Les tempêtes marines, la Bretagne, elle connaît,

> L'étrave de son nez plongé dans l'océan.

> Depuis des millénaires, elle subit les assauts

> Des vents tempétueux qui l'assaillent et la rongent.

> Du haut de ses falaises balayées de rafales,

> Elle affronte en silence les hurlements des flots,

> Et offre, imperturbable, à la houle déchaînée,

> Ses remparts de granit aux murailles crénelées.

> Elle a, depuis longtemps, caché au fond des criques

> Ses bateaux, ses marins et ses bistrots de port;

> Dans les plis du rivage, ce sont des toits d'ardoises

> Qui abritent la vie, l'âtre des cheminées.

> Elle sait qu'il faut attendre des jours et puis des nuits

> Pour que cessent les vagues et les vents et les pluies.

> Elle sait que cette rage qui bave son écume

> S'éteindra bien un jour, se noiera dans la brume.

> Elle sait que l'accalmie tant attendue viendra,

> Et qu'au petit matin, étonnée et ravie,

> La plage retrouvera le sable des vacances

> Caressé d'un soleil de souvenirs enfouis."

> De Edouart Jouan