As-tu, as-tu,
pour un dompteur que n'écoutaient
ni le vautour ni la panthère ;
as-tu, as-tu,
pour un compositeur
qui confondait cithare et lune rouge ;
as-tu, as-tu,
pour un vieux capitaine
qui chaque jour perdait une île ;
as-tu, as-tu,
pour l'homme qui était vertige,
pour l'homme qui était rosée ;
as-tu, as-tu,
pour un romanichel
qui n'avait rien dans le regard
que son navire en feu,
que son village courant sous les pierres ;
as-tu, as-tu,
consenti --- sacrilège ! ---
à remuer un cil ?


Alain BOSQUET