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Petit précis de Street Photography, ou le révélateur psychologique du photographe

Thursday February 21, 2008 at 06:14PM

Cette page présente la Street Photography ou photographie de rue, fournit des conseils pour oser photographier dans la rue, donne quelques exemples commentés et précise quelques techniques employées.

1 L'art de la photographie de rue

La Street Photography, la photographie de rue, ou dans la rue, est une discipline majeure de la photographie. Elle existe depuis le début de la photographie, elle possède une histoire et les plus grands photographes l'ont pratiquée.

Il est pourtant difficile d'en donner une définition précise. La Palisse dirait qu'il s'agit de photographies faites dans la rue et ce serait une définition tout à fait honorable. On lui accorde cependant généralement une signification plus urbaine, en y incluant par exemple les photographies faites dans les transports publics souterrains des grandes métropoles des pays industrialisés, le métro n'étant alors qu'un trottoir se déplaçant. La rue peut être un cadre général où le photographe veut enregistrer et arrêter une scène à l'aide de son appareil photographique. Mais elle peut être aussi le sujet principal de la photographie, allant du large paysage urbain, de bâtiments, jusqu'à une rue vide.

J'ai toutefois beaucoup de réticence à intégrer ces derniers types dans la photographie de rue. La photographie de rue qui m'intéresse, celle que je considère ici, et celle qui je crois a donné ses lettres de noblesses au genre et à la photographie en général, est la photographie de personnes, d'hommes, de femmes, d'enfants, dans la rue ou dans les endroits publics des villes. La rue est alors le cadre, la scène du « théâtre de la vie », dont les acteurs sont les passants, les habitants, les commerçants, etc., sans oublier le photographe lui-même. On assimile souvent la photographie dite humaniste à la photographie de rue. La première qui insiste plus sur le côté humain (et naïf: candid photography) des scènes photographiées, est souvent plus européenne; la deuxième (la Street Photography) insiste plus sur la cité et est plus américaine. Mais ces distinctions sont bien académiques.

Le photographe de rue peut choisir de documenter une scène de la vie quotidienne, de montrer un panorama de personnes, des paysages humains, il peut insister sur un détail croustillant, humoristique de la vie urbaine, ou un « moment décisif » qui sublime une composition picturale, mais il peut aussi montrer le côté sinistre de la cité, des banlieues, la folie des hommes et de la vie moderne, jusqu'à la critique sociale.

Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Robert Frank, Diane Arbus, William Klein, Gary Winogrand sont parmi les grands noms que l'on associe à cette photographie de rue. Gary Winogrand est aujourd'hui devenu une légende. Ce photographe a consacré sa vie à la photographie des rues de New York. L'acte de photographier dans la rue était devenu son Graal, son obsession, sa raison de vivre même, au point que s'il a laissé à sa mort des douzaines d'images devenues célèbres, il a aussi laissé des milliers de bobines exposées mais non développées ! Bien d'autres se sont distingués dans la photographie de rue. Pour les lecteurs qui voudraient mieux connaître tous les personnages qui ont fait cette histoire et leurs images, un ouvrage américain relativement récent est devenu une référence obligée et une excellente introduction à l'histoire de la photographie de rue: Bystander: A History of Street Photography, de Colin Westerbeck et Joel Meyerowitz (Bulfinch Press, 448 pages, ISBN 0821227262).

Aujourd'hui la photographie de rue est quelque peu tombée en désuétude. Peu de photographes la pratiquent. Les raisons si par bonheur on pouvait les comprendre sont probablement multiples. Le flux des innombrables images de l'actualité à la télévision a rendu l'image fixe secondaire. La judiciarisation de la société, les questions du droit à l'image, à la vie privée, jouent sans doute un rôle inhibiteur pour les photographes. Les moyens de communications et d'informations modernes ont paradoxalement augmenté les distances entre les individus, et les rapports directs entre photographe et photographiés qu'implique la photographie de rue sont devenus encore plus difficiles à établir. Je crois enfin que les conditions de vie se sont globalement dégradées dans les grandes métropoles, et que les gens des villes détestent leur quotidien et n'ont pas grande envie de se voir en photographie dans des moments peu valorisants à leurs yeux. Il suffit de constater les conditions de transport dans le métro aux heures de pointes pour en être convaincu.

