Voix et verdure pourtant, alentour,
et comme dans un tableau de maître
légèrement incliné sur la vitre du monde :
un merle invisible chante

et c'est la secrète douleur du peintre qu'on perçoit,
le tremblement de sa main dans la lumière.
Comme lui, nous restons debout, hors du cadre,
les yeux pris dans la pâte du jour,

écoutant sans entendre et regardant sans pouvoir
toucher, sinon le décalage de nos ombres
sur le pré, le porte-à-faux de toute vie :
être là, dans l'herbe drue, et douter

douter encore que la terre existe.


Guy GOFFETTE