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Ma ville : Chicago.

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April 28, 2009

Début d'un nouveau roman

Roman contemporain, en chantier, pardonnez les erreurs qui ont pu se glisser dans le texte... Lecture pour nous les filles ! ;-)


J- 12 : Mark




Mark était tranquillement en train de se prélasser sous la douche lorsque le téléphone sonna. Même atténuées par le bruit de l’eau et les décibels de la dernière chanson à la mode qui sortaient des hauts parleurs branchés sur son ipod, les tonalités stridentes de l’appareil semblaient vouloir l’extirper de l’univers chaud et humide qu’il avait créé le temps de sa douche.
La salle de bain était envahie de vapeur brûlante. Mark aimait prendre sa douche très chaude. Il se tourna, ferma les yeux et présenta son visage au jet d’eau. Avec un peu de chance, l’importun se fatiguerait. De toute façon, le répondeur allait bientôt mettre fin à ce supplice sonore... Mais la sonnerie du téléphone persistait à venir lui tinter dans les oreilles, créant une cacophonie infernale avec la chanson. Mark soupira. Il devait avoir oublié de brancher ce satané répondeur. Il leva les yeux au ciel, coupa l’eau, sortit de la douche et s’enveloppa dans un peignoir de bain immaculé.

- Allô, Mark ? C’est Peter ! Comment vas-tu ?

- Peter ! Evidemment. Son plus vieil ami avait un sixième sens pour venir le déranger dans ses ablutions. On aurait dit qu’il le faisait exprès !

- J’aurais dû m’en douter, il n’y a que toi pour tomber si mal !
- Pardon ?
- Rien, ce n’est pas grave. Sache que je suis en train de faire une flaque sur mon parquet alors je te prierai d'être concis !
- Ah ah, mais qu’est-ce que tu faisais sous la douche à cette heure ? C’est pas possible ! Combien tu en prends par jour ? Trois, quatre ?
- Autant que nécessaire ! C’est pour me parler de mes douches que tu m’as appelé ?
Peter ne sembla pas relever le ton sarcastique et impatient de Mark. Il continua de plus belle :
- Toujours aussi dandy ! Qu’en dit ta promise ? Il va bientôt falloir partager ta salle de bain, cela risque d’être dur ! Et à ce propos d’ailleurs, ces préparatifs, ça avance ? Plus que trois semaines avant la date fatidique ! Mon vieux, tu vas te marier ! Je n’arrive pas à y croire !

Mark explosa de rire :


- Oui, à vrai dire, j’ai un peu de mal aussi ! Je ne sais pas si je suis vraiment fait pour le mariage, mais bon, si je n’essaye pas, je ne saurai jamais, n’est-ce pas ?
- Je te reconnais bien là ! Et ta future femme, toujours à planer ?
- Oui, tu ne connais pas la dernière ? Elle voudrait qu’on se marie dans une piscine ! Elle trouve que ce serait rafraîchissant !
- Effectivement ! Qu’as tu-dis ? Il faut t’offrir une serviette éponge comme cadeau de mariage ?
- Ah, t’es drôle toi quand tu veux ! Non, je lui ai dis : “pas question”, ça se fera à l’ancienne ou ça ne se fera pas ! D’ailleurs sa mère a failli tourner de l’oeil quand elle lui a fait part de son idée. La vieille est très à cheval sur les principes. Ce sera un mariage tout ce qu’il y a de plus classique et convenable, tu peux en être sûr !
- Mmmm, pas commode ta future belle-mère ! J'espère que la mariée en vaut le coup ! Mais, t’as vu l’heure ?! Il faut que je te laisse, je ne veux pas faire attendre la belle blonde avec qui j’ai rendez-vous ! Je t'appelais simplement pour confirmer l’heure pour demain soir, c’est bien à huit heures ?
Mark soupira. Certaines choses ne changeaient jamais :
- Bien sûr que non ! On avait dit sept heures ! Tu le fais exprès ou quoi ?
- Oh, pardon, pardon ! Huit heures, c’est noté !
- SEPT HEURES !!!!!
- Ah ah, je plaisantais, mon vieux, ne t’énerves pas ! Souhaites-moi bonne chance !
- Je ne te souhaite rien du tout, veinard !
- Comment ça veinard, tu ne t’es pas regardé ! Allez, salut !
- Salut Peter ! On se voit demain soir. N’oublies pas que je veux que tu rencontres Emily avant le mariage. Peter, ne soit pas en retard !
- Comment pourrais-je être en retard ?

