Sacrifice


Le bleu ciel innocent s’embrume

Les cris ont fait fuir le soleil

Les bougies et cierges s’allument

Appelant au nouvel éveil.

Des cordes vocales se tressent

Des chants mélodieux et sombres

Autours du grand autel se dressent

Les longues et cruelles ombres.

Dansent alors tous les dévots,

Entourant le lit enflammé.

Crient d’incompréhensibles mots,

Vêtus de noirs, esprits damnés.

Son corps gît, impudique, nu,

Aux yeux des démens enragés.

Il dort sur l’autel, étendu,

Tout prêt d’un poignard aiguisé.

Soudain les voix et les corps cessent

Sauf celle des ombres qui montent

Cri invoquant Dieux et Déesses,

Dont l’écho se perd dans leur fonte.

Puis la nuit noire leur répond,

Zeus signe alors de son Eclair

La juste préméditation

Sous le vrai nom de Lucifer.

Règne ensuite un silence noir.

L’un d’eux prend la lame luisante

Sanctifie mais dans des mots rares

Et brandit l’arme, menaçante.
Le triste corps de la fleur nue

Qui, blanc encor de pureté

N’est plus qu’une forme étendue

De drogue douce enveloppé.

Ses yeux sont clos, elle ne voit pas

Penchés sur elle tous ces masques,

Sa mort venir au bout des bras

D’un d’eux, pris de folie fantasque.

Alors l’arme, sèche, s’abat,

Tandis qu’un dernier cri s’élève,

Du sang coule au bout de ses doigts,

Sa vie de vierge qui s’achève.