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April 24, 2008

le Cambodge en 1999-2000

PETITE HISTOIRE CAMBODGIENNE.

 

Je me souviens que j’étais parti avec mes étudiants à Angkor. Un soir, vers 18h00, je suis resté avec l’un d’eux, assis en haut des tours du Bayon, à contempler ce spectacle de toute beauté, la symbiose parfaite entre le génie créateur de l’homme et la nature environnante.

La nuit s’est faite noire et toutes ces têtes sculptées nous regardaient. Ce sont des visages impassibles avec des petits et larges sourires, des visages remplies de douceur et pourtant cette nuit là, j’ai ressenti une terrible peur. Derrière ces visages se cachent quelque chose d’anormal, étrange et diabolique à la fois, peut être une frustration profonde, une humiliation retenue. Cela m’a fait penser à quelqu’un qui retient si fort sa colère que lorsqu’elle éclate, il est déjà trop tard, plus rien ne peut l’arrêter, la raison n’a plus de prise sur les évènements, seul la violence s’échappe, le tout totalement incontrôlable.

Lorsqu’on lit des livres sur le Cambodge, pendant et juste après la décolonisation, partout l’on parle de ce fameux sourire khmer, de la gentillesse et de la douceur de ce peuple. Ensuite, avec l’entrée des khmers rouges dans Phnom Penh le 17 avril 1975 et des témoignages de réfugiés qui arrivent jusqu’en occident, tous poseront la mème question, comment est-ce possible, comment cela à t’il put arriver, tant d’horreur chez ce petit peuple si gentil...De mon coté, je n’ai pas connu ce Cambodge là mais j’ai pris le temps de regarder et contempler Angkor et du fond de la jungle, il m’a semblé voir, derrière ces visages centenaires, une ambivalence dans les regards, un sentiment de terreur, un mal quasi invisible.

Tout comme les gens dans les rues de Phnom Penh, capables du meilleur comme du pire. Je me souviens d’un problème complètement insignifiant vécu personnellement avec une moto-taxi, une histoire de quelques centimes qui en l’espace d’un dixième de seconde, aurait pu me coûter la vie.

Mais combien vaut une vie humaine au Cambodge?

En fait tout dépend de l’heure; au dernière nouvelle, on annonce la somme de 50 US dollars à seize heures, une caisse de bière Tiger, passé vingt deux heures! Bref, il y avait chez ce jeune homme, rien qui puise marquer ce passage, mème délicat entre douceur et violence, pas un mot, un geste, un regard plus haut que l’autre, rien de visible en apparence et toujours ce sourire.

Comme le dit Fabio Giovannini, journaliste italien, il y a dans le regard et le visage de Pol Pot, ce mème sourire, cette mème expression que l’on retrouve dans les temples d’Angkor, mystérieux et énigmatique à la fois.

Au cours de mon séjour, combien de fois j’ai vu cette expression impassible, inquiétante plus que rassurante, déroutante pour un européen, incompréhensible pour un latin. Mais peut on condamner par avance une population entière sans essayer d’en comprendre le sens.

Je ne peux pas croire que toute l’histoire moderne du Cambodge tient dans les mains d’un seul fou, en effet, il s’agirait alors d’une série de fous sanguinaires. Dans ce cas, mème le roi Sianhouk est fou, puisqu’il s’allie non pas une mais plusieurs fois avec des criminels, par defénition les bourreaux de son peuple chéri! L’histoire nous montre qu’il n’existe pas de fous assez puissants pour prendre le contrôle de tout un pays, mais d’un laisser aller général, d’un pourrissement d’une situation de crise mélangé à des ambitions personnelles aux conséquences dramatiques. Pour comprendre ceci, il faut ce souvenir de la responsabilité de certains acteurs dans le drame cambodgien.

Tout d’abord, on trouve un ancien prix Nobel de la paix, Henri Kissinger qui n’hésite pas à sacrifier un pays jusqu’alors en paix, neutre et le précipiter volontairement dans le syndrome de la guerre du Vietnam. Pendant des mois, les B 52 américains, vont détruire,  anéantir, tout ce qui a valeur de richesse dans le pays : routes, ponts, complexes industriels, rizières, villages entiers rasés etc.. Sans parler du nombres de victimes. Le pays ne se relèvera jamais de ce tonnerre de feu. Pour couronner le tout, les Américains organisent un coup d’état et place un homme à eux, le général Lon Nol, homme politique véreux. L’accentuation de la guerre et la corruption généralisée qui sévit, font tomber le pays dans un état de ruine économique et moral, qui aura pour but, pour un bon nombre de cambodgiens, en particulier dans les campagnes, l’effet inverse souhaité, celui de se solidariser avec le mouvement khmer rouge.

