Qu’est-ce que tu fais là ?
À lire les yeux fermés
Feuilleteur de visages à peine écornés
Flaques de sens inconnu que tu bois
Quand tant de crivagues appellent toi
Sur la grande mer’des sarkasmes
Sous le ciel défigure l’éther nu
Là se baignent nos troncs déchaussés
Entre deux eaux d’ici et lasses
Entre nos rêves et naufrage
Ta petite île toujours devant
Dans le marais de nos tempes
Battent de grands vaisseaux fantasmes
Qu’est-ce que tu fais là ?
À pâlir les yeux fermés
Dévoreur de vierges à peine déflorées
Pages de maux dits que ta faux lit
Quand tant d’étinç’ailes inventent feu
Au-delà du jeté de mon presqu’il
De cette eau ruisselante de peau
Je harcèle tes lèvres muettes
Entre deux ténèbres de soi couturées
Faim de déroute ! toul’monde se fait descendre !
Sur la grève gisent nos coassements
Nos ombres délavées de lave et d’écume
Qu’est-ce que tu fais là ?
À délire les yeux fermés
Dérimeur des univers solifuges
Cime de nous que ton trouble faite
Quand tant de nuits ont besoin de soleil
Dans le silence saturé de rêves
Bombardé par l’eau bue de l’aurore
Faim de déroute ! mil’mondes dans ta main !
Poing ouvert pour caresser le souffle
Entre deux allers lumière de toi
Tu continues d’exister

Ailleurs, mai 2008