On trouvera bien plus facilement en librairie des ouvrages de photographie de rue qui montrent le passé plutôt que le présent. Les photographies de rue se bonifient avec le temps. Les rues, les coiffures, les vêtements changent. Quelques années après la prise de vue, les photographies de rue acquièrent en plus de leur qualité première un immense intérêt nostalgique et documentaire. Les photographes de rue travaillent aussi pour l'histoire..., à moins que ce ne soit l'histoire qui travaille pour les photographes de rue.

2 J'y vais ou j'y vais pas...

Un des acteurs du théâtre de la rue est le photographe lui-même. La photographie de rue est fondamentalement révélatrice de son attitude devant les gens, de sa psychologie. Dans la rue, il faut oser prendre des photographies des personnes que l'on a en face de soi, ces inconnus, ces étrangers, dont on ne connaît pas a priori la réaction. Cela peut se révéler difficile, voire impossible pour certains photographes. Mais cela se travaille aussi.

Un oeil exercé remarque facilement les images faites par des débutants en photographie de rue, ceux qui n'osent pas. Les personnes photographiées sont de dos, ou très loin dans l'image, ou elles sont tassées sur l'arrière-plan, ou la position de prise de vue est très basse et les personnes sont vues en contre-plongée. Disons le tout net: ces images sont rarement satisfaisantes et elles montrent surtout la non implication du photographe dans son travail. Ces images sont faites ainsi parce que le photographe ne veut pas être vu en train de photographier, de derrière le sujet ou de très loin, ou avec un téléobjectif pour les mêmes raisons, ou avec un appareil tenu caché à la hanche ou sur la poitrine, c'est-à-dire sans viser...

Il faut dépasser ces inhibitions. Si l'on y parvient, alors c'est le nirvana, du point de vue du résultat et du point de vue psychologique. Il n'est pas rare d'ailleurs qu'une poussée d'adrénaline submerge le photographe pendant l'action. Cela fait partie bien sûr de l'intérêt et du plaisir. Comment faire alors ? Différentes attitudes sont possibles. Elles oscillent toutes entre être particulièrement discret et se montrer ouvertement.

La première peur à vaincre est celle de la réaction des sujets photographiés. Les personnes que l'on photographie dans la rue réagissent toutes de manière différente, mais extrêmement rarement de façon négative. L'une jettera un coup d'oeil étonné, une autre détournera les yeux, une autre encore se mettra à faire attention au moindre de ses mouvements, etc. Pensez que votre timidité de photographe est le pendant de la timidité des personnes photographiées. Comment d'ailleurs réagissez-vous, vous, quand vous êtes photographiés dans la rue ? Est-ce de façon négative ? Si lors d'une séance de photographie de rue, le photographe devait provoquer des réactions plus franches, des interrogations, il peut être intéressant de tenir prêt à l'esprit une petite explication de la démarche, du type: « J'aime les rues, la foule, les mouvements, regarder les gens vivre... Et puis c'est amusant de photographier dans la rue: cela provoque des réactions, des discussions. La preuve avec vous ! ». Au mieux, vous aurez une discussion amusante avec une personne intéressée ou curieuse de ce que vous faites. Au pire, vous passerez pour un gentil illuminé... Rien de grave en tout cas.

Les attitudes du sujet photographié que je viens de citer sont d'ailleurs particulièrement recherchées par le photographe de rue expérimenté: curiosité, étonnement, regards brefs rendront vos photographies particulièrement percutantes. Un des jeux les plus amusants quand on pratique la photographie de rue est d'essayer de capter les regards. Vous pouvez être certains que le regard de ces inconnus sera le centre de l'image !