Le deuxième acteur n’est autre que le roi. Sianoukh, destitué par le coup d’état ne trouve rien de mieux à faire que de se rapprocher des khmers rouges, les ennemis d’hier deviennent les amis d’aujourd’hui. Afin de récupérer son trône et par la mème le pouvoir, le petit roi est prêt à tout, quitte à s’allier avec le diable en personne. Consciemment, il leur offre les clés du pays. Désormais les portes de la capitale leurs sont grandes ouvertes. Après leur victoire, les Khmers rouges le remercieront en le détenant prisonnier, enfermé jours et nuits dans son palais. Ils élimineront tout de mème une partie de la famille royale.

Le troisième est, peut être, le plus inattendu, c’est à dire l’ONU! En effet, l’organisme international qui est sensé défendre la paix, la justice et l’égalité entre les peuples va laisser, avec l’accord des puissances occidentales, le Cambodge, qui s’appelle désormais le Kampuchéa, devenir la triste nation du silence. En l’espace de quelques heures, le pays tout entier est plongé dans ce qu’on appellera le grand bond en arrière, en référence à la révolution culturelle chinoise. Les villes sont vidées de leurs habitants et  déportés vers les campagnes. Tout s’arrête d’un coup, plus de postes, téléphones, voitures, écoles, universités, hôpitaux,...bref, plus rien qui soit de ce monde n’existe. Mème l’argent, chose impensable disparaît. Désormais huit millions d’esclaves sont gérés dans des mains de fous, criminels en l’occurrence. La règle est simple : qui ne travaille pas, ne mange pas! L’ONU, en reconnaissant le Cambodge des khmers rouges comme seul souverain, donne aux révolutionnaires l’occasion rêvée de commettre librement et légalement l’irréparable. C’est, en quelque sorte, une façon sournoise de légitimer un génocide qui a causé environ deux millions de morts sur une population de huit millions, le tout en à peine quatre années de pouvoir.

Pour l’occident, le message est clair, le Cambodge pendant quinze longues années sera  représenté politiquement et diplomatiquement par son chef, c’est à dire Pol Pot lui mème.

Le dernier est aussi son sauveur, il s’agit du Vietnam. Au moins grâce à lui le génocide mais non pas la guerre s’arrête. Les Vietnamiens, par leur incroyable avance militaire, vont stopper net les massacres mais en revanche, piller ce qu’il reste du pays (?). Partout ou cela est possible, ils volent, enlèvent, récupèrent tout ce qui se trouve sur leur passage, l’asphalte dans les rues de Phnom Penh, les fils électriques dans les murs, les portes des maisons, les salles de bain.  A leur départ, en 1989, ils détruiront entièrement, pierre par pierre, les belles maisons de Kep, ville au bord de mer. Ce que les Vietnamiens ne pourront pas emmener, ils le feront sauter au mortier.

Kep, aujourd’hui, n’existe plus. Il ne reste qu’une belle route qui panoramique entre rizières et Mer de Chine avec à ses pieds, sa plage, où le soleil vient éternellement se coucher. Il ne reste qu’un nom, peuplé de lointains fantômes.

Ces histoires brièvement résumées paraissent tellement surréalistes qu’on se demande si elles ont réellement existées ou s’il s’agit du plus mauvais des cauchemars contemporains.

Il y a longtemps déjà, le Cambodge est rentré dans un tunnel et trente ans après, il y est et y restera tant qu’une nouvelle génération ne prendra pas ce mème pouvoir. Il lui faudra balayer à jamais ses vieux démons, en jugeant tous ceux qui de près et de loin ont participé à la fabrication parfaite de l’horreur. Il serait grand tant aussi que l’occident tout entier, pays riches et pauvres qui siègent autour d’une table, nous disent à voix haute; nous étions là, nous avons vu, nous n’avons rien fait et pire encore nous avons soutenu et défendu l’indéfendable.

Je ne vois pas d’autres solutions pour faire renaître ce pays, lui redonner l’espoir de reconstruire la vie.

