Ce matin, en me levant, j’ai eu envie de faire quelque chose de beau. La médiocrité des alentours me dictèrent cette conduite. Je me suis levé, j’ai pris mon appareil, et je suis parti photographier.

Une sculpture grecque à la boucle ceinturonnée, un jeu de fléchettes dans un pub hollandais, un tourne disque de rose dossiers décoré, un alligator en noix sculpté, un dé jaune de 6 abandonné, le tout de rouge teinté. Le gros titre de ce matin était l’arrestation d’un voleur agissant sur le net par messages subliminaux. Il se faisait virer des fonds par des internautes hypnotisés. Ingénieux comme système.

Quatre, cinq, six photos pour ce matin. Elles sont sur mon grand écran, je les regarde, la sculpture est belle, on dirait un tableau de De Chirico, elle est un peu de travers, derrière, et qui la coupe dans sa hauteur, une paroi grise, lisse. Et du vert, sur la gauche, une large bande de vert, de l’herbe fraîchement coupée, ça sent bon, elle est floue, donc ça rend comme du vert uniforme, comme un aplat de vert uniforme. La photo est belle, je suis content. Je suis aussi content de la suivante, celle du jeu de fléchettes, un angle, sur la gauche une fenêtre, les deux tiers supérieurs sont rose délavé, le bas est vert, le jeu est posé sur le mur à droite, et une raie de lumière plonge dessous, venant de la gauche et descendant vers la droite. Deux bonnes photos pour ce matin. Je ne sais pas ce que je vais faire cet après-midi. Rien glander, comme d’habitude, me toucher le gland, pour pas changer, me branler, pour parler français. Mais on ne se branle pas toute une après-midi, il faut trouver quelque chose à faire entre deux occupations. Fumer un joint, sniffer du popper’s, ouais, pourquoi pas, se faire une partie ou deux sur la X-Box, sortir un bouquin poussiéreux, un Douglas Adams, pour rigoler, il faut bien, car se branler toute une après-midi c’est sordide. Mais tout de suite je vais me faire un café et une roulée.

 

Ha mais qu’elles sont chiantes ! Ha mais qu’elles sont chiantes ces mouches ! On peut pas les empêcher de faire qu’elles vous tournent autour. Qu’elles se posent sur vous. Vous êtes tranquille dans votre plumard et elle se pose sur votre joue ou votre nez. C’est chiant, ça vous oblige à lui dire avec la main de ficher le camp. Et plus vous lui dites, plus elle revient. C’est chiant les mouches, ça veut rien comprendre.  Mais après, quand on y pense, on se dit que c’est bien fait une mouche, quand même. C’est un engin super bien foutu pour voler, ça peut changer de sens en plein vol en un instant, ça me fait penser que j’aime les voir danser en groupe de six ou sept, sous la lampe, en plein milieu du salon.