Mais on peut aussi rechercher dans la photographie de rue des attitudes plus naturelles encore et il est préférable alors de se faire plus discret. Il ne faut pas confondre cependant photographies discrètes et photographies volées. Les deux types sont possibles mais n'impliquent pas du tout la même démarche et la même attitude du photographe. Dans le premier cas, le photographe essaie d'obtenir les images les plus naturelles possibles des personnes dans leur environnement; il ne cherche pas alors le contact direct avant le déclenchement mais ne l'évite pas systématiquement non plus. Surtout que ce contact peut permettre au photographe d'enchaîner ensuite sur des portraits en situation, plus posés bien sûr, mais tout aussi intéressants.

Le cas de la photographie volée est différent. Une manière courante de la pratiquer est d'avoir l'appareil au cou, posé sur la poitrine et le doigt sur le déclencheur, puis de déclencher sans viser quand une scène intéressante se présente devant les yeux. Cela se fait donc sans que le sujet ne puisse remarquer le déclenchement. Les résultats obtenus seront des images généralement dynamiques en raison du point de vue plus bas que d'habitude, mais le cadrage sera évidemment assez aléatoire et les images finales peuvent montrer une nouvelle fois que le photographe ne s'est pas totalement impliqué dans sa démarche. S'il vaut mieux donc éviter les photos volées, des cas (désespérés) peuvent cependant la nécessiter. C'est le cas en particulier dans des endroits où la photographie est interdite, dans des milieux où le photographe est mal reçu, où il peut même y avoir un certain danger à photographier. On connaît tous les images de Robert Frank prises l'appareil à la hanche, dans des endroits hostiles où il lui était strictement impossible de montrer qu'il photographiait.

La photographie de rue au téléobjectif doit être évitée autant que faire ce peut pour les mêmes raisons. La page Telephoto Is For Cowards (en anglais) qui dénonce la « lâcheté » des photographes qui utilisent un téléobjectif pour la photographie de rue est sans doute excessive. Mais il n'en reste pas moins que ces photographies prises de loin n'ont jamais l'impact de celles faites avec des focales plus courtes. La vérité est souvent que le photographe qui utilise un téléobjectif pour les photographies de rue n'a pas osé s'approcher du sujet et cela se repère immédiatement sur l'image résultante, qui reste lointaine, impersonnelle. La photographie de rue au téléobjectif est aussi le meilleur moyen de passer pour un voyeur...

Une autre fausse bonne raison que l'on peut se donner pour ne pas déclencher dans la rue est qu'il est indispensable d'avoir un appareil silencieux pour ne pas être remarqué et que le sien fait trop de bruit. Il faut vraiment ne jamais avoir essayé et une sacrée dose de mauvaise foi pour ne pas se rendre compte que dans la rumeur de la rue, il est strictement impossible à une personne autre que le photographe d'entendre le déclenchement.

Il peut être intéressant pour pallier à la timidité naturelle du photographe de rue débutant, d'aller sur le terrain en groupe, à deux ou même à plusieurs photographes. Si vous êtes un garçon, amenez une amie avec vous pour ne pas effrayer les filles que vous croisez et que vous choisissez de photographier. Elle vous servira de couverture. Discutez, blaguez entre vous, avec les passants. Plus vous vous ouvrirez aux autres, plus facile se sera.

 

3 Exemples

La rue piétonne
La manière la plus simple de pratiquer la photographie de rue consiste sans doute à se rendre dans une rue populeuse, typiquement une rue piétonne commerçante un samedi après-midi, c'est-à-dire dans un lieu et à un moment où l'on est certain de rencontrer une foule assez dense. Toutes les grandes villes en possèdent au moins une aujourd'hui. Cette image a été faite rue Saint Rome à Toulouse:

Combien de personnes sur cette…
24mm (39mm éq.)