 

                                                                                décembre 2000

 

 

 

 

 

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April 24, 2008

"Mémoire des années de pluie" Cambodge 2000-2004

Memoria degli anni della pioggia

 

 

L'aereo era appena passato sul delta del Mekong. Nel 2000 c'erano state le inondazioni più violente degli ultimi 50 anni. Non solo in Cambogia ma in tutta l'Indocina. Dall’oblò del piccolo aereo su cui viaggiavo vedevo acqua dappertutto e riuscivo a vedere solo il tetto d'oro del Palazzo Reale. Non vedevo la terra. Con i miei occhi cercavo le strade, le macchine, i monumenti e le case: un movimento o un attività che mi restituisse l’idea di una città, ma quello che vedevo era invece acqua, solo acqua da per tutto. Una capitale completamente inondata, bagnata dal fiume Re, il Mékong che, esondando, aveva invaso l'intera città. Poi ho capito che l'aereo stava atterrando e ho pensato: questa è Phonm Penh! Pioveva e pioveva: era il monsone. Ho visto questo paesaggio allucinante. Una città dove non si vedeva niente. Sommersa..

C’erano due o tre persone a bordo. Io le guardavo. Cercavo di capire com’erano i cambogiani. Come si muovevano. Che fisico avevano. Chi erano.

All’epoca, c’era il vecchio aeroporto, quello costruito dai francesi. Adesso è diverso, l'aeroporto è moderno. Era un capannone dove non c’era niente, né souvenir, né duty free. non c’era neanche un aereo sulla pista ma solo due giganti elicotteri russi di guerra, arrugginiti come tutto il resto.

Era una città grigia e povera. Già  nell'aereo sentivi l'umidità. Il caldo che ti fa uscire l'acqua dalla pelle. E cosi fu.

Cosi sono arrivato a Phnom Penh, capitale della Cambogia. In quel momento mi sono chiesto cosa stavo andando a fare in quel posto, che cosa negli anni precedenti aveva accompagnato e sostenuto fino a realizzarlo il desiderio di trovarmi in quest’angolo di mondo. Un po’ era il “fantasma” francese, l'Indocina che mi faceva tanto sognare nei racconti che facevano i grandi.

 

Sono arrivato in Cambogia con il compito di creare un dipartimento di fotografia all'Accademia Reale delle Belle Arti: era questa la mia missione. Nella scuola, s’insegnava solo pittura, scultura e danza tradizionale. I miei alunni erano 12 ragazzi, desiderosi e pronti ad imparare l’avventura della fotografia. Dodici ragazzi, nati quasi tutti dopo il regime di Pol Pot, pieni di vita,  curiosità e rispetto.

Avevo 12 ragazzi e 6 macchine fotografiche vecchie e madide come il paese. Immediatamente mi sono reso conto che nella città regnava un vero e proprio deserto culturale: nessun cinema, nessun teatro e una sola biblioteca per una città di più di un milione di anime. Avevo davanti gli occhi degli studenti che non avevano mai avuto la possibilità di aprire un libro d’alcun genere, difatti studiavano su fotocopie. Il compito non era solo l’uso della machina fotografica, anzi, ma come dare a loro la possibilità di guardare il mondo, di riempirlo di ricchezze e di curiosità, insomma, il modo per alimentare un sogno, un desidero.

 

Da quell’ umido arrivo sono passati sette anni.

Sono entrato, un giorno di dopo-pioggia, un giorno grigio come il cielo della mia lontana Parigi all’interno del famigerato Tuol Sleng, S21, il luogo dove avvenivano le torture perpetrate dai Khmers Rossi e, dentro le sue celle, mi è sembrato di poter sentire ancora lo strazio delle urla dei prigionieri, dei bambini, delle donne e degli uomini, torturati ed uccisi.

Sono stati sei anni di lavoro che ho impiegato a lavorare, in maniera quasi ossessionante, sul tema della memoria o, meglio, sull'assenza di essa. Forse tutto ciò è accaduto la prima volta che mi sono soffermato a leggere su quelle mura i 10 comandamenti del regolamento carcerario ed è fra il numero 4 ed il numero 6 che credo sia maturata la mia convinzione di intraprendere questo lavoro:

 

- Dovete rispondere immediatamente alle mie domande senza perdere tempo a riflettere.

- Quando venite frustrati o ricevete delle scariche elettriche non dovete assolutamente piangere.

 

Tra quelle mura sono state uccise 18 000 persone, 2000 delle quali erano bambini.

  

Dopo 3 anni, 8 mesi e 20 giorni del regime di Pol Pot, 2 milioni di cambogiani mancavano all'appello su una popolazione di 7.500.000 abitanti, una media di 1550 esecuzioni al giorno. La Cambogia, era divenuta il Kampuchéa Démocratique, e si era trasformata nella triste nazione del silenzio. Nello spazio di poche ore il paese intero era precipitato dentro quello che si chiamerà il "grande balzo all'indietro", per contrapposizione con la rivoluzione culturale cinese.

