Anne Coeuillet Cahuzac Published on April 20, 2009
by Anne Coeuillet Cahuzac

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Nouvelle : Rendez-vous

Monday April 20, 2009 at 04:53PM

Sur un thème très à la mode, mais je n'ai pas pu m'empêcher ;-)



Il était si près qu’il pouvait sentir son odeur. Pas les notes fruitées de son parfum bon marché, non, l’odeur de sa peau, sa véritable odeur.

Il ferma les yeux. Il savourait ce moment, juste avant la rencontre, juste avant le contact. Il aimait cela, l’attente, l’envie, le désir.

Elle était assise à un banc. Elle lisait un roman. Elle aimait cet endroit, même s’il n’y venait personne, même s’il côtoyait un cimetière. C’est peut être d’ailleurs pour cela qu’elle appréciait tant d’être là. Elle profitait de ce moment de calme avant de retrouver la réalité de son quotidien. Elle n’aimait pas la foule et les odeurs fortes de la rue. Elle n’aimait pas beaucoup les gens en fait. Elle préférait ceux qui habitaient ses romans.

Elle n’aimait pas son travail non plus. Elle était femme de ménage dans des bureaux. Elle travaillait tard, une fois que tous les employés étaient partis. Cela ne la dérangeait pas d’être seule, c’était d’ailleurs le seul côté positif de cet emploi. Dans quelques minutes, il serait neuf heures. Elle attendrait que le soleil ait disparu pour se lever. Elle serait en retard, mais elle s’en moquait. Son livre était trop passionnant, trop excitant. Elle voulait absolument en connaître la fin ce soir.

Voilà, il était temps. Elle ne pouvait plus voir les lettres imprimées de toute façon. Elle leva la tête. Elle le vit. Il était beau, aussi beau qu’un héros de roman ! Elle lui sourit, il lui rendit son sourire. Elle n’avait pas peur, il semblait si doux, si gentil. Il venait pour la voir, il était là pour elle. Elle le savait, elle ne serait plus jamais seule.

Le lendemain matin, un téléphone sonnait dans un appartement vide. Le répondeur se mit en route :

“Allo ! Monsieur Blanc à l’appareil. On m’a dit que vous n’étiez pas venue travailler hier soir. Vous êtes virée !”

Dans un parc, une foule entourait un long ruban jaune. Une femme avait été tuée la veille. Elle était étendue à terre. Certains ne purent s’empêcher de commenter la scène :

“Mon Dieu, elle est si pâle !”
“...et si morte !”
“Elle a l’air heureuse, c’est vraiment étrange.”
“Vous avez vu ça ? Elle a deux petites traces rouges sur le cou !”


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