1/180e

f/8

800 iso

 

 

 

 

Il y a tellement de monde dans cette rue... Et encore il faut voir le premier jour des soldes ! Il a suffit ici de se planter au centre de la rue et de laisser la foule défiler devant l'objectif. Cette image est intéressante à mon goût parce qu'il y a beaucoup de choses à voir. D'ailleurs, combien voit-on de personnes sur cette image ?

L'occasion
Il faut être toujours prêt, l'esprit en alerte, et le cadre de l'objectif dans l'oeil. Ce fut heureusement le cas pour cette dynamique image, faite de très près au grand angle:

Persuasive
18mm (29mm éq.)

1/125e

f/8

400 iso

 

 

 

 

Cette image est le résultat des dix photographies que j'ai faites de la scène. Celle-ci a duré exactement 24 secondes. J'ai déclenché dix fois.

Voici comment cela est arrivé. J'étais assis à la terrasse d'un café et je me reposais d'avoir passer deux heures dans les rues à photographier. Une jeune fille et ses copines sont apparues sur le trottoir. Quand elles m'ont vu lever mon appareil et commencer à déclencher, toutes se sont mises à rigoler. La jeune fille se mariait bientôt et ses amies l'avaient forcée à vendre dans la rue des feuilles de papier toilette. La sympathique jeune fille que l'on voit au premier plan de l'image que j'ai retenue m'explique pourquoi je dois absolument acheter une feuille de papier toilette à sa copine qui se marie. Pendant ce temps, moi, assis, je déclenche.

Le regard
Capter les regards fait partie des classiques du genre:

Le mythe de Narcisse
24mm (39mm éq.)

1/350e

f/9,5

800 iso

 

 

 

 

Ces jeunes filles se photographiaient avec leur téléphone portable. M'approcher suffisamment près avec mon appareil a suffit pour qu'elles tournent leurs regards vers moi. L'image devient amusante et vivante de par ces regards qui circulent: celui du photographe, celui des jeunes filles, et celui des deux appareils photo !

La géométrie
Il est toujours intéressant qu'il y ait plusieurs points d'intérêt qui s'équilibrent dans une image. Cela permet au regard du spectateur de passer de l'un à l'autre. Je crois que c'est ce qui fait que cette photographie fonctionne:

La coupe du monde est déjà com…
18mm (29mm éq.)

1/180e

f/8

400 iso

 

 

 

 

Cette image a été faite à Montpellier dans des rues piétonnes plutôt vides et assez loin du centre ville. Les enfants et leurs jeux sont un sujet privilégié de la photographie de rue. Il en est de même pour les chiens, si on parvient à les rendre drôles, donc humains. C'est le cas ici avec cette ronde de chiens. Le ballon et les trois chiens forment le premier dipôle; la perspective de la rue le deuxième; les deux enfants sont au milieu de cette géométrie. Le regard du spectateur peut facilement passer d'un sujet à l'autre, sans jamais sortir de l'image.

Le coup sûr
Il y a des endroits où l'on peut être sûr de faire de bonnes images:

Les mariages à la mairie
24mm (39mm éq.)

1/250e

f/8

800 iso

 

 

 

 

Le lieu ici est la cour intérieure de la mairie de Toulouse. Tous les samedis de printemps sont l'occasion de nombreux mariages dans toutes les grandes villes. Où croyez-vous que les époux attendent avant de passer devant le maire ? Où croyez-vous qu'ils passent avant de partir au repas de noce ? Où croyez-vous qu'ils se laissent photographier par leurs parents, leurs amis ? Dans la cour de la mairie. Il ne reste qu'à en profiter.