Le città furono svuotate e gli abitanti deportati verso le campagne. Tutto si fermò di colpo: niente più poste, telefoni, vetture, scuole, università, ospedali; niente che appartenesse a questo mondo esisteva più. Anche il denaro, cosa impensabile, sparì completamente. Sette milioni di schiavi finirono nelle mani di folli, criminali all'occorrenza. La regola era semplice: chi non lavorava, non mangiava. E cosi via.

L'Onu, riconoscendo la Cambogia dei Khmers Rossi come la sola sovrana, concesse ai rivoluzionari l'occasione sognata di commettere liberamente e legalmente l'irreparabile. Fu, in un qualche modo, la subdola autorizzazione di un genocidio.

Per l'Occidente intero, il messaggio era chiaro: la Cambogia per 18 lunghi anni sarebbe stata rappresentata politicamente e diplomaticamente dal suo leader e dal suo braccio destro, ovvero la coppia Pol Pot-Ieng Sary.

All’interno di S21 ho incontrato quello che è diventato il mio amico Chey Sopheara, l’attuale direttore di Tuol Sleng. Era arrivato a S21 nel febbraio 79, esattamente un mese dopo la presa di Phnom Penh da parte dei vietnamiti. Tornato nella sua città che aveva abbandonato da studente, vittima della deportazione di massa con cui Pol Pot aveva allontanato forzatamente gli oltre due milioni di abitanti della capitale.

 

Neanche quattro anni più tardi, il giovane studente che era partito tornava vecchio, sul volto e nell’anima. In cambio di qualche grammo di riso aveva trovato lavoro a Tuol Sleng: il suo compito era ripulire l’edificio, portare via i corpi torturati rimasti all’interno, lavare, dal sangue versato, il marciapiede antistante, fare in modo che quell’odore di morte che impregnava le mura si attenuasse fino a sparire. Anche le foto-ritratto dovevano essere messe a posto: in ordine, per le famiglie dei morti, per quelle che ancora cercavano fra i dispersi.

Ho chiesto a Chey Sopheara se avesse raccontato ai suoi figli – che oggi hanno la stessa età del padre quando fu deportato - l’orrore di quegli anni. Mi ha risposto: “Sì, l’ho fatto, ma non ci credono”.

Non ci credono perché da quei tristi avvenimenti sono passati esattamente trent’anni, il tempo di una generazione, e il 60% dell’attuale popolazione della Cambogia ha oggi meno di trentanni. Loro non c’erano e nessuno gli ha davvero mai spiegato cosa sia realmente accaduto in quel periodo d’orrore. Sui banchi di scuola e all’Università si studia la  mitica storia dell’Impero Khmer; neanche una parola su Pol Pot, non un rigo sulla lunga guerra iniziata nel 1970 e conclusasi con gli Accordi di Parigi del 93. Un vuoto, un tunnel di 23 anni che ha cambiato, derubando della sua storia ed identità, l’intera società di questo paese. Il paese del sorriso come lo chiamavano i francesi.

Ogni tanto mi capita ancora di fermarmi a pensare se Pol Pot non sia davvero riuscito nei suoi pochi anni di potere a cambiare un intero paese: la Cambogia, le sue anime, i suoi luoghi sono abitati da fantasmi palpabili.

Il processo Onu ai capi dei Khmers Rossi che dovrebbero fare luce e giustizia sulla tragica oscurità di quegli anni continua a subire ingiustificati rinvii. Se ne parlato per 2002, poi 2003, 2004 e cosi via, niente processo. Ieng Sary, il numero due del regime di Pol Pot, vive ancora indisturbato in Cambogia, in ville lussuose tra la capitale Phonm Penh e la viziosa Pailin, sotto gli occhi di un popolo che ha dimenticato di ricordare.

Poi mi tornano le parole di Chey Sopheara:

“A volte…a volte sogno di vivere ancora nella foresta, vestito d’abiti neri e ci sono ancora i Khmers Rossi che arrivano per giustiziarci e noi siamo di nuovo costretti ad abbandonare la nostra casa. Ecco, non possiamo dimenticare, non si può dire “dimenticare il passato”, No. E ora chi è responsabile?  Più di due milioni di morti. Senza giustizia, senza tribunale. Avere un processo è molto importante”.

