J’éprouve un sentiment étrange en déménageant de Bordeaux. Je n’y ai passé que quelques semaines, et maintenant rien n’est plus pareil. J’ai le sentiment d’avoir échoué à quelque chose. Peut être ai-je loupé ma chance !

Savoir démêler le vrai du faux. Que c’est-il réellement passé ? N’ai-je pas joué tout seul, dans ma tête ? Il y a pourtant tant de choses qui me poussent à croire le contraire. Savoir démêler le vrai du faux … Je m’en retourne, je ne sais plus quel regard porter sur le monde, un regard fait de mes illusions certainement. Je suis comme une balance qui ne trouve pas son point d’équilibre, oscillant de gauche à droite, sans cesse. Je sens que rien ne sera plus jamais pareil. Je ne saurai plus comment regarder les gens, comment regarder tout court. Ce qui me fait le plus de mal, c’est de ne pas pouvoir mettre un nom sur ce qui semble s’être passé, combien de temps ce que je ne peux nommer à duré. J’en parle au passé, je sais que ce n’est pourtant qu’un début. Le début de quoi ? de la vie ? Celle que j’ai choisi ? Celle du gars qui marche la tête baissée et qui pourtant aspire à autre chose.

Je n’ai qu’un pas à franchir pour que mes yeux pleurent, celui de ne pas me retenir.

Pourquoi est-ce que je n’ai pas envie de partir ? Tout semble me pousser à le faire. C’est mon manque de jugeote ? Où que je me trouve , je suis toujours triste. Froussard, inconscient, aveugle, sans cervelle.

Chacun choisi le scénario de sa vie. Le film qu’il veut faire de sa vie. J’ai choisi d’être le voleur qui vole sa vie, j’ai choisi de me taire, d’être muet, sans vie, sans certitude, j’ai choisi de ne pas savoir, j’ai choisi de vivre la peur au ventre, j’ai choisi d’être malheureux, d’être con, de ne pas me voir, de cacher ma vérité derrière ma connerie. De me mettre à quatre pattes, me faire enculer, marcher dessus, piétiner, sans cesse. Je vous dis ça, et n’y crois même pas. Le pire c’est que je me moque plus ou moins de ce que l’on peut dire de moi. La honte ne me tuera pas, c’est elle qui m’a élevée, c’est à ses côté que j’ai grandi, lui donnant la main , prêtant l’autre à la peur, en gardant la tête haute, faisant ainsi acte de mauvaise foi.