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Alors que je dois faire table rase de mon passé et que mon futur se dessine en pointillé, je me rend bien compte que, malgré moi peut-être, je suis devenu le soutien, le guide, le berger de certains de mes proches alors que, moi-même, j'ai besoin d'être soutenu.

La vie ne m'a pas beaucoup aidé, c'est vrai, et j'ai souvent rencontré les mauvaises personnes, suivi des impasses mais pourtant c'est moi que l'on vient me voir et me demander conseil alors que je n'ai jamais vraiment su m'occuper de moi.

Il faut me comprendre, moi, je voudrais bien rencontrer un guide, ou plusieurs, quelqu'un qui pourrait m'orienter dans le noir. Une sorte d'ange gardien qui me protégerait de moi et des autres. J'en ai tant besoin mais je ne sais, sais plus, comment l'exprimer.
Exprimer ce besoin, cette demande, cet appel à l'aide aujourd'hui quand je n'ai plus beaucoup de point de repère.

Moi qui fait souvent le fier, l'imbécile mais pourtant, tel un berger, j'aime jouer le fort en thèmes, le pilier sur lequel on peut se poser et se reposer.
Parler d'avenir, c'est avant tout continuer à pouvoir être utile, c'est aimer et être aimer de nouveau comme un retour à l'enfance, à la famille et ne plus rester là, tout seul, dans mon coin.

Quelquefois, j'aimerais croire que tout cela n'est pas vrai, qu'il suffit de se passer un gant mouillé sur la figure pour effacer ses pensées, pour noyer ses cicatrices. Pouvoir enfin déposer ce fardeau, ce sac lourd, retrouver son insouciance, sa liberté … mais sans pour cela perdre de vue et oublier cette partie de soi-même, sa vie d'avant.

Parler d'avenir, c'est d'abord admettre mon passé et accepter de se voir dans le regard des autres, quelqu'un de bien et ça, c'est vrai, ça me fait sourire.
Parler d'avenir, c'est donc aussi accepter de jouer ce rôle, ce guide un peu paumé qui me va, dit on, si bien.

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