Durante questi miei quattro anni in Cambogia ho lavorato sulle conseguenze dirette ed indirette della guerra in questo paese e sulle sue macroscopiche ripercussioni sull’odierna società cambogiana. Ho scelto di raccontare il presente di questo paese nella sua versione più dura e delicata. Le immagini sono state tutte realizzate di notte al seguito degli educatori della Ong Krousar Thmey (Nuova Famiglia ndr) che si occupano della reintegrazione dei bambini di strada. Alcuni di essi sono semplicemente abbandonati, altri costretti dai loro stessi genitori a mendicare o rubare e  quelli che  rientrano  a mani vuote vengono picchiati. Questi bambini sono legati ad ogni sorta di traffico: prostituzione, droga, gang. Spesso, sotto una pioggia battente, siamo andati tentoni alla ricerca di questi bambini. Li abbiamo ascoltati, abbiamo dato del pane e tagliato le unghie. La maggior parte dei bambini che abbiamo incontrato sniffano colla, mentre altri s’iniettano oppio per combattere fame e fatica. Abbiamo insistito perché venissero con noi presso il centro d’accoglienza di Krousar Thmey, dove avrebbero potuto ricevere l’educazione, condizioni igieniche appropriate e, per il futuro, una preparazione professionale, insomma una vita normale, quasi normale. Pero è difficile convincere un bambino che non vede interesse di piegarsi ad una disciplina dal momento che vive libero per la strada. I genitori sono egualmente un handicap, poiché nella maggior parte dei casi sono proprio i bambini che permettono loro di vivere.

Qualche volta i piccoli vengono a passare due o tre giorni al centro, ma poi tornano sulla strada: per voglia di libertà o per la minaccia di un capo gang. Ricordo una notte di monsoni in cui, partiti in due su un motorino, l’educatore ed io siamo rientrati all’alba in quattro dopo aver “impilato” due bambini sulla sella.

 

Le foto che ho realizzato sono la testimonianza astratta e reale di tre storie che viaggiano sul tempo del passato, fino al presente ed alle prospettive future di questa società. Ho cercato di percorrere a ritroso il tempo di questa memoria perduta, il tempo dei ricordi che si mischia alla realtà a noi più vicina per fondersi nel tramonto che esplode sulle rive del Mekong, là dove le anime rinascono ed invadono il cuore dei viventi.

Mi sono reso conto che l'unico posto dove la gente cammina era sul lungo fiume. Il Mekong è l’essenza stessa del paese, senza acqua, la Cambogia non potrebbe esistere.

Li,  per la prima volta ho visto i cambogiani sedersi a riflettere .

Ho visto per la prima volta una coppia di giovani innamorati darsi la mano. Sono i momenti più intimi di una storia d’amore vissuta pubblicamente in Asia. Il Mekong è un momento di pace, forse l’unico in una città dove la pace non esiste. Sul Mekong la gente mi è sembrata più bella, più serena con se stessa,. Per me è stato evidente che questo era il futuro del mio racconto. Era il momento di riflessione per tutti i cambogiani. Era l’identità stessa del popolo come  per esempio la liberazione degli uccellini. I cambogiani prendono gli uccellini che sono chiusi in gabbia e vanno verso il fiume per liberarli. Questi rappresentano i  desideri che vanno via verso il villaggio d’origine, il luogo dove sono nati  e dove sono  rimasti i propri genitori o  che forse sono morti  durante la guerra. La città non esiste per i cambogiani, è stata creata dai francesi. Tutti i cambogiani vengono dalla provincia, dalle risaie e guardano il fiume come alle loro origini, alle loro anime.

 

Fin dai primi giorni ho avvertito questo lavoro come un’urgenza, maturata nel buio in cui, a distanza di trent'anni, la Cambogia brancola ancora e continuerà a farlo fin tanto che una nuova generazione non prenderà il potere. Spetterà a lei spazzare via i vecchi demoni, giudicando tutti coloro che hanno partecipato alla fabbricazione perfetta dell'orrore. Sarebbe il momento che l'occidente intero, paesi ricchi e poveri che siedono intorno ad un tavolo ci dicessero ad alta voce: noi c'eravamo, noi abbiamo visto, non abbiamo fatto nulla e, peggio ancora, noi abbiamo sostenuto e difeso l'indifendibile.

Non vedo altre soluzioni per far rinascere questo paese e restituire ad esso la speranza di ricostruirsi una vita.

In occasione del trentesimo anniversario dell’ingresso dei Khmer Rossi nella capitale – era il 17 aprile 1975 – mi è sembrato importante che i cambogiani stessi condividessero questo progetto, facendoli partecipare attivamente al loro dovere di memoria.

Per queste ragioni, il lavoro è stato riunito ed è stata allestito in una mostra che ha avuto luogo il 17 aprile 2005, 30 anni dopo, proprio all’interno del Museo del genocidio di Tuol Sleng, a S21 in collaborazione con il Centro culturale francese di Phonm Penh, il Ministero della cultura cambogiana e dell’ Ambasciata di Francia.

 

Nicolas Pascarel, fotografo.

www.fotoasia.org

 

 

 

 

 

 

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