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August 8, 2008

Nuruddin Farah - Dons

Hier soir, j'ai commencé mon deuxième roman de Nuruddine Farah. Auteur que j'ai découvert récemment avec "née de la côte d'Adam".

 

Echapper au don, ne plus recevoir,

 c'est ce que désire plus que tout Duniya. À l'image de son pays, la Somalie, prisonnière de l'aide humanitaire, elle veut fuir ces dons intéressés qui font de celui qui reçoit l'obligé de celui qui donne, la femme appartenant aux offres des hommes, les pays du Sud aux surplus offerts par les pays du Nord.

Faisant jaillir de ce seul mot de " don " tous ses sens et tous ses pouvoirs, le merveilleux écrivain qu'est Nuruddin Farah, enchante autant le lecteur qu'il lui pose de questions.

Présentation de l’éditeur
Avec le talent qu'on lui connaît, Nuruddin Farah nous fait entrer au cœur de la réalité somalienne et nous détache d'une vision "exotique" de la littérature africaine, s'attachant aux cheminements individuels plus qu'aux péripéties. Les dialogues portent l'argumentation originale et pénétrante de Nuruddin Farah, et la manière tout à fait personnelle de ce grand auteur de poser des questions profondes, ici sur la valeur de l'aide humanitaire et des "dons" de l'Occident à l'Afrique. "Dons" est le deuxième volet de sa trilogie comprenant "Territoires", "Dons", "Secrets".

Duniya est sage-femme. Elle élève seule deux de ses trois enfants, Mataan et Nassiba. De nature indépendante et intègre, elle s’arrange pour vivre sans jamais faire appel aux autres.

Car Duniya ne désire qu’un chose : échapper au don qui, pour elle, est toujours intéressé et qui l’offense. " Toute générosité non sollicitée finit par créer des obligations, on se sent piégé dans un labyrinthe de dépendance ", explique-t-elle. Jusqu’au jour où deux événements viennent bouleverser sa vie et sa vision des choses : elle recueille un bébé abandonné et tombe amoureuse de Bosaaso.

Regard lucide

L’écriture de Nuruddin Farah, précise, imagée et chaleureuse, est un régal. L’auteur donne aux quatre chapitres de son roman une tonalité distincte mais l’amour et le don en sont la toile de fond commune. Comment accepter de recevoir sans se sentir redevable ? Comment donner sans attendre en échange de la reconnaissance ou " quelque chose qui corresponde à ce que nous avons offert " ? Telles sont les questions lancinantes qui hantent Duniya et finissent par constituer la problématique réelle de l’écrivain appliquée à la politique, à la religion et aux rapports hommes-femmes.

Nuruddin Farah, s’il n’a plus voix au chapitre dans son pays puisqu’il est exilé depuis 1972 pour raisons politiques, porte, à travers Dons, un regard aiguisé sur les problèmes de la Somalie et plus généralement des pays d’Afrique et de leurs peuples. " N’avons-nous pas, nous, dans le Tiers-Monde, perdu notre fierté et notre autosuffisance à cause de la soi-disant aide que nous recevons sans discuter du soi-disant Premier-Monde ? " fait-il dire à son héroïne.

La lucidité de l’auteur fait alors entrevoir le cynisme d’une certaine forme de don qu’on nomme " l’aide alimentaire ". Car c’est bien par cette " aide ", véritable atout des dominants, que les pays du Nord s’imposent à ceux du Sud.

Au final, seul l’amour réussit à échapper à cette logique calculatrice. L’amour généreux que Duniya donne à Bosaaso, et inversement. (source : http://www.afrik.com/article5480.html)

Né en 1945 à Baidhabo en Somalie, Nuruddin Farah a grandi dans l'Ogaden en Éthiopie; il a étudié en Inde et en Angleterre. Premier écrivain somalien à rompre avec la tradition orale, son œuvre, traduite dans une quinzaine de langues, est considéré comme l'une des plus importantes de l'Afrique contemporaine.

Au cours de sa jeunesse, il a appris le somali, l'amharique, l'arabe, puis l'anglais et l'italien.

Entre 1969 et 1972, il a contribué à la mise en place de la transcription du somali selon l'alphabet latin (le somali n'avait, jusque là, d'existence qu'en tant que langue orale).

Il publie son premier roman, From a Crooked Rib, "Née de la cote d'Adam", en 1970, un an après la prise de pouvoir par le général Siyad Barre, qui devint ensuite sa bête noire et dont la politique dictatoriale et autocratique servit de toile de fond à sa première trilogie, publiée entre 1979 et 1983.

Après plusieurs années passées à étudier en Inde, en Angleterre et en Italie, il publie, en 1975, un second roman, A Naked Needle, qui lui vaut les foudres du régime et l'oblige à s'exiler définitivement, menacé à mort.

Entre 1975 et 1992, il poursuit une vie d'errance, s'installant tour à tour dans plusieurs pays africains (Kenya, Éthiopie, Gambie, Nigeria) et refusant, comme certains de ses confrères, de s'installer aux États-Unis, où de nombreuses universités l'invitaient pourtant.

Après la chute du dictateur et l'effondrement de l'État somalien, il revint à deux reprises en Somalie, mais toujours en courant de grands risques personnels.

Il a publié deux trilogies romanesques qui constituent, à ce jour, l'essentiel de son œuvre.

La première comprend les romans Sweet and Sour Milk (1979), Sardines (1981) et Close Sesame (1983), et évoque les combats d'un groupe clandestin contre la dictature militaire de Siyad Barre.

La deuxième, dont le titre général est Blood in the Sun ("Du sang au soleil"), comprend les romans Maps (1986), Gifts (1992) et Secrets (1998).

 

 

Nuruddin Farah privé d’éditeur en France
SOMALIE - 1 juin 2008

Le Somalien Nuruddin Farah appartient à la famille des Gabriel García Márquez, des Chinua Achebe et des Philip Roth, qui ont profondément remodelé l’art romanesque hérité du XIXe siècle. Or le public francophone qui a lu avec délectation les premiers romans de cet auteur anglophone chercherait aujourd’hui en vain les traductions de ses ouvrages récents : Links (2004) et Knots (2007).

Depuis le changement de statut du Serpent à Plumes, ancienne maison d’édition de Farah, ce romancier, qui a raflé tous les grands prix littéraires excepté le Nobel, se retrouve sans éditeur en France ! Il a été question un moment qu’il soit publié par Le Seuil, mais le projet vient de capoter, en raison, semble-t-il, des problèