Musée des Beaux-Arts
Sur la souffrance, ils ne se trompaient jamais,
Les Vieux Maitres : comme ils comprenaient bien
Sa place dans la vie humaine, et qu'elle se produit
Pendant que quelqu'un d'autre est en train de manger
ou d'ouvrir une fenêtre ou de passer avec indifférence ;
Et, tandis que les vieux attendent pieusement, passionnément,
La naissance miraculeuse, qu'il faut toujours qu'il se trouve
Des enfants qui ne souhaitent pas spécialement qu'elle arrive, en train de patiner
Sur un étang au bord de la forêt.
Ils n'oubliaient jamais
Que même l'horrible martyre doit suivre son cours
N'importe comment, dans un coin, quelque lieu en désordre
où les chiens continuent à mener leur vie de chiens, et le cheval du tortionnaire
Frotte son innocent derrière contre un arbre.
Dans l' Icare de Bruegel, par exemple : comme tout se détourne
De la catastrophe sans se presser ; le laboureur a pu entendre
Le floc dans l'eau, le cri de désespoir,
Mais pour lui ce n'était pas un échec important ; le soleil brillait
Comme il devait sur la blancheur des jambes disparaissant dans l'eau verte,
Et le coûteux, le délicat navire qui avait dû voir
Quelque chose de stupéfiant, un garçon précipité du ciel,
Avait quelque part où aller et poursuivait tranquillement sa course.
W. H. AUDEN
L'homme solitaire n'a ni ami, ni ennemi.
Bisou
Bécassine has replied to EnriqueUne nouvelle poésie vous pend au nez demain, c'est tout ce que vous avez gagné ;-)
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