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May 27, 2008

Hotel Baudy, Giverny, France : découverte d'un jardin magnifique

 

Hôtel Baudy à Giverny
Hôtel Baudy à Giverny
 

Un autre lieu presque légendaire de Giverny est l'ancien Hôtel Baudy. Découvert en 1886 par le peintre Willard Metcalf, la petite épicerie - buvette de Madame Baudy connut la célébrité grâce à l'afflux d'artistes venus chercher l'inspiration à Giverny, parmi lesquels Cézanne et Rodin. 

L'Hôtel Baudy n'est pas un musée mais un café restaurant et, pour visiter le jardin, on peut vous demander de prendre une consommation. Mais, un ou deux euros pour un café et une visite, c'est véritablement bon marché pour se promener dans ce jardin aux allées sinueuses bordées de multiples variétés de fleurs qui vous mènent jusqu'au sommet de la colline. Et les innombrables variétés de roses anciennes, qui ploient sous leur propre poids, évoqueront pour vous le charme des jardins d'autrefois et la nostalgie de la Belle Epoque…

Stairs of workshop
Stairs of workshop

Atelier des peintres dans les jardins de l'hôtel Baudy
Atelier des peintres dans les…
 

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May 27, 2008

Quelques poèmes des Fleurs du Mal

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,

Occupent nos esprits et travaillent nos corps,

Et nous alimentons nos aimables remords,

Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

 

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;

Nous nous faisons payer grassement nos aveux,

Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,

Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

 

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste

Qui berce longuement notre esprit enchanté,

Et le riche métal de notre volonté

Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

 

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!

Aux objets répugnants nous trouvons des appas;

Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,

Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

 

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange

Le sein martyrisé d'une antique catin,

Nous volons au passage un plaisir clandestin

Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

 

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,

Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,

Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,

Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

 

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,

N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins

Le canevas banal de nos piteux destins

C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

 

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,

Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,

Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,

Dans la ménagerie infâme de nos vices,

 

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!

Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,

Il ferait volontiers de la terre un débris

Et dans un bâillement avalerait le monde;

 

C'est l'Ennui!- l'œil chargé d'un pleur involontaire,

Il rêve d'échafauds en fumant son houka.

Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,

- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

 Les fleurs de mal (Baudelaire)

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