Une soirée d'hiver bien noire et froide et nous sommes tous réunis autour de la table, près de la cuisinière en fonte mauve. Exceptionnellement, mon père décide de nous concocter un vin chaud. Il avait rapporté une recette de là-bas, quelque part dans l'Est, de Colmar ou d'Allemagne, où il a subi la déportation lors de cette guerre toute proche.
Dans une casserole, il mélange vin blanc et rouge et les fait chauffer doucement. Les arômes se répandent déjà dans la pièce. Il rajoute du jus de citron, du sucre, de la badiane, des clous de giroffle, peut-être de la cannelle. Les vapeurs à la fois acides et sucrés coupent un peu la respiration. Quand tout le mélange est bien chaud, il rajoute un peu de rhum et fait flamber. C'est toujours une émotion de voir la flamme aux reflets bleus au-dessus de la casserole.
Vient alors le moment de la distribution du liquide mordoré dans nos verres DURALEX.
Avant de boire ce breuvage magique nous réchauffons nos mains autour du verre en respirant à plein nez les efluves épicées et alcoolisées.
Un trop rare moment intense de partage, de convivialité, peut-être un petit coin de bonheur.