Pathétisme

 

Je me sens pathétique.

Seul au monde. Le suis-je réellement ou est-ce une production de mon esprit torturé, bon à rien, bon à se torturer. Et torturer l’autre.

Je sais que la confidence ne peut sauver ; se confier, s’enfoncer dans le pathétisme.

Etrange dialectique, celle de ce moment. Entre rire et pleurer.

Tourner en rond, le savoir, mais la force centrifuge l’est trop ; déconcertante, déconcentrant. Ecrire pour se réfugier ? Mes amis sont-ils encore mes amis, ma famille est-elle encore ma famille ? Ai-je était ami, ai-je était membre d’une famille ?

Croire en un juste retour des choses n’est pas être croyant. Je n’ai pas peur de la colère de dieu, dieu n’est pas. J’ai peur de moi, ce moi est mon passé. En parti nous sommes ce que nous fûmes, la somme de nos actes. Qui est tout blanc ? Suis-je trop noir ? J’ai entendu dire que l’on devait se connaître soi-même. J’ai entendu dire que l’on ne pouvait se juger soi-même, que la tierce personne avait meilleur œil. Quelle doit être cette tierce personne. En choisissant cette dernière, nous choisissons ce que l’on veut entendre.

Retour à la case départ, là où tout à commencé, à soi-même. Seul juge.

Je me juge, constamment. Est-ce que je mens. J’en perd mon latin. Mens, esprit en latin. Esprit es-tu là ?

Esprit tu mens. Je mens. Mais l’on ne peut se mentir à soi-même, on peut se mentir, être de mauvaise foi. Difficile retour à la réalité. Ai-je pu être de mauvaise foi ? Un monstre est né ? Latent, tel est mon nom. Ce monstre avait pourtant tout, c’est parce qu’il a tout gardé que monstre il est.

C’est parce qu’il a trop donné que monstre il est. C’est parce qu’il n’a pas su choisir que monstre il est. Ne croyez pas en la beauté, elle charme pour envoûter, pourtant toute beauté n’est pas venimeuse.

Il est des fois où la beauté est belle.

C’est à l’œil de s’en rendre compte.

Beauté, ne caches-tu rien, n’as-tu rien à cacher demande l’œil soucieux de ne pas se faire tromper, habitué à s’être trop fait trompé. Mais l’œil ne sait plus voir, l’œil ne voit plus, l’œil ne voit plus que le mal, les veines injectées de sang pourri, l’empêchant de voir, de voir correctement. Cet œil est parano, parano est le nom de cet œil, souffrance il produit, tout ce qui le regarde souffre, souffre de regarder, car ne sachant plus voir. Mais alors il a vu. L’œil parano à su voir ! Peut-il retrouver la vue ? Il veut retrouver la vue. Prisonnier, misérable prisonnier de sa vue. Voir c’est décrire le monde avec tout ce que l’on met dans le monde. L’œil malade, mauvais moraliste, n’ayant plus le moral, la morale l’a bouffé. L’œil dans cet état et c’est l’homme qui ne vaut plus rien. C’est l’œil qui fait souffrir. Tout cela vous semble et incompréhensible et pessimiste, vous avez raison, ce sont les paroles d’un œil gangrené qui vous parle, d’un œil aveugle, Parano est celui qui vous parle en ce moment, rhétorique salie, excuse moi de ne pas t’avoir compris, je suis ma propre perte, j’ai tout perdu et dieu n’y est pour rien, sachez-le, dieu n’y est pour rien.

C’est le silence qui tue, les cris ne peuvent que nous aider, car le silence à le don de s’ensevelir lui même sous son propre poids. Comment est-ce possible me direz-vous ? Le silence c’est du vent pourtant ! Et le vent n’a aucun poids ! Si, le silence à son poids, celui de la souffrance de s’être tue. Parlez, parlez, que de bien vous aurez à parler. Parole d’artiste, parole de muet.

Ne donnez pas l’air, soyez !

Il vaut mieux être mal perçu parce qu’étant soi même, plutôt que d’être mal perçu parce que n’étant rien. Dans le premier cas, vous pourrez toujours vous défendre d’être parce que vous assumant.

Assumer ce que l’on est par delà les rires et pics c’est vivre.

Est-ce que je m’éloigne ou m’enfonce dans le nihilisme. Soit j’ai toujours baigné dedans, soit je m’enfonce tête baissée. Si vous ne croyez en rien, croyez au moins en vous, et n’ayez pas peur de ce que Croire vous montre.