Mark raccrocha, perplexe. Il était à peu près sûr que Peter serait en retard, il l’était systématiquement. Il soupira. Il n’arrivait toujours pas à comprendre comment il avait pu accepter de s’engager de la sorte avec Sandy. Certes, elle était belle, très belle même, vive, drôle et un peu excentrique, elle avait aussi le don de le faire fondre. Il ne pouvait rien lui refuser ! Même s’il avait connu avant elle des dizaines de femmes tout aussi charmantes et intelligentes, elle était la seule avec laquelle il s’entendait si bien.
Il se souvenait très bien de leur première rencontre, à une fête branchée donnée par un ami commun. Il avait été prévenu qu’elle serait sûrement son genre. Le premier coup d’oeil fut décisif. Elle portait une petite robe noire toute simple mais qui mettait en valeur son long corps pâle. Il avait aimé sa coiffure, ses gestes, sa voix, son parfum. Ils avaient immédiatement été à l’aise l’un avec l’autre et ne s'étaient plus quittés de la soirée. Le lendemain soir, ils s'étaient revus. Deux mois plus tard il rencontrait ses parents. Cela aussi avait été décisif. Elle ne lui avait jamais vraiment parlé de ses parents et il ne s'étaient pas douté que le père d'Emily n'était autre que Charles Finley. Sa fortune était immense et son influence dans le monde des affaires tout autant. Il savait que si elle n’avait pas été la fille de Finley, son aventure avec elle aurait peut être tourné court, comme toutes les autres. Au bout de quelques mois, il se fatiguait de la fille, si belle fut elle et s'éloignait immanquablement. Il s’éloignait d’autant plus rapidement lorsqu’il sentait la demoiselle désireuse d’officialiser leur relation. Le mariage ? Pouah ! Autant se faire prêtre ! Mais pour Emily, s’était différent. Il y avait Finley et sa compagnie.

Mark, qui végétait depuis de long mois dans cette banque, sans réelle perspective de promotion avait senti immédiatement les possibilités qui s’offraient à lui pour avancer dans sa carrière. Il lorgnait depuis longtemps la place de directeur commercial dans la Banque Finley. Cela faisait déjà cinq ans qu’il travaillait pour cette compagnie. Trois mois auparavant, il avait espéré une promotion qui lui avait été raflée sous le nez par un des vieux de la boite. Il avait passé une sale soirée ce jour-là à maudire la compagnie, le vieux croûton et Finley bien sûr qui n’avait pas su reconnaître sa valeur ! Mark sourit. Tout cela allait changer maintenant qu’il avait la fille.

Il avait donc fait sa demande. Un soir au restaurant. Elle portait une magnifique robe rouge qui lui allait à ravir. Juste avant le dessert, après l’avoir resservie en champagne, il lui avait tendu l’écrin Tiffany ouvert dans lequel brillait l’anneau d’or blanc, surmonté par un très gros et très brillant diamant. Elle en était restée sans voix un moment. Devant son manque de réaction, il lui avait pris la main et avait voulu passer la bague à son doigt. Elle l'avait retirée vivement. Un réflexe. Elle avait regardé Mark, espérant que celui-ci n'avait pas été blessé par sa réaction, mais cette bague, qui lui ressemblait si peu, l’atmosphère de ce restaurant, si guindé, tout cela ressemblait à une comédie, une mauvaise farce. Elle ne pouvait pas croire que Mark lui proposait le mariage, il ne lui en avait jamais parlé, sauf pour lui dire qu’il ne fallait pas qu’elle y compte. Cela ne l'avait pas dérangée d’ailleurs, elle ne voulait pas se marier elle non plus. Elle lui avait répondu comme elle avait pu, c'est à dire très maladroitement :
-Mark, dis-moi que ce n’est pas une bague de fiançailles ? Je croyais qu’on étaient d’accord pour ne pas évoquer le sujet ! Je ne sais pas quoi dire !
- C’est bien une bague de fiançailles, Emily... et tu n’as qu’à dire oui !
Elle avait éclaté de rire. Il savait que c'était sa façon à elle de cacher son trouble. Elle l'avait regardé droit dans les yeux, semblant y chercher une confirmation. Mark avait senti à ce moment qu’elle hésitait. Il avait compris également qu’il ne fallait pas la brusquer. Il lui avait repris la main et lui caressa doucement l’intérieur du poignet, là où la peau était si douce, si tendre. Il avait senti son pouls, rapide, témoin de son trouble. Il avait souri doucement :
- Tu n’es pas obligée de répondre ce soir. Prends la bague. Tu me donneras ta réponse un peu plus tard.
Elle lui avait sourit et proposa un toast :
- Trinquons à ta proposition inattendue, j’ai failli tomber de ma chaise !
- N'exagère pas Sandy, je vais finir par me vexer ! Trinquons à ta réponse, puisse t-elle être rapide, et positive !

Elle l’avait rappelé une semaine plus tard pour lui dire oui. Il savait qu’elle avait passé le week-end avec ses parents et il était certain que c'était à eux qu’il devait la main d'Emily. Il se demandait qu’elles étaient les raisons qui pouvaient bien pousser ainsi les parents de la jeune femme à vouloir la caser si tôt, et à tout prix. Après tout ils ne le connaissaient pas vraiment...

