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Un blog malheureusement çà peut servir à çà ......

Monday March 24, 2008 at 08:01AM

montrer un article qui ce matin m'a fait bondir et que je pressens depuis une dizaine d'année, et ce n'est pas fini, çà ne fait que commencer, car lorsqu'un "Pitbull" mord il ne lache jamais sa prise.
 

Mort de la Sécu: un roman mène l'enquête

Par David Servenay (Rue89) 15H29 23/03/2008

Dans "Il risque de pleuvoir", Emmanuelle Heidsieck décrypte les stratégies des assureurs pour privatiser le système de santé.

"Le tsunami, c'est bon pour les assurances." A la onzième page du roman d'Emmanuelle Heidsieck, le décor est planté: bienvenu dans un monde aussi illisible pour les profanes qu'il est déterminant pour notre avenir. Dans "Il risque de pleuvoir", l'écrivaine-journaliste décrypte une stratégie: comment les assureurs veulent s'emparer de la Sécurité sociale… en faisant main basse sur les données de santé. Glaciale anticipation.

Il y a trois ans, son premier roman "Notre aimable clientèle" (Denoël) avait suscité un intérêt d'initiés. Journaliste spécialisée dans l'actualité sociale, Emmanuelle Heidsieck y décortiquait les changements de l'ANPE, ou comment l'agence pour l'emploi s'adaptait d'un service au public à un service au "client". L'air de rien, sur un ton parfois badin. Trois ans plus tard, plus personne ne rigole à l'heure de la fusion Unedic-ANPE.

Un assureur old school se rebelle contre les requins de la finance

Alors, l'écrivaine récidive, mais cette fois en scrutant au plus près le monde grisâtre des assureurs. La scène? Un enterrement de première classe, où toute la profession parade. Le narrateur? Antoine, vieux crocodile au cuir épaissi par trente ans de métier. Antoine, cadre sup' mais prof' à Dauphine, catholique mais divorcé, bourgeois jusqu'au bout de ses vacances à Courchevel mais rebelle quand il faut saboter la mécanique implacable. Bref, un assureur old school qui conteste les nouveaux requins de la finance.

L'enjeu? Le contrôle des "données de santé", qui permettront aux grands groupes du secteur d'imposer un nouveau système de santé individualisé à l'extrême. En somme, une gifle à la Sécurité sociale française, solidaire et mutualisée. Dans la vraie vie, cette politique a été initiée par Alain Juppé à partir de 1996. (Voir la vidéo.)

 


 

Pince sans rires, subtil dans la description des humaines humeurs, le style d'Emmanuelle Heidsieck fait mouche. Au premier coup et aux suivants. Si le héros est un anti-héros, le méchant a tous les traits du gentil-grand-patron-aux-dents-longues: Alexandre Cadassus, X-Mines brillant, PDG de Ganax, remarié à l'ex-épouse… d'Antoine! Duel en double.

L'affrontement est terrible, dans un univers où un rictus est une insulte, où un mot de travers équivaut à un coup de poing dans la gueule. Sans jamais une once de trop, comme si l'activité d'évaluation des risques de l'existence menait à en soupeser le moindre aspect quotidien. Suprême intelligence.

Rendre explicite ce qui ne l'est pas pour le commun des mortels

Le tour de force du roman est alors de rendre explicite ce qui ne l'est pas pour le commun des mortels. Ceux qui, par exemple, ne lisent pas les compte-rendus des "Entretiens de l'assurance". Serait-ce aussi un renoncement aux vertus du journalisme, puisque cela fait bientôt vingt ans que l'auteur décrypte ces stratégies dans les meilleures publications? "Pas du tout", répond-t-elle, "journalisme et roman sont complémentaires". (Voir la vidéo)

 


 

Si l'exercice pédagogique est pleinement réussi, les plongées lyriques sont à géométrie variable. Parfois abyssales, parfois obscures. Parvenir à extraire du non-sens de l'austérité aride de ce sujet est une manœuvre visiblement difficile à maîtriser. Mais -et c'est là le sel de la démarche à mi-chemin du réel et de la fiction- les perspectives évoquées font réfléchir. Ainsi de cette explication non-fortuite livrée à quatre pages de la fin du texte:

"C'est Benoît Durand ou c'est Alexandre qui a eu l'idée? Personne ne sait. L'effet de surprise a été total. Personne ne s'y attendait. Ils ont réussi à mettre la main sur le Medef. Intrigues, manœuvres, tractations, renversements d'alliance.

"C'est un véritable putsch qu'ils ont mené pour que le candidat soutenu par la banque et l'assurance prenne le pouvoir du mouvement patronal présidé depuis toujours par l'UIMM, l'Union des industries et des métiers de la métallurgie.

"Un élément déterminant dans l'opération «données de santé» puisqu'ils ont désormais le plus puissant groupe de pression à leur disposition."

Nicolas Sarkozy aurait-il, lui aussi, des vues libérales sur la question de la Sécurité sociale? Pour l'instant, ça paraît encore assez flou même si, ajoute Emmanuelle Heidsieck, "depuis 2002, on a des gouvernements qui sont favorables à l'entrée des assurances privées dans ce secteur". (Voir la vidéo.)

 


 

Anticipation, disions-nous, ou quasi réalité?

Il risque de pleuvoir d'Emmanuelle Heidsieck - éd. du Seuil - 125p., 15€.

 

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Técile says:
Fort intéressant tout cela... je vais me procurer le bouquin !
...mais il est évident que depuis quelques années, les individus que nous sommes mutons en "clients"... même dans des secteurs comme le social par exemple, les jeunes qui sont accueillis dans des maisons d'enfants deviennent des clients ou des "produits" et les directeurs de ces associations deviennent peu à peu des "chefs d'entreprises"... Il faut rentabiliser même sur le dos de la souffrance... libéralisme oblige ! :)S
Posted 8 months ago. ( permalink / translate )

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