Mes doigts tremblent lorsque j’approche de ma bouche ce malheureux pétard.

       Je reviens d’un entretien, qui c’est déroulé devant un café noir, dans la cafétéria de Sud-Ouest. Je me revois, bafouillant et ne disant pas un mot. Les yeux ouverts, les oreilles aussi, écoutant, ne croyant même pas à ce que je vivais, au fait de devoir se vendre, tout en disant le vérité. Je n’ai pas su me vendre, moi qui savait si bien le faire. Une merde devant un café, voilà à quoi je ressemblait.

Leitmotiv : écrire, pour oublier, écrire des conneries, ce qui passe par la tête, sans but ni pourquoi, à tord et à travers, de long en large, sans réfléchir, pour le plaisir d’une torture à l’aspect du commun, de tout les jours, mais en plus grave. Jouer sa vie, risquer sa peau, s’enfoncer, se replier sur soi-même. Repli face à l’autre, un œuf dans son lit, une boule de nerf qui oublie de s’énerver. Et tout garder, se remplir de merde, jusqu’au jour où je la vomirai. Inversement des choses. Cracher sa merde, par la bouche. Puer de la gueule, ne plus se laver. S’autodétruire, parce que pourquoi ? Impression de vide et de trop plein. Voir en chaque chose l’image de sa bêtise, de sa profonde connerie, qui fait mal au bide, déchirant les entrailles, vous empêchant de chier. Mal au ventre, au dos, passer des nuits à se retourner, à se voiler le corps et la face. Mes vêtements sont les dernières empreintes qui ne me confondent pas avec l’animal. Mettez-moi à poil dans la rue, et je marcherais à quatre pattes, et je flairerais le sol, attendant vos coups de pied, bien placés dans les côtes. Se voir comme ça, quel dépense ! Peut être est-ce ça , l’objectivité.

Je ne peux plus voir de bien en moi.

Les solutions sont pourtant là, de nature diverses et variés, à commencer déjà, lorsque j ‘écris, par ne pas me mentir, c’est à dire écrire ce que je veux vraiment écrire.