La triste fin d’un innocent petit objet rare

Doucement balancée par les flots réguliers,

Elle s’endort bien au chaud dans son cocon solide,

S’enlisant dans son lit mou, visqueux et liquide,

Lit maternel vivant où elle est protégée.

Elle a peur du destin auquel elle est promise

Elle ne veut pas quitter sa maison océane,

Volée par les mains sales d’un étranger profane,

Pour finir dénudée, devenant toute grise.

Elle a continué à se faire bercer,

Mais seulement le temps de quatorze marées.

Car un jour une main a brisé sa coquille.

Aujourd’hui elle pleure, plus jamais elle ne brille,

Mutilée, elle souffre et se sent humiliée,

Desséchée elle pend sur le fil d’un collier.