HÖLDERLIN

Changeons un peu, avec un poète d'Outre-Rhin du XIXe siècle, sur qui je ne vais pas me risquer à faire une notice, tout ce qu'on pourra trouver sur internet étant dix fois mieux que ce que je saurais écrire.



Personnellement j'aime ce poète parce qu'il se base sur la poésie des éléments, j'y retrouve des sensations de randonnée, notamment de promenades au bord de lacs de montagne. Hölderlin a malheureusement été beaucoup exalté pendant le nazisme (il se voulait un poète national, mais la brièveté de sa carrière en fait de toute façon une comète) : cela a fait beaucoup de tort à sa réputation.
Dans les universités, il est beaucoup adulé pour son hermétisme, et il est certain qu'il utilise la langue un peu comme un alchimiste, de manière ésotérique. C'est une partie de son charme, même si depuis la khâgne je n'ai pas pris la peine de faire de commentaire de poème ; je délaisse donc ce côté intellectuel (mon allemand ayant de toute façon beaucoup régressé) pour en rester à la seuls sensation.
Voici deux poèmes :



Hälfte des Leben_____________________ Moitié de la vie




Mit gelben Birnen hänget___________________De poires jaunes
Und voll mit wilden Rosen __________________Et de rosiers sauvages toute chargée
Das Land in den See, ______________________La terre est en suspens au-dessus du
_____________________________________lac,
Ihr holden Schwäne, ______________________Ô cygnes gracieux,
Und trunken von Küssen____________________Enivrés de baisers,
Tunkt ihr das Haupt ______________________Vous plongez la tête
Ins heilignüchterne Wasser. _________________Dans la sainte sobriété de l’eau.
Weh mir, wo nehm ich, wenn ________________Ô douleur, où trouverai-je,
Es Winter ist, die Blumen, und wo _____________À l’hiver, les fleurs et où
Den Sonnenschein, _______________________La lumière du soleil
Und Schatten der Erde ? ___________________Et les ombres de la terre ?
Die Mauern stehn ________________________Les murs se dressent
Sprachlos und kalt, im Winde________________Froids et muets, dans le vent
Klirren die Fahnen. _______________________Tintent les drapeaux.





Griechenland _______________________Grèce




Denn immer lebt _________________________Car toujours

Die Natur. Wo aber allzusehr sich _____________vit la nature. Mais où, excessivement,

Das Ungebundene zum Tode sehnet ____________L’effréné aspire à la mort

Himmlisches einschläft, und die Treue Gottes._____ Le céleste s’endort, et la fidélité de Dieu.

Das Verständige fehlt. _____________________Le rationnel manque.


J'en profite au passage pour dire que mes archives de Q/R sont en sommeil désormais : je n'ai plus d'idée de comptes à reconstituer (Q/R change, je ne suis pas tout), mais je suis toujours ouvert aux suggestions.