Mark, de retour dans sa salle de bain jeta un coup d’oeil au miroir en face de lui et sourit à son reflet. Il prenait grand soin de son corps et il admira sans réserve le résultat de ses efforts quotidiens. Il était grand, fin et musclé. Ses cheveux châtains qu’il prenait soin d'éclaircir par de nombreux shampooings à la camomille, et des visites régulières chez son coiffeur-visagiste étaient coupés de façon romantique et il aimait particulièrement les petites boucles qui encadraient son visage bronzé. Ce soir il était célibataire et comptait bien en profiter avant de se voir enchaîner par les liens du mariage. Il choisit avec soin sa tenue, se parfuma, se peigna une dernière fois pour remettre en ordre ses boucles faussement rebelles, et satisfait de lui-même, il sortit.







J-11 : Emily




Emily posa son pinceau, recula de quelques pas, pencha la tête sur le côté pour mieux juger de l’effet obtenu, ce qui eut pour effet de faire glisser sa lourde chevelure brune sur le côté. Elle fixa de ses yeux verts la toile en face d’elle, les lignes brutes et colorées qu’elle y avait apposées s'entremêlaient pour former un chaos dont seule Emily pouvait suivre la secrète organisation. Elle n'était jamais réellement satisfaite de son travail, elle pensait toujours que quelque chose manquait à ses toiles, mais elle n’avait jamais pu toucher du doigt ce manque. Elle soupira. “Je verrai bien ce qu’en dira Michelle”. Mais elle connaissait la réponse. Michelle était son agent et de ce fait était toujours émerveillée des oeuvres de sa protégée, qui d’ailleurs se vendaient très bien. Que demander de plus après tout ? Se dit Emily. Elle jeta un coup d’oeil à sa montre et ce qu’elle y lut ne lui plut pas du tout. “Bon sang, déjà cinq heures ! Je vais être en retard !”

Elle se hâta vers la salle de bain pour se débarrasser des couleurs qui bariolaient ses mains, et découvrit avec amusement que trop absorbée par son travail, elle s’en était également recouvert le visage. Elle sourit, et pensa à Mark : “s’il me voyait, il se moquerait de moi, il est tellement parfait, en toutes circonstances, je me demande comment il fait.” Elle rit : “c’est vrai que la peinture est un métier un peu plus salissant que la finance!”

Elle se débarbouilla et se changea rapidement. Un jean, un petit pull vert en cachemire, à même la peau. Elle ne prêtait jamais tellement d’attention à sa tenue, sauf occasion exceptionnelle et passait toujours un minimum de temps aux maquillages et autres pomponnages auxquels toutes les jeunes filles de son âge consacraient des heures. Elle avait la chance, sans s’en être jamais rendue compte, d'être belle, tout naturellement. Elle avait une chevelure qui se disciplinait quasiment toute seule, et une peau de bébé. Peu consciente de sa chance, elle ne comprenait pas pourquoi tant de ses amies étaient si obnubilées par leur apparence.
Elle ne voulait pas être en retard, sa mère devait déjà l’attendre, avec sa manie d'être toujours en avance. “Pffff. Vivement que ça soit terminé, se marier est nettement moins amusant que ce que j’imaginais ! Moi qui voulait un mariage tout simple, quelque chose de rapide et de sympa ! A la maison, au bord de la piscine. Mon Dieu, à la minute, où j’en ai parlé à ma mère, tout cela s’est envolé ! Si seulement ils n'étaient pas tous aussi collet-montés, ma mère la première !” Elle frémit en repensant à la robe qu’elle devrait porter ce jour-là, robe que sa mère avait choisi pour elle et qu’elle devait essayer pour la dernière fois tout à l’heure, dans la très chic boutique Chanel sur la non moins chic Michigan avenue, dans laquelle sa mère devait déjà l’attendre... Elle jeta quand même un dernier coup d’oeil au miroir, elle ne voulait pas que sa mère lui assène une de ses réflexions dont elle avait le secret.

Emily aimait Chicago, c’était sa ville, elle y avait toujours habité, et dans aucune autre ville elle n’avait ressenti ce sentiment d’appartenance. Michigan Avenue faisait exception à la règle, trop de monde, trop de boutiques, trop de stress. En entrant dans le magasin, elle remarqua l’air hautain de la vendeuse évaluant sa tenue, les baskets fatiguées, le jean, le pull. Emily vit le sourcil gauche de l’employée s’arquer de réprobation à mesure que son regard remontait vers son visage. Elle attendit avec le sourire que la jeune femme ait fini son inspection. Elle vit alors le regard de la vendeuse changer lorsque celle-ci arriva enfin à son visage et reconnaisse la fille de Monsieur Finley. La vente de la robe de mariée devait assurer une bonne partie de leur chiffre d’affaire de ce mois-ci. Le sourcil retrouva sa place, et un fin sourire apparut sur le visage de la jeune femme :

Bienvenue Mademoiselle Finley, votre mère vous attend dans le salon.
Je vous suis.

Une femme d’une quarantaine d’années attendait effectivement dans le salon privé qui permettait aux riches clientes d’essayer les robes les plus extravagantes et les plus chères à l’abri des regards indiscrets. Elle sirotait un thé en contemplant la robe de mariée pendue au mur tout près d’elle. Elle était pensive et sursauta en entendant du bruit.

