Une mention existe dès 1682. Elle émane d’un certain Georg Franck von Franckenau ; cet ancien étudiant en médecine à Strasbourg précise qu’en Alsace et dans certaines régions allemandes, les œufs de Pâques sont appelés « œufs de lièvre à cause de la fable selon laquelle on apprend à des êtres humains simples et aux enfants que le lièvre pond de tels œufs et qu’il les cache dans le jardin ».

« Un animal ambivalent »

D’où vient cette « fable » ? « Nous n’avons pas d’explication claire » , répond Gérard Leser. On fait évidemment le lien entre lièvre (ou lapin) et fécondité, et donc renouveau, mais, remarque l’auteur, cet animal « est très ambivalent. Il était considéré comme impur dans l’Ancien testament et c’est une des formes que prennent les sorcières… »

Le lièvre est par ailleurs associé à une figure appelée triquètre, qui peut évoquer la sainte Trinité : c’est un dessin où trois lièvres se mélangent leurs oreilles. « Trois lièvres et trois oreilles, et pourtant chacun en a deux » , résume la formule. En Alsace, on retrouve cette figure dans au moins deux églises : l’église protestante d’Ingwiller et l’abbatiale Saints-Pierre-et-Paul de Wissembourg.

La symbolique de l’œuf est, elle, évidente : il représente la vie puisqu’il la contient. Et les œufs abondaient à Pâques puisqu’ils n’avaient pas été consommés durant le carême.

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