Dans la vie de tous les jours, les relations entre les gens dans notre société sont, en majorité, définies par des statuts des professions et des responsables qui doivent gérer l'ensemble.

Dans ce grand fourbi humain et économique, chacun doit souvent jouer des coudes pour essayer d'y trouver sa place.

Dans ces conditions, il n'est parfois pas facile de se satisfaire de ce que l'on a, de ce que l'on a fait ou entrepris sans avoir, suivant les cas, besoin de l'approbation du groupe, de ses représentants, de ses élèves ou de ses clients.

Ces regards posés par ces tiers et leurs jugements dits objectifs sont comme le résultat d'une quête personnel mais aussi, c'est vrai, une sanction, un véritable couperet permettant de statuer sur la qualité de nos propres compétences, de nos capacités personnelles mais aussi, parfois, de nos freins et de nos limites …

Ce qui était d'abord, pour nous, un désir ou une nécessité économique peut quelque fois aboutir à un réel moment de satisfaction quand "nos pères" nous reconnaissent enfin avoir un réel savoir-faire et un métier en main.

Mais, n'en déplaise à certains, cette démarche de reconnaissance est d'autant plus vrai pour ceux et celles qui cherchent en vain, depuis des années parfois, à prouver à la société mais aussi, c'est vrai, à eux-mêmes qu'il y a des choses que l'on ne peut plus faire en acceptant officiellement la réalité de nos handicaps devenus avérés ou en nommant nos maladies hier encore sans nom.

Et cela est toujours vrai aujourd'hui.
Alors que notre société individualiste a souvent besoin de se rassurer en mettant en avant, dans les médias, le savoir-faire dans les métiers manuelles, il serait bon qu'elle accepte aussi d'ouvrir les yeux sur ce besoin de reconnaissance que la majorité éprouve pour ainsi donner, si c'est possible, plus de place à ces hommes et femmes ignorés qui, eux, n'en ont pas.

...