La robe en elle-même n’était pas si mal, assez simple, quoique trop longue et trop droite au goût d’Emily. Même avec les talons vertigineux que lui avait prêté la vendeuse spécialement pour l’occasion, elle traînait par terre. Apparemment c’était fait exprès... Emily ne put s'empêcher de penser qu’à la fin de la journée la magnifique robe ne ressemblerait plus qu’à un tas de chiffons sales et que la somme investie n’en valait pas vraiment la peine, mais si cela leur faisait plaisir... Par contre jamais ils ne lui feraient porter cette espèce de choucroute blanche, boule énorme qui lui englobait toute la tête, et dont les froufrous lui débordaient sur les épaules, et continuait jusqu’au niveau de la ceinture. Cette chose immonde devait lui servir de voile. Elle ne pouvait pas mettre cela, elle se trouvait hautement ridicule, n’importe qui avec cela sur la tête serait ridicule. Elle refusa catégoriquement l’ornement, au grand désespoir de la vendeuse.

- Mais enfin, cela a été conçu pour aller avec cette robe, vous allez détruire toute l’harmonie de cet ensemble si vous ne portez pas cet accessoire, protesta la vendeuse.
Emily, ne fait pas de caprice, cette coiffe est parfaite avec la robe, tu la porteras ! Intervint madame Finley.
Il n’en est pas question, j’ai l’air d’une folle avec ce truc sur la tête. Je n’ai rien dit pour la robe, mais il n’est pas question de porter ça. Trouvez-moi autre chose.
Emily, tu es ridicule. Mets cette coiffe immédiatement et arrête de faire l’enfant.
Madame Finley s’était levée et regardait sa fille de son air sévère et pincé. Emily sentit son assurance fondre. Elle ne pouvait rien contre sa mère, celle-ci avait un ascendant presqu’anormal sur elle. Elle le savait, elle n’avait jamais réussi à la contrarier. Elle jeta un autre coup d’oeil à la glace pendant que l’employée lui remettait “ça” sur la tête. Elle soupira. Ce ne serait qu’un mauvais moment à passer.
-Tu es magnifique Emily ! S’exclama Marcha Finley. Vraiment je ne comprends pas que tu aies pu envisager de ne pas porter cette... coiffe ! C’est parfait ! Je pense que nous n’avons plus besoin d’essayage n’est-ce pas mademoiselle ? Ajouta t-elle en s’adressant à la vendeuse. Vous ferez livrer tout cela le plus rapidement possible à notre adresse. Marcha Finley se tourna vers sa fille : ma chérie, je dois filer, j’ai rendez-vous avec ton père pour mettre au point le menu du dîner. On se voit demain ?
Mais, ne devrais-je pas être là ?
Allons, je connais parfaitement tes goûts et ce genre de réunion est parfaitement ennuyeuse pour toi, tu le sais bien. Laisse-moi faire et ce sera parfait !
Très bien. N’oublies pas que Mark ne veut pas de poisson ! Il y est allergique.
Mais enfin, pour qui me prends-tu ? Ne t’inquiètes donc pas. Tu devrais plutôt me remercier, quelles sont les jeunes filles qui ont la chance que leur maman s’occupent ainsi d’elles ?
Encore trop sans doute, marmonna Emily.
Pardon ?
Rien, rien... Merci maman, tu es adorable.
Très bien. A tout à l’heure ma fille, je repasserai te voir pour te montrer le menu !
A ce soir maman !

La clochette de la porte du magasin tintinnabula gaiement au passage de Madame Marcha Finley, sûrement aussi soulagée qu’Emily de la voir partir.

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April 22, 2009

Earth Day, nouvelle

Nous sommes donc le 22 avril, et aujourd'hui, partout dans le monde est célébré le "jour de la Terre". Cela m'a inspiré ce petit texte, clin d'oeil à ne pas trop prendre au sérieux of course...




“Bonjour à tous ! Aujourd’hui nous sommes le 22 avril ! Comme tous les ans, nous allons fêter la Terre ! Qu’êtes-vous prêts à faire pour notre planète aujourd’hui ? Allez-vous recycler vos canettes et vos papiers, allez-vous marcher ? Allez-vous économiser l’eau ? Appelez-moi et nous parlerons ensemble de ce que nous pouvons faire pour sauver la planète !”

Sèm coupa la radio. Elle s’étira. Elle avait beaucoup de travail en retard et ne pouvait pas se permettre de perdre une minute. Elle sauta à bas de son lit et se dirigea vers la cuisine. Un café, voilà ce qu’il lui fallait ! Elle regarda ses compteurs. Ca allait encore. Elle mit la poudre, mesura l’eau (50 points). Elle alluma le poste de radio de la cuisine (10 points).

