Mais aussi…L’âne des Rameaux



Lors d’une procession du « Palmesel » à Ammerschwihr. T. G.





Chaque dimanche des Rameaux, à Ammerschwihr, une statue en bois de la fin du XVe siècle représentant le Christ juché un âne est portée en procession dans la commune : on rejoue ainsi l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem. Cet âne est le Palmaesel ou Palmesel , l’âne des Rameaux. Mais si Jésus est glorieux, l’âne l’est moins… Il désigne le retardataire : dans les maisons, on surnommait ainsi le dernier à se lever ce dimanche-là ; à Kientzheim, le Palmesel était le vigneron qui n’avait pas encore rentré tous ses sarments ; à Sainte-Croix-en-Plaine, c’était le dernier à sortir de l’église…

La poule du Vendredi saint

Dans les campagnes, le Vendredi saint, jour de la mort du Christ sur la croix, était, encore plus que les autres, un jour où la superstition se mêlait à la religion. Ce qui pouvait advenir ce jour-là revêtait des pouvoirs quasi magiques. À Metzeral, la résine des sapins alors recueillie était censée guérir plaies et blessures. Mais l’exemple le plus significatif est celui des œufs pondus ce vendredi. « Une dame de Rouffach m’a dit avoir vu, entre les deux guerres, sa mère jeter un œuf du Vendredi saint par-dessus le toit de la maison pour la protéger de l’orage » , raconte Gérard Leser. Et quand ces œufs donnaient des poules, celles-ci étaient réputées changer de couleur chaque année ! D’où l’expression « Dü bisch wia n’a Kàrfritig Hüahn » (« Tu es comme une poule du Vendredi saint ! »), que l’on peut lancer à un politicien qui change facilement non de plumage, mais de côté de veste…

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