« Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit », entend-on souvent...

Comme si nous pouvions fermer l’œil de la Nuit...

Et d’ailleurs, qui nous dit que la Nuit n’a qu’un seul œil ?

Si nous lui fermons un œil, il lui suffit alors d’ouvrir l’autre !

Le silence noir qui bruisse, lui a mille yeux sans paupières

Il résonne sans écho des mille éclats de sa froide lumière

Alors comment peut-on fermer l’œil de la Nuit...

Nous voit-elle, la Nuit, avec son grand œil ouvert ?

Ou fixe-t-elle, elle aussi, l’insondable infini en nous ?...

Peut-être se demande-t-elle, aveuglée par notre rumeur

Comment fermer les yeux de ce mauvais rêveur !

Pourquoi ne dors-tu pas petite âme ? il est tard...

La Nuit voudrait dormir ! elle est si fatiguée la Nuit

Dans tes yeux au sommeil rebelles, la lumière du jour

Qui ne veut pas s’éteindre, abîme mon beau silence

Mais la Nuit ne dit mot, car la Nuit est muette

Dans le noir il est si facile de se tromper de chemin

Croyant clore son œil... je lui ai fermé la bouche !



griffe-pétale 2007