... Soyez citoyens ! Pensez aux autres, à tous ces pauvres gens qui n’ont pas de quoi manger à leur faim, qui manquent d’eau potable par ce que nous la leur polluons ! Aujourd’hui, c’est le jour de la Terre, il est encore possible de la sauver, faites un geste de solidarité ! Utilisez des ampoules à économie d'énergie !”

Sèm haussa les épaules et fit taire le commentateur en tournant le bouton. C’était autant de points gagnés. Elle détestait ces points qui s'égrenaient dès qu’elle faisait un geste, mais les ressources étaient précieuses, et ils ne pouvaient se permettre de les gaspiller. Chacun avait un capital de départ, remis à zéro chaque mois et ne pouvait en aucun cas dépenser plus de points que le nombre qui leur était attribué. Plus de points, cela voulait dire plus d'énergie, plus d’eau, plus rien. Elle faisait donc très attention à ses compteurs. Elle jeta un coup d’oeil à la fenêtre. Il faisait noir dehors. les étoiles illuminaient le ciel, c'était magnifique. Le café avait fini de couler. Elle s’en servit une tasse. Elle le but avec une grimace. Elle ne s’habituerai jamais a ce café de synthèse. Mais elle était accro à la caféine depuis beaucoup trop longtemps pour pouvoir se passer de sa dose quotidienne. Le téléphone sonna (2 points). C'était son chef. Il la voulait au labo Le plus rapidement possible. Il avait l’air excité. Sèm se força à finir sa tasse pour ne pas la vider dans l’évier. Elle alla faire sa toilette (143 points) et s’habilla.

“Vous voilà enfin ! Par ici vite ! Venez voir ça et dites-moi ce que vous en pensez !”

Celui qui avait ainsi hélé Sèm se leva de son tabouret et lui fit signe de s’asseoir à sa place. Elle jeta un coup d’oeil dans le microscope. Elle regarda son chef sans comprendre.
“Mais qu’est-ce que c’est ?”
“Allons Sèm, je vous pensais plus brillante ! C’est “la” solution au problème ! Et pour moi, un Grand Prix, c’est certain !”
Le chef se frotta les mains. Sèm se leva et se dirigea vers le sas sans dire un mot. Elle passa sous la douche de décontamination, enleva sa combinaison. Le chef, excité par sa découverte la suivit.
“Alors, n’est-ce pas fantastique ?! Je travaille dessus depuis si longtemps, et aujourd’hui c’est la concrétisation de mes rêves, je vais être célèbre, et riche. Et cela arrive aujourd’hui ! C’est un signe n’est-ce pas ?”
Sèm refréna son envie de gifler son interlocuteur et se contenta de dire :
“Nous étions sensé trouver une solution, soit, mais je ne la voyais pas si radicale. Vous rendez-vous compte qu’avec ce virus, l'espèce humaine risque d'être totalement éradiquée ?”
“Et alors ? Si la Terre est sauvée, est-ce que cela n’en vaut pas la peine ?”
“Vous êtes complètement fou ! On ne peut pas faire cela ! Jamais on ne vous laissera continuer sur cette voie !”
“Détrompez-vous Sèm, le gouvernement sait parfaitement la nature de mes travaux, il me soutient et me finance depuis le début. J’ai créé le virus, vous m’aiderez à créer le vaccin ! Une fois que la population humaine aura retrouvé un niveau acceptable, nous enverrons une équipe là-bas pour soigner les survivants, et le tour sera joué !”
Sèm était horrifiée de ce qu’elle entendait. Lorsqu’elle avait accepté ce poste dans cette station orbitale, si loin de chez elle, elle savait qu’elle participerait à des recherches afin de trouver un moyen de sauver la planète, mais ça ! Elle recula. Regarda par la fenêtre, il faisait toujours aussi noir dehors, mais elle pouvait maintenant apercevoir la Terre, si ronde, si bleue, si belle, si parfaite. Elle pensa à tous ses habitants dont on venait de signer l'arrêt de mort et frissonna. Son chef tout à son succès continua de plus belle : “Vous vous rendez-compte ? La Terre va retrouver sa virginité ! L'humanité était un cancer qui la rongeait, et je viens de découvrir le traitement !”
“Non, je ne peux vous laisser faire cela !”
“Vous n’avez pas le choix ! Relisez votre contrat ma petite ! Vous vous êtes engagée à soigner la planète par tous les moyens, et ceci est un moyen. Vous ne pourrez rien changer, travaillez plutôt à ce vaccin car pour moi, s’il ne reste pas un seul exemplaire de la race humaine sur la Terre, ce ne sera pas une grosse perte !”
“Mais de quel droit ?!”
“Sèm, il ne s’agit pas de Droit, nous avons le devoir de veiller à l'équilibre du monde connu, la Terre en fait partie. Nous leur avons laissé toutes les chances possibles de se tirer d’affaire eux-mêmes, mais ils s’enfoncent chaque jour davantage. Imaginez cela : ils ont créé “Une” journée de la Terre ! Quels imbéciles ! Ils ne méritent pas cette planète. C’est très simple, nous allons la leur enlever. Plus exactement nous allons les enlever de la planète. Nous pouvons en laisser quelques milliers d’exemplaires mais il faudra contrôler de près leur reproduction cette fois. Nous avons vus ou cela les avait menés."

