L'espace, l'influx, l'espoir et le désert,
Le désert inventé minéralise
Dans tes mains texturées
Du désir inventé (ou inverti)transcendé
Et tu veux te pendre à la branche
Que tu as sciée à pleines dents,
Tu restes le clown triste, magnifique,
Seul spectateur d'un désarroi "autophage"
Où tes chaussures de plongeur
Te font jouer des claquettes
Dans les sables mouvants de ton esprit:
Spectacle narcissique où tu perds
Le masque du drame conceptualisé
Et tu redeviens l'enfant gâté d'avoir une vie,
Mais tu ne veux en rien te savoir en vie.
La caresse d'un regard
Ne change en rien la profondeur de l'âme
Que tu aiguises à chaque instant
Pour te faire mal mais tu es seul,
Vraiment seul face à toi-même
Et tu refuses à la raison
Le droit d'exister;
Tu te veux non conforme
Mais tu es difforme
Dans cet habit de clown
Où tu te sens dérisoire
Face à la mort inéluctable
D'un regard bleu intense
Dans l ardeur et la dignité
D'une survie mesurée
Où tu te veux l'arpenteur impatient
D'un instant que son cœur n'a pas choisi.
Le clown impatient range
Ses chaussures de plongée
Et s'abreuve de son sable mouvant
Et toi tu devenais la comète infatigable
Du bonheur à s'inventer
Les pieds dans la mer,
La tête dans l'astral
Et le temps perdait à jamais le sens de sa durée. Jean Philippe DESSAINT