La Comtesse, un bar dans Bordeaux, vers 21 h 00. On était
là à se demander ce que l’on pourrait bien faire. Laurent me disait qu’il serait prêt à tout pour ne plus se faire chier comme un rat mort dans ses 20 mètres carré, qu’il serait prêt à militer, dans quoi ? Il ne savait pas encore. C’est alors que je lui dis : pourquoi ne pas partir, n’importe où, et voir où ça nous mène. On prend les appareils photos et on mitraille, on rencontre des gens et on leur pose des questions absurdes, mais que ça passe le temps ! Moi aussi je me fais chier chez moi, j’ai besoin d’une activité. Et bien cherche du travail me diront certain ! Ouais mais pas tout de suite, et puis dans quoi. Le travail j’ai déjà donné.

Je prends du popper’s depuis hier soir et il commence à m’irriter le nez, la situation au niveau du shit est plus qu’exécrable, on ne trouve plus que de la para, c’est triste. Je viens d’essayer d’appeler Laurent mais il ne répond pas, j’essayerais plus tard. Je vais me caler dans mon canapé, vider mes cendriers et écouter Tom Waits. Mais est-ce une vie ? Les jeux vidéos me rendent malades, il reste la lecture, en ce moment je lis un recueil de nouvelles intitulé Dans le jardin, c’est de Philip K. Dick. Dehors il fait beau, je devrait peut-être aller marcher, depuis le temps que ma grand-mère me demande de l’accompagner ! Qu’est-ce que je donnerais pas pour un bon joint. Mais je n’ai que du pop.

 

14 h 30, je viens de passer un moment sur mes chiottes à snifer mon vieux fond de popper’s et à dodeliner de la tête sur un air de Tori Amos. J’attends Laurent, quand est-ce qu’il va arriver ce con, j’en sais rien, de toute façon c’est pas grave, je suis toujours pas habillé. Je retourne sur mes chiottes.