Sèm soupira. Elle était contre ces solutions radicales, mais après tout, il n’avait pas tout à fait tort, et si cela pouvait La sauver... Elle jeta un dernier coup d’oeil par le hublot, et aperçut son reflet. Elle aimait particulièrement la couleur de son troisième oeil quand elle était soucieuse : un pourpre profond. Elle sourit. Se reprit. Elle avait du travail. Elle se détourna et glissa vers sa station de travail. Elle devait trouver ce vaccin. Elle voulait sauver l'espèce humaine, une espèce si imprévisible parfois, mais si intéressante à observer...

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April 20, 2009

Nouvelle : Rendez-vous

Sur un thème très à la mode, mais je n'ai pas pu m'empêcher ;-)



Il était si près qu’il pouvait sentir son odeur. Pas les notes fruitées de son parfum bon marché, non, l’odeur de sa peau, sa véritable odeur.

Il ferma les yeux. Il savourait ce moment, juste avant la rencontre, juste avant le contact. Il aimait cela, l’attente, l’envie, le désir.

Elle était assise à un banc. Elle lisait un roman. Elle aimait cet endroit, même s’il n’y venait personne, même s’il côtoyait un cimetière. C’est peut être d’ailleurs pour cela qu’elle appréciait tant d’être là. Elle profitait de ce moment de calme avant de retrouver la réalité de son quotidien. Elle n’aimait pas la foule et les odeurs fortes de la rue. Elle n’aimait pas beaucoup les gens en fait. Elle préférait ceux qui habitaient ses romans.

Elle n’aimait pas son travail non plus. Elle était femme de ménage dans des bureaux. Elle travaillait tard, une fois que tous les employés étaient partis. Cela ne la dérangeait pas d’être seule, c’était d’ailleurs le seul côté positif de cet emploi. Dans quelques minutes, il serait neuf heures. Elle attendrait que le soleil ait disparu pour se lever. Elle serait en retard, mais elle s’en moquait. Son livre était trop passionnant, trop excitant. Elle voulait absolument en connaître la fin ce soir.

Voilà, il était temps. Elle ne pouvait plus voir les lettres imprimées de toute façon. Elle leva la tête. Elle le vit. Il était beau, aussi beau qu’un héros de roman ! Elle lui sourit, il lui rendit son sourire. Elle n’avait pas peur, il semblait si doux, si gentil. Il venait pour la voir, il était là pour elle. Elle le savait, elle ne serait plus jamais seule.

Le lendemain matin, un téléphone sonnait dans un appartement vide. Le répondeur se mit en route :

“Allo ! Monsieur Blanc à l’appareil. On m’a dit que vous n’étiez pas venue travailler hier soir. Vous êtes virée !”

Dans un parc, une foule entourait un long ruban jaune. Une femme avait été tuée la veille. Elle était étendue à terre. Certains ne purent s’empêcher de commenter la scène :

“Mon Dieu, elle est si pâle !”
“...et si morte !”
“Elle a l’air heureuse, c’est vraiment étrange.”
“Vous avez vu ça ? Elle a deux petites traces rouges sur le cou !”


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April 17, 2009

Nouvelle : Rêves


-1-

“Je ne vais pas bien. Je fais des rêves, des cauchemars que je ne comprends pas. Cela t-il seulement une signification ? Je n’en sais rien. Mon Dieu, que je suis fatiguée...”

Hélène ouvrit les yeux. Cela faisait déjà plusieurs minutes qu’elle était réveillée mais elle n’avait pas encore ouvert les paupières, espérant ainsi se rendormir plus facilement.
Elle espérait que les images qui la poursuivaient et qu’elle ne comprenait pas s’estomperaient, mais elles passaient et repassaient devant ses pupilles sans qu’elle puisse les arrêter.

Hélène soupira. Elle tourna légèrement la tête pour apercevoir la silhouette réconfortante de son mari allongé à ses côtés. Sa respiration était douce et régulière, il semblait dormir.

Hélène s’appuya légèrement sur son coude afin d’apercevoir les chiffres lumineux inscrits sur le réveil posé sur la table de nuit de son mari, 4 : 35. Elle se laissa retomber sur son oreiller. Encore plus de deux heures avant de se lever. Elle devait pouvoir se rendormir. Elle se tourna sur le flanc et se blottit contre le grand corps chaud de Laurent. Elle ferma les yeux.

