Texte 2

 

J’écoute le chant du sac plastique roulant dans la rue.

J’entends le grondement d’un moteur, d’une voiture dans la rue.

La porte s’ouvre.

J’entends les pas de quelqu’un.

Un pigeon se pose, ne roucoule pas. Que fais-je là ?

J’attends. Le cul posé par terre qu’une jeune fille répondant d’un doux nom daigne se présenter à moi.

Et me dise bonjour, comment tu vas.

Elle est, d’après ce que l’on m’a dit, partie acheter de la vodka.

M’en offrira t-elle un verre ? Non.

Et le pigeon s’envole.

 

Et vole le bitume, désagrège toi.

Et vole la mouche, toi qui sur mon genou s’est posée.

Tu me chatouilles, la sensation d’une mouche se frayant un chemin dans ma jungle de poil est agréable, ça chatouille, ni plus ni moins.

Ca grince, mes dents grimacent d’impatience, de toi.

 

  

Texte 3

 

Jeune fille je fais tout ça pour vous car je n’en ai que faire de moi.

Moi, qui suis-je ?

Rien sans toi.

J’écris au soleil mais le bleu de tes yeux n’est pas là.

Où est-il le bleu de tes yeux ?

Un instant encore tu étais là je te voyais évoluer transmuée par ta grâce tu flottais.

Jeune fille que tu es.

Le bleu de cette table ne remplacera jamais ton bleu.

Où es-tu, toi qui était là.

Pourquoi n’es-tu pas là ?

 

J’ai mille et une nuit à te dire.

Te susurrer des mots violant dans le creux de l’oreiller, amorti par le ouater d’une oreille sans tête.

Où es-tu ? Toi qui là m’a laissé.

Et je pourrais encore en écrire des pages comme ça tant que le vide tu ne combleras. Comble le vide, le trou m’écrasant le ventre et remplissant le vide qui n’est pas moi.

Où es-tu toi qui subsumes le vide.

Que brille le soleil et réchauffe le café.

 

Etrangéité de la vie même loin je me sens bien.

Mais encore mieux dans tes bras, l’oreiller collé à ton sein.

Contournant tes genoux je me faufile pour te dire les plus beaux je t’aimais.

Je t’aime, je t’aime, je t’aime…

J’ai envie de pleurer mais me retiens.

Indigne que je suis.

Je t’aime et te haïe et t’effeuille.