LE BON VOULOIR

Depuis que je suis vieux / Je ne dis plus « je t’aime »
çMais je dis « je te veux » / Comme disent les espagnols
Je te dis « te quiero » / Comprends-tu les paroles
D’un mort-la-faim, d’un gueux / D’un enfant de bohème

1. L’amour est bien amer / Je te veux je préfère
Et je veux te prouver / Ma bonne volonté
Mais aimer c’est douter / Aimer ça ne vaut guère
Car je ne veux que toi / Et je peux tout aimer

C’est sans doute un peu court / pour un aveu d’amour
Mais laisse-moi te dire / Jusqu’où va le désir
Non, ça n’est pas la foi / Qui soulève les montagnes
Ni l’amour, moi je crois / Qu’c’est quand on veut qu’on gagne

Travailleur acharné / Je creuserai ce tunnel
Pour franchir ce sommet / Et t’atteindre, ma belle
Aimer c’est juste un songe / Pour consumer sa flemme
Aimer c’est un mensonge / Bon pour faire un poème

Car c’est bien inutile / D’offrir son cœur aux flammes
Car aimer c’est facile / Ce n’est qu’un constat de l’âme
Une marque indélébile / Tu m’aimes et c’est signé
Surtout ne rien changer / Pour éviter les drames


Depuis que je suis vieux (etc)


2. Je te fais cet aveu / Je te veux mais jamais
Je ne dirai « je t’ai » / Car t’avoir c’est bien peu
Je veux vouloir toujours/ Le désir va croissant
C’est plus fort que l’amour / Que de vouloir défier le temps

Je ne dis pas « je t’ai » / Car si je t’ai qu’aurai-je
Encore à désirer ? / Se marier, puis mourir ?
Si je t’ai que voudrai-je ? / Une plus longue laisse ?
Un chapelet de maîtresse / Pour nouer mon désir ?

C’est à l’envers qu’on dit / « Je tiens à ma liberté »
Quand vient le compromis / On se laisse enchaîner
Moi, je ne suis pas libre / J’entends le devenir
Entends l’envie qui vibre / Qui ne peut s’évanouir

Je désire tant ton corps / J’en veux jusqu’à la mort
Tous deux nous serons forts / Ô ma libre compagne
Je te dis « Te quiero » / Car tu sais qu’en Espagne
Au pays de Cocagne / On bâtit des châteaux…

Depuis que je suis vieux (etc)