Elle était perdue. Encore. Elle était seule. Encore. Elle regardait autour d’elle mais il n’y avait rien. Soudain elle se trouva plongée au milieu d’une foule. Elle savait qu’elle cherchait quelqu’un. Elle ne savait pas qui. Elle avait besoin de lui et il avait disparu, caché par la foule. Etrange foule d’ailleurs. Elle se rendit compte qu’il n’y avait que des hommes. En uniforme. Des chars, des camions, des voitures tous terrains recouverts de boue. Il pleuvait. Où pouvait-elle bien être ? Soudain elle accrocha le regard d’un homme. Un regard chargé de tristesse, vide. Il ouvrit la bouche et Hélène cru un moment qu’il voulait s’adresser à elle. Mais elle était trop loin, il passa sans qu’elle n’ai rien pu entendre. Elle cria elle aussi d’attendre, de revenir, de lui parler.

“Bip, bip, bip !”

Avec un grognement, Laurent éteignit le réveil. Il se retourna et prit sa femme dans ses bras. Il aimait ce court laps de temps où il la redécouvrait à ses côtés après avoir été séparés par le sommeil, le temps d’une nuit.
Hélène aussi aimait ce moment, rien que tous les deux. Elle ne dit rien mais se pelotonna un peu plus contre son mari. Ils s’embrassèrent. Laurent remarqua immédiatement les cernes et le regard sombre de sa compagne.

“Encore mal dormi ?”
“Oui, encore ce stupide rêve.”

Laurent lui déposa un tendre baiser au creux de la nuque.

“Ne t’inquiète pas, cela va sûrement passer,”
“Oui... Sûrement...”

Hélène lui sourit et se décida à se lever. elle s’enveloppa dans sa longue robe de chambre noire dont elle apprécia le contact chaud et doux sur sa peau. Elle alla à la cuisine préparer le café et le petit déjeuner. Ses enfants n’allaient pas tarder à se réveiller. Elle aimait que tout soit prêt quand ils arrivaient pour pouvoir profiter tranquillement de son café. Tout son petit monde savait que c’était son moment à elle et qu’elle n’aimait pas être dérangée avant d’avoir fini sa tasse.

-2-



Hélène se sentait bien. Le soleil lui caressait doucement le visage. Elle était seule, allongée dans l’herbe. Au-dessus d’elle le feuillage d’un chêne dansait dans le vent et tamisait les rayons du soleil. Elle aimait cela, l’ombre, puis la lumière, la fraîcheur puis la chaleur qui se succédaient.

Un bruit sourd lui fit lever la tête. Un bruit de galop. Un homme approchait à vive allure, il menait son cheval droit vers elle. L’avait-il vue ? Hélène s’assit afin de s’en assurer. L’homme arrêta sa monture à quelques pas de la jeune femme. Il la regarda droit dans les yeux. Hélène fut stupéfaite de reconnaître l’étranger de ses rêves. Elle reconnaissait les yeux si noirs, les pommettes si hautes, le nez, trop busqué, le teint mat. La seule différence résidait dans sa coupe de cheveux. Il les avaient longs. Il allait tête nue. Autre différence, il souriait. Il ouvrit la bouche pour la saluer. Hélène bondit sur ses pieds pour le rejoindre et savoir enfin qui il était.

“Bip, bip, bip”

Hélène ouvrit les yeux à regret. L’image s’était évaporée. Encore un rêve. Mais qui pouvait bien être cet homme qui hantait ainsi son sommeil ? Elle était certaine de ne jamais l’avoir rencontré dans la réalité. Pourquoi venir ainsi perturber ses nuits ? Elle se serra contre son mari. l’embrassa tendrement. Laurent était le seul homme qu’elle avait jamais aimé, et elle était certaine qu’elle n’en aimerait jamais d’autre. Ce rêve ne voulait rien dire.

-3-


Une femme ! Une femme blonde est avec lui, elle lui sourit, elle le touche !

Hélène sentit un pincement de jalousie lui serrer le coeur. Elle regardait cette femme sourire, rire, parler avec cet homme dont elle ne savait rien. Elle savait juste que cela lui faisait mal de les voir. Ils ne semblaient pas la voir. Elle sentit, elle sut qu’elle rêvait à nouveau. Elle ne comprenait pas. qui était cette femme ? Quelles étaient ses relations avec son inconnu ? Pourquoi pouvait-elle le toucher alors qu’elle-même se sentait si frustrée ? Comment pouvait-il être avec une autre qu’elle même !

L’homme était de nouveau en uniforme, un treillis de combat en fait. Il avait de nouveau les cheveux courts, et un casque sur la tête. En fait Hélène s’aperçut qu’il ressemblait à ces soldats que l’on voyait dans les vieux films. Il tenait la femme par la taille qu’elle avait lourde. Elle portait son enfant. Hélène le sut à la façon qu’il avait de la regarder, si tendrement, et de la toucher, si doucement. Ils souriaient tous deux et semblaient heureux.

