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Voici ma version revisitée de l'histoire de Blanche Neige.
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La triste fin d’un innocent petit objet rare
Doucement balancée par les flots réguliers,
Elle s’endort bien au chaud dans son cocon solide,
S’enlisant dans son lit mou, visqueux et liquide,
Lit maternel vivant où elle est protégée.
Elle a peur du destin auquel elle est promise
Elle ne veut pas quitter sa maison océane,
Volée par les mains sales d’un étranger profane,
Pour finir dénudée, devenant toute grise.
Elle a continué à se faire bercer,
Mais seulement le temps de quatorze marées.
Car un jour une main a brisé sa coquille.
Aujourd’hui elle pleure, plus jamais elle ne brille,
Mutilée, elle souffre et se sent humiliée,
Desséchée elle pend sur le fil d’un collier.
Spéciale dédicace à Tequila.
Légèreté, douceur et coquinerie, un poème qui te va bien... ;-)
Parce qu'un des mes profs de français ressortait une enième fois la Fameuse Phrase "Pour qui sont ses serpents qui sifflent sur nos têtes" pour illustrer le terme alitération.
Je me suis dit "vais t'en faire, moi, des alitérations..."
Sacrifice
Le bleu ciel innocent s’embrume
Les cris ont fait fuir le soleil
Les bougies et cierges s’allument
Appelant au nouvel éveil.
Des cordes vocales se tressent
Des chants mélodieux et sombres
Autours du grand autel se dressent
Les longues et cruelles ombres.
Dansent alors tous les dévots,
Entourant le lit enflammé.
Crient d’incompréhensibles mots,
Vêtus de noirs, esprits damnés.
Son corps gît, impudique, nu,
Aux yeux des démens enragés.
Il dort sur l’autel, étendu,
Tout prêt d’un poignard aiguisé.
Soudain les voix et les corps cessent
Sauf celle des ombres qui montent
Cri invoquant Dieux et Déesses,
Dont l’écho se perd dans leur fonte.
Puis la nuit noire leur répond,
Zeus signe alors de son Eclair
La juste préméditation
Sous le vrai nom de Lucifer.
Règne ensuite un silence noir.
L’un d’eux prend la lame luisante
Sanctifie mais dans des mots rares
Et brandit l’arme, menaçante.
Le triste corps de la fleur nue
Qui, blanc encor de pureté
N’est plus qu’une forme étendue
De drogue douce enveloppé.
Ses yeux sont clos, elle ne voit pas
Penchés sur elle tous ces masques,
Sa mort venir au bout des bras
D’un d’eux, pris de folie fantasque.
Alors l’arme, sèche, s’abat,
Tandis qu’un dernier cri s’élève,
Du sang coule au bout de ses doigts,
Sa vie de vierge qui s’achève.
Rêves
Ils dorment, enfermés, dans le livre poussiéreux,
Les lutins, les dragons, les djinns et magiciens,
Un monde imaginaire et pourtant dangereux
Quand l’enfant innocent vient y poser ses mains.
Noircies, les pages volent, semblant émerveiller
Les petits yeux gourmands de formules magiques,
D’épopées lointaines et de bals costumés,
Où les mots deviennent un passeport ludique.
Alors que dans le jeu l’enfant est enlisé,
Il voit soudain son nom se glisser dans les pages
Et commence à sentir des yeux sur lui fixés,
Ceux dont l’image floue dessine les visages.
Il est au milieu d’eux, traversant son histoire,
Cherchant à retrouver le chemin de sa chambre,
Perdu au beau milieu des lourdes lettres noires,
Confuse identité : le héros lui ressemble.
Il pourrait bien être celui qui vit ici,
Dans ces pages qui sur lui ont si grande emprise,
Mais seul et triste comprend que ce n’est pas lui,
Quand ses mains ont fermé la couverture grise.
Seconde dédicace à Tequila.
Tu veux du noir, je pense que c'est un des plus noirs que j'ai écris. En tout cas c'est le sentiment que j'ai. C'est celui qui m'a fait le plus trembler les tripes quand je l'ai écris...
