Aujourd'hui c'est dimanche, et nous allons assister au passage du Tour de France dans nos montagnes. Quelle expédition!! Le rôti est cuit depuis hier, les tomates sont lavées et rangées dans un plat, le fromage attend dans sa boîte. Tout le monde est levé à 5 heures du matin, volontiers de bonne humeur. La journée promet d'être belle. Et c'est le départ dans le" tube "Citroën de mon père. Tout le monde n'avait pas de voiture et nous prenons au passage le grand-père, les cousins, et nous nous retrouvons à 12 ou 15 dans le camion. Chacun s'asseoit comme il peut, les enfants par terre sur des coussins, les adultes sur les bancs. Le grand-père a pris sa chaise basse en paille et il faut la caler dans un recoin, pour qu'il ne tombe pas au premier virage. Pour le pique-nique, la cousine Jeanne a fait suivre sa vaisselle en porcelaine dans une caisse en bois et tout le long du trajet nous entendrons le cliquetis des assiettes. Les conversations vont bon train, les hommes discutent des chances d'arrivée de tel ou tel coureur, les enfants chantonnent ou jouent aux devinettes. Le camion, bon prince, transporte tranquillement tout son petit monde vers le col d'Aspin. Le ciel a pris sa belle couleur bleue et le soleil joue encore à cache-cache avec les montagnes. Un petit arrêt en cours de route pour se dégourdir les jambes, et gouter à la tourte de la grand-mère qui n'a pas voulu venir. Le cousin Guy en profite pour essayer de pécher une truite à la main dans le petit ruisseau sous nos yeux ébahis. Tout le monde remonte dans le camion pour finir l'ascencion du col.
Enfin nous arrivons et nous nous installons aux premières loges. Nous faisons connaissance avec les voisins et chacun partage, le café , un gâteau, le saucisson, le jambon ou l'omelette.
Nous sommes impatients de voir défiler la caravane du tour et ses trésors: quelques bonbons, une casquette ou une simple visière en carton à l'enseigne de la "Nouvelle République" ou la "Dépêche".
Ensuite les coureurs passent relativement vite même après l'ascension du col sous les cris d'encouragement et les applaudissements. Oh! un coureur en grande difficulté à quelques mètres. Le cousin Paul lui donne de l'eau et un petit coup de "poussette" pour l'aider à arriver en haut du col, mais il se fait réprimander par un contrôleur. Il ne faut surtout pas aider les sportifs qui peuvent être disqualifiés.
Enfin, la fête est terminée et nous rentrons tout doucement vers notre village, ivres de bon air , de soleil et de bruits, tout heureux d'avoir partagé cette belle journée de convivialité et d'amitié.