Hélène ne voulait pas en voir plus. Pourquoi ne se réveillait-elle pas ? Elle ne voulait plus savoir qui était cet homme. Elle n’avait sûrement aucun rapport avec lui, elle ne faisait pas partie de sa vie !
-4-


Hélène était dans une maison étrangère. La femme blonde de son dernier rêve était là, assise à une table de cuisine. Elle pleurait. Une petit fille, blonde elle aussi était auprès d’elle et tentait de la réconforter. La petite fille ne savait pas pourquoi sa mère pleurait, mais elle pensait que cela avait un lien avec cet étranger qui venait parfois chez elles. Elle ne l’aimait pas beaucoup, malgré les cadeaux qu’il lui avait offerts, des bonbons, du chocolat, et même une nouvelle robe. La petite fille aurait préféré que ce soit son père qui lui offre tout cela, mais il était loin, en Allemagne lui avait dit sa mère, et il ne pouvait pas encore revenir.

L’étranger était là lui. Il était debout près de la porte. Il avait l’air triste lui aussi.

“Pourquoi sont-ils si tristes ? Ils semblaient contents de se voir jusqu’à présent.” Pensa la petite fille.

L’étranger avait son casque à la main. Il esquissa un pas vers maman, il tenta de dire un mot, mais aucun son ne sortit de sa bouche, et maman ne leva même pas la tête. “Tant Mieux, comme ça il saura qu’il ne doit pas revenir”

L’étranger sortit. La petite fille sut qu’elle ne le reverrait plus. Elle n’était pas triste elle. Elle se rapprocha de sa maman et lui prit doucement la main. Maman la regarda, esquissa un sourire. Elle baissa les yeux sur son ventre, qui était devenu très gros et le caressa doucement. Puis elle caressa la joue de la petite fille. La petite fille savait qu’elles se débrouilleraient très bien sans lui. Elles attendraient papa et tout irait pour le mieux.



-5-


Un homme était étendu dans la boue, immobile et froid.

Un bébé pleurait. Il était seul dans son berceau. Il avait froid.

La femme blonde était là pourtant. Pourquoi ne faisait-elle pas un geste pour prendre l’enfant dans ses bras ? Pourquoi restait-elle là sans bouger ? Une ombre passa sur l’enfant. Il avait disparu. La femme blonde essuya rapidement les larmes qui coulaient le long de sa joue et alla rejoindre sa fille et son mari. Il avait sûrement raison. Tout allait aller bien maintenant. Tout allait rentrer dans l’ordre.

“Bip, bip, bip”

Hélène se réveilla. Elle avait la nausée. L’inconnu était mort, son bébé abandonné. Elle en avait assez de ces rêves. Où vont-ils bien me conduire ? Hélène soupira. Elle leva la tête et rencontra son reflet dans la glace en face d’elle. Elle n’avait pas bonne mine. Elle détailla sans pitié les rides autour de ses yeux, les cernes qui assombrissaient encore son regard... Elle sursauta. Il lui sembla voir l’inconnu de ses rêves. Les yeux si noirs, les pommettes si hautes. Le teint mat. Seul son nez, qu’elle avait petit et rond n’était pas identique à celui de l’inconnu. Elle n’avait jamais pensé qu’elle lui ressemblait tant. Il était temps de sortir de ces rêves. Il était temps de faire quelque chose, il était temps de savoir.

Hélène alla au salon et décrocha son téléphone. Il fallait qu’elle lui parle.

-6-


Hélène était assise dans ce même pré où elle l’avait vu sourire pour la première fois. L’étranger était là également, assis à ses côtés. Elle admirait son profil, sec, fin. Il était beau. Elle était fière de lui. Il sentit son regard sur lui et tourna la tête. Il lui sourit. Elle se blottit contre lui, sans un mot. Il resserra ses bras autour d’elle. Elle se sentait bien, en sécurité. Elle se sentait chez elle. Cet homme qui l'enlaçait, ce n’était plus un étranger, elle savait qui il était. Il était un soldat. Il était Américain. Il était Cherokee.

“Tu me ressembles tellement, c’est incroyable.”

Hélène sourit. Elle savait qu’elle rêvait, encore.Elle savait que jamais elle ne pourrait serrer cet homme dans ses bras, qu’il était mort dans la boue quelque part en Allemagne. Mais elle s’en moquait. Seul cet instant comptait. Elle savait qui elle était. Elle reconnaissait enfin son reflet, et elle n’avait plus peur de ses rêves, ils ne la dérangeaient plus.

“Ma chérie, si tu savais comme je t’aime. Je n’ai jamais pu le dire à ton père. Comme je le regrette.”

Hélène sourit et l’embrassa.

“Moi aussi je t’aime... Grand Père”.

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March 18, 2009

Elisabeth

J'ai enfin terminé mon premier roman !

Description:

Au 19ème siècle, Elisabeth est une jeune femme mariée à un armateur. Elle a une vie facile et confortable lorsque tout bascule. Elle doit fuir l'Angleterre et se retrouve embarquée sur un bateau en direction de l'Amérique ! Elisabeth va découvrir tout un nouveau monde. Elle va surtout découvrir que le pays de la liberté n'est pas l'Eden annoncé par tous, et que beaucoup y sont opprimés. Arrivera t-elle à réaliser son rêve de devenir journaliste ? Trouvera t-elle un nouvel amour ?

Vous pouvez le trouver sur Lulu.com.



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