Les histoires zérotiques de Sire Anus de Vergetrac.

1e partie: Le Grand Siècle.

1. Laissez moi m'introduire...

Je me nomme Sire Anus de Vergetrac, auteur de la célèbre tirade du nœud, du voyage dans ta lune, et de la chanson « Roxane, you don’t have to putonne your red light ». A la fin de l’envoi, je couche.

J'ai une cape, un gros nœud rouge à moustaches, un chapeau à plumes (ce sont des plumes du croupion d'un paon), une mouche à miel sur mes joues fardées, et une mouche à m… sur mes fesses roses, maquillées elles aussi.

Mais je crois que pour me présenter, je devrais commencer par parler de ma famille. Ceci est une histoire de mousquetaires. Son titre pourrait être «L'amante religieuse» ou «les pères nourriciers»


Il était une fois une nonne, très jeune et très belle. Elle s'appelait sœur Anne (parce que, comme vous le verrez plus tard, elle ne voyait jamais rien venir…) Orpheline, elle avait passé l'intégralité de ses 18 ans au couvent, obéissant au doigt et à la baguette (au sens littéral) à la mère supérieure (personne ne connaissait son nom, aussi tout le monde l'appelait l'abbesse ta mère). Elle ignorait donc tout du monde…

Or, un jour, l'abbé du monastère voisin, qui s'appelait L'abbé Tumaine, vint rendre visite au couvent. Pour dresser le portrait de cet abbé, il suffit de dire que les moines l'appelaient « le père vert »… Bref, l'abbé Tumaine se rendit aussitôt compte de la beauté de la jeune nonne, et sous prétexte de la confesser, la con-fessa (c'est un jeu de mot facile, mais je ne peux m'y résister).

Fort de ce viol, la jeune fille tomba enceinte, et l'abbesse ta mère la renvoya aussitôt du couvent. Pauvre sœur Anne ! Elle n'avait vraiment personne au monde… Et méconnaissait tout de la vie. Or, voilà qu'un étroit mousquetaire (d'origine portugaise : c'était Portos) la vit sur le parvis d'une église de la ville pleurer à chaudes larmes. Il la prit sous son giron (il n'y a pas de jeu de mots, là) et l'amena jusqu'à sa garçonnière, qu'il partageait avec ses trois autres amis (la devise de ces mousquetaires était « une partouse et douces putains » ). Là, il lui donna à manger, et l'invita à séjourner dans la maisonnée, tout le temps qu'elle voudrait.

Or, juste après manger, le mousquetaire voulut tirer un coup de mousqueton poilu… Mais soeur Anne, outrée, refusa. Elle continuait de suivre les préceptes inculqués par l'abbesse ta mère, qui tous les jours au couvent répétait à ses ouailles : « Délivrez-nous du mâle ".

Alors le mousquetaire, le soir, échafauda avec ses trois amis un stratagème pour pouvoir baiser la jeune fille… Le plus affûté des trois mousquetaires entra alors dans la chambre de sœur Anne, et lui dit, d'une voix doucereuse :

« Chère demoiselle, nous sommes extrêmement préoccupés par la santé de votre fétus… Nous voudrions savoir comment vous compter alimenter votre rejeton.

- C- Comment ? répondit la jeune fille. Mais je crois que les nourrissons boivent le lait des tétons, n'est-ce pas ainsi ?

- B- Bien sûr, continua le mousquetaire. Mais cela, c'est après que l'enfant naisse. Moi, je vous parle de maintenant, alors qu'il est encore dans votre ventre… Comment pensez-vous l'alimenter ?

- M- Mais… -la jeunette prit une mine effarée- je ne savais pas… Que mangent-ils donc, monsieur ?

- D-Du lait.

- D-Du lait, mais comment ? Je n'ai pas encore de lait dans mes mamelles.

Le mousquetaire dit alors sur un ton narquois :

« Les nourrissons, une fois dehors, s'alimentent du lait maternel, cela est tout à fait vrai. Mais quand ils sont encore dans le ventre de leurs mères, il leur faut du lait d'homme… Réfléchissez, madame. Comment votre petit a commencé à grandir dans votre ventre? Grâce au lait de l'abbé, pardi ! Et maintenant, ce pauvre enfant a besoin d'une nouvelle ration. De toute urgence. C'est une question de vie ou de mort.

-Mais comment puis-je leur donner du lait d'homme ? .

-Mais par tous les trous que la Nature vous a offerts, madame. L'important est que le lait d'homme atteigne l'embryon dans votre ventre, vous comprenez. Tenez, je vais vous montrer ».

Voilà, le tour était joué. Dorénavant, les trois mousquetaires alimentaient le fétus de sœur Anne, à tour de rôle, à la queue leu leu, parfois tous ensemble. Petit déjeuner, repas de midi avec entrée, plat de résistance, dessert et pousse-café, goûter, dîner, souper… Le petit était bien alimenté de bon lait onctueux au moins cinq fois par jour. Et la jeune mère, au début un rien rebutée par cette pratique, finit par prendre beaucoup de plaisir à nourrir son enfant : c'était l'amour maternel, pensait-elle, qui la faisait autant jouir.

L'enfant naquit finalement, et il pesait bien 6 livres (des livres épais comme « guerre et pets » ou les oeuvres complètes du divin marquis, pas comme des romans de Houellebecq), ce qui était tout à fait extraordinaire.

Or, quelques mois plus tard, Anne, en parlant un beau jour à une nourrice, comprit enfin la supercherie. Elle se rendit, furieuse, jusque chez les mousquetaires, mais ceux-ci lui répondirent :

« Anne, chère et douce Anne. Vous oubliez peut-être que nous vous avons logé, nourri, blanchi, choyé et baisé tendrement pendant ces longs mois. De ne pas nous avoir connu, vous eûtes fini comme putain, la chose est évidente. Vous auriez goûté, à coup sûr, de quelque queue vérolée, et votre enfant serait aujourd'hui infirme ou idiot. De grâce, madame… Devenez notre amante, et faites nous d'autres enfants ».

Devant de tels arguments, la jeune fille accepta l'invitation.

Vous pourrez, chers lecteurs, vous demander d'où je tiens cette histoire abracadabrante… Peut être pensez-vous que c'est une histoire signée Alexandre Dumas (pas le père, ni le fils, ni le Saint Esprit… mais le petit-fils illégitime), mais ce n'est pas le cas. Je vous fais donc un aveu : l’enfant dont il est question dans cette histoire, c'est moi. Oui, je suis le fils d'un des quatre mousquetaires, mais je ne sais pas vraiment duquel.