Rêves

Ils dorment, enfermés, dans le livre poussiéreux,

Les lutins, les dragons, les djinns et magiciens,

Un monde imaginaire et pourtant dangereux

Quand l’enfant innocent vient y poser ses mains.

Noircies, les pages volent, semblant émerveiller

Les petits yeux gourmands de formules magiques,

D’épopées lointaines et de bals costumés,

Où les mots deviennent un passeport ludique.

Alors que dans le jeu l’enfant est enlisé,

Il voit soudain son nom se glisser dans les pages

Et commence à sentir des yeux sur lui fixés,

Ceux dont l’image floue dessine les visages.

Il est au milieu d’eux, traversant son histoire,

Cherchant à retrouver le chemin de sa chambre,

Perdu au beau milieu des lourdes lettres noires,

Confuse identité : le héros lui ressemble.

Il pourrait bien être celui qui vit ici,

Dans ces pages qui sur lui ont si grande emprise,

Mais seul et triste comprend que ce n’est pas lui,

Quand ses mains ont fermé la couverture grise.