Le Ballet
La chambre du désir se remplie de moiteur,
Les caresses abusées sont douces et prometteuses.
Se mélangent, affolés, les battements de cœurs,
Se cambrent sous ses mains les reins de la danseuse.
Le jeu commence alors, s’avancent les acteurs.
Pouvoir et soumission, l’imagination danse,
Elle devient la victime et lui le séducteur,
Le lit est transformé en scène de la transe.
Il sait qu’elle aime jouer alors ses dents se plantent,
Le vampire apparaît, elle jouit sous son emprise,
Il suce son sang chaud, sensation enivrante.
Elle hurle de plaisir quand il la vampirise,
Violemment elle se cambre et ses yeux se font flous,
Mais elle retombe, inerte : du sang souille son cou.
Sur le pont...
Je l’ai trouvée sur le pont, elle allait sauter,
Un boulet à ses pieds, un bandeau sur le nez,
Ses lèvres murmuraient de courts mots silencieux
Elle semblait dire quelques sinistres adieux.
Je me suis approché et mis à côté d’elle
J’ai vu ses mains trembler, ses doigts étaient tout frêles,
Lui effleurant le bras, l’ai faite sursauter
Et je l’ai rattrapée : elle a faillit tomber
« Avec ce boulet, tu ne peux pas remonter.
- Mais c’est bien pour cela que je veux me jeter.
- Pourquoi les yeux bandés ? Regarde au moins ta mort !
- J’ai le vertige et peur de ce vide décor.
- Ce décor n’est pas vide, il est plein de couleur !
- Couleurs ténébreuses qui écrasent mon cœur.
- Ton cœur n’est écrasé que par tes propres ombres.
- Le soleil n’est plus là, c’est pour ça qu’il fait sombre.
- Il est juste caché par tes nuages noirs.
- Il n’y a pas de nuages, il n’y a plus d’espoir.
- L’espoir ne compte pas, il faut saisir la vie !
- Elle glisse entre mes doigts, et moi je glisse aussi.
- Ma main solide est là, elle peut te retenir.
- Je n’ai plus aucun rêve alors je veux partir.
- La vie est sèche, mais moins froide que cette eau !
- Je suis déjà gelée, je cherche le repos ».
Elle s’est tournée vers moi, m’a donné son bandeau
Et d’un geste léger, s’est jetée dans les flots.
Punition
Ses beaux yeux me regardent, d’un air apeuré.
J’y vois froide terreur mais si douce tristesse,
Alors qu’elle se tortille, pieds et mains liés,
Mes lèvres lui offrent un doux geste de tendresse :
Ce baiser rouge sang de la griffe donnée
Me laisse dans la bouche un goût chaud et salé.
Un court instant alors je songe à pardonner.
Mais l’œil de Trompeuse efface vite l’idée.
Comment, même poussée par la vive passion,
Elle avait pu tenter de défier ma confiance ?
Le regret prend la place de la tentation,
A présent qu’elle est là, subissant ma démence.
Son ultime regard est pour moi, la prière,
Alors que mes mains entourent son doux cou frêle,
Je l’aime mais elles serrent, avec persistance.
La mort sera ainsi sa seule pénitence.
Parce qu'hier il a plu, aujourd'hui aussi et demain très certainement...
Petit texte écrit à deux. Première partie de Nicolas Fabre, deuxième de moi. Voilà ce qui se passe quand on inflige des cours d'algorythmique à des gens qui n'y comprennent pas une bille...
Ma poupée
Ses yeux sont d’un velours bleuté
Sa peau de pêche est satinée,
Ses noirs cheveux longs et bouclés,
Ses lèvres prêtes à embrasser.
Mais son regard fixe le vide,
Sa main figée à tout jamais,
Ses cheveux d’un parfum acide,
Ses lèvres froides et scellées.
Sans moi sa vie n’existe pas.
C’est avec ma voix qu’elle parle
Obéit à ma main, mes doigts.
Enfant, je rêvais qu’une fée
Magique, vienne délivrer
L’affreux destin de ma poupée.