L'évènement
Les manifestations qui se déroulent dans la rue permettent de faire très facilement des photographies de rue:

J'y crois pas !
24mm (39mm éq.)
1/60e
f/3,5
1600 iso
fill-in

 

 

 

 

 

 

C'est le cas des animations dans la rue, musiciens, artistes, réunions, baux municipaux, des manifestations politiques ou sportives. Cette photographie a été faite à l'occasion de la coupe du monde de foot. Après le quart de finale gagné contre le Brésil, les milliers de spectateurs qui avaient regardé la partie sur l'écran géant de la place du Capitole, ont parcouru les rues de Toulouse en chantant et dansant. Les évènements de ce type sont propices à la photographie de rue: il ne faut pas les rater. Il y a beaucoup de gens dans les rues, des mouvements, des gestes inhabituels, et les personnes ne demandent qu'à être photographiées ! J'ai privilégié sur cette image l'expression du personnage principal, du visage et des bras.

Ces images sont extraites d'une petite centaine de mes photographies de rue qui peuvent être vues ici.

4 La technique

Vient la question du matériel à utiliser, pour ceux (dont je ne fais pas partie) qui pensent qu'elle a de l'importance. Attention vous allez être surpris: on n'est pas obligé d'utiliser un Leica M. N'importe quel appareil convient: de l'appareil jetable à la chambre grand format, en passant par le compact ou le reflex numériques. Évidemment il faudra peut être adapter sa démarche. Si vous recherchez la discrétion par exemple, évitez la chambre grand format sur pied. Mais si l'on préfère se tenir au milieu de la rue pour capter les regards et engendrer des réactions, des discussions, c'est l'idéal !

Les bonnes focales sont toujours les plus courtes. Le 35mm (éq. 24×36) est la focale standard historique de la photographie de rue, mais le 24mm ou le 28mm (éq. 24×36) donnent encore plus de liberté au photographe et au regard du spectateur. Avec les courtes focales, le photographe et par conséquence le spectateur sont au coeur de la scène photographiée, de l'action, des sujets; ils entrent dans la foule. Les zooms standards 28-80 (éq. 24×36) tels ceux fournis sur les compacts ou en kit avec les boîtiers reflex conviennent très bien si l'on s'en tient aux focales inférieures au 50mm (éq. 24×36). Le 50mm semble être la focale maximale: il permet un bon grossissement du sujet tout en laissant encore la place à la situation de la scène et de l'environnement, nécessaires dans la photographie de rue.

Le plus souvent, le photographe de rue recherche les hautes vitesses et les petites ouvertures de diaphragmes, pour geler le mouvement quelque soit la vitesse de déplacement des sujets et éventuellement du photographe, et pour bénéficier d'une grande profondeur de champ parce qu'il y a généralement beaucoup de choses à voir dans une photographie de rue (accessoirement cela permet aussi de ne pas se soucier de la mise au point). Le plus simple et très efficace est de choisir une sensibilité de 400 ou 800 ISO puis de laisser faire le mode programme qui gère de manière généralement équivalente les montées et les descentes de vitesse et de diaphragme. Mais les alternatives sont toutes aussi intéressantes, même si dans la pratique elles sont un peu plus contraignantes. Le photographe de rue peut choisir d'utiliser une vitesse lente pour avoir des personnages flous (c'est une manière classique de suggérer l'agitation de la rue), ou utiliser un diaphragme très ouvert pour minimiser la profondeur de champ et faire ressortir un visage ou une personne au milieu de la foule.

La mise au point peut être laissée à l'automatisme quand on l'a, ou fixée sur une hyperfocale pour couvrir le maximum de profondeur de champs et pouvoir oublier les questions de mise au point. Le déclenchement en rafale peut présenter l'intérêt, à l'instar de la photographie de sport, de fournir de nombreuses images parmi lesquelles on pourra « éditer » ensuite la plus caractéristique du moment que l'on cherchait à extraire: c'est un procédé particulièrement courant dans le photo-journalisme. Il peut présenter aussi l'intérêt de fournir des photographies d'attitudes plus relâchées: une fois le premier déclenchement effectué, là ou les personnes visées se permettent des gestes qui peuvent se révéler plus intéressants que leur première attitude.

