L’ADAGE DE PAPA
(à la manière de.... Brassens)


1. Je vivais insouciant dans mon petit village
Quand un jour mon papa me dit « Il est grand temps
D’en choisir une et la déclarer en mariage
Comme autrefois moi-même l’avais fait pour Maman

Et retiens bien fiston la phrase à dire aux filles »
Je la savais par coeur en quittant le village
Mais à la fille de joie qui m’aborda en ville
A la putain papa j’ai redit cet adage :

« Serez-vous dame bien gentille
Bonne mère, fidèle amante
Qui offrira à ma famille
Des descendants des descendantes ?

Mais avant ça, m’a dit papa
Avant qu’on ne s’aggrippe
Vérifions qu’on est bien faits du bois
Dont on taille les bonnes .... »

2. Elle répondit « Oui da » à ma grande surprise
M’amena aussitôt à l’hôtel du faubourg
Mais pour notre mariage il y avait méprise
Car ça coûtait cent sous, elle monnayait l’amour

Fort de cette expérience, je connus une donzelle
Plus ingénue que moi, je me dis qu’une fillette
De la bonne société et certainement pucelle
Vaut bien de lui tenir ces propos bien honnêtes

« Serez vous... »

3. Du bon bois la petite avait déjà la sève
Elle fuga de chez elle pour partir avec moi
A quinze ans la jeunette était très bonne élève
Mais hélas ses parents n’approuvèrent pas mon choix

Je me dis que ma foi, après ces aventures
Que j’étais bien naïf, j’avais tant à apprendre
Qu’il conviendrait papa, d’épouser une femme mûre
Et quand je l’eus trouvée, lui dis sans plus attendre :

« Serez-vous... »

4. Sacré nom, quelle ardeur avait cette vielle dame
Après longue abstinence et vingt ans de veuvage
Mais je n’eus pas le temps d’épouser cette femme
Qu’elle mourût car le coeur c’est fragile à cet âge

Papa, depuis, je te le jure
Je suis resté célibataire
Malgré de menues aventures
Je bourre ma pipe en solitaire

Et voilà donc pourquoi
Je ne respecte pas
L’adage de papa
L’adage de papa (bis)