Plus généralement, il ne faut pas hésiter à beaucoup déclencher. Étant donnée la vitesse à laquelle les scènes se déroulent devant l'oeil du photographe, il est tout à fait normal que bon nombre des images au final ne correspondent pas à ce que l'on souhaitait obtenir. Il est courant de faire 200 ou 300 photographies en une heure ou deux (vive le numérique !) et de n'en retenir au final qu'une vingtaine ou une trentaine (d'où la maxime: 10% c'est excellent). Bien sûr cela dépend des habitudes et de la sensibilité du photographe. De toute façon, la chance et le hasard jouent un rôle en photographie de rue: se trouver au bon endroit, au bon moment, trouver la situation photogénique, l'expression juste des visages, nécessitent sans aucun doute beaucoup de pratique et beaucoup de déclenchements, mais aussi le soupçon de chance indispensable.

Dans la pratique, une possibilité est de se promener dans la foule, en remontant une rue dans sa partie où l'on est certain de croiser le plus de personnes possibles et de déclencher quand on aperçoit une personne, un groupe, une situation ou une scène intéressante. Une alternative est de se poster à un carrefour ou un angle de rue et d'attendre que les situations se présentent devant l'objectif. L'intérêt de cette dernière méthode est surtout que le photographe peut ainsi choisir le fond et les conditions de lumière où se dérouleront les scènes photographiées.

Attention à la lumière. Puisque ce qui est intéressant ici, ce sont les gens, leur visage, il vaut mieux éviter les lumières trop dures. Évitez les grandes places en plein après-midi dans l'été. Les ombres sont trop dures: les sourcils, le nez, les casquettes créent des plages noires sur les visages qui font ressembler les personnes à des zombies. Il peut être intéressant de jouer aux ombres chinoises, mais préférez généralement dans ces situations les endroits à l'ombre, ou attendez la fin d'après-midi (dans les pays méditerranéens, de toute manière, c'est à ce moment que la vie commence !).

Ajout du 6 mars 2008.

Si vous êtes arrivés jusqu'ici, c'est que la photographie de rue vous intéresse et que vous êtes très probablement français. Cela vous dirait de participer à une aventure de photographie de rue en commun ? Se retrouver dans un ville de France pour une scéance de photographie de rue en groupe ? Le groupe ipernity Photographie de rue voudrait servir à fédérer les photographes de rue français, permettre des discussions en français, et pourquoi pas, programmer des séances de photographies en commun dans une ville de France. Vous êtes tous invités à y participer. Chiche ?

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6 Comments / add your comment?

ACB pro says:
wow!!!! merci!!!! ^^
Posted 7 months ago. ( permalink )
Bigoode [Frozen account] pro says:
Ca c'est MEGA COOL !!!
je t'invite à aller voir notre Gabriel Michel national :) et regarder ce qu'il à dans son blog
ca pourrait t'interesser :))
bye

PS. MERCI :)

--
Coming from a user's blog (?)
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )
Rosy says:
Très intéressant, combien de fois j'en ai rêvé, surtout quand je me promène sur la Croisette mais je n'ai jamais osé et puis il faut un bon appareil!
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )
jp n'aime pas les pseudonymes replies:
Il suffit de commencer: après on se pique au jeu. Et l'appareil n'a aucune importance.
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )
Man-O-net says:
Tu l'as déjà mis ailleurs ce texte? je l'ai lu il y a quelques temps et j'avais énormément apprécier à l'époque..

--
Coming from bigoode blog (?)
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )
jp n'aime pas les pseudonymes replies:
Oui. J'ai écrit ce texte il y a un peu plus d'un an et il est aussi sur un autre site. Et merci pour l'appréciation. L'avantage d'ipernity quand même, c'est la quantité des personnes que l'on peut toucher et les commentaires. Et puis j'aimerais bien qu'il serve de fédérateur pour les photographes de rue français: voir ma toute récente initiative de créer un groupe de photographie de rue pour les photographes français.
Posted 7 months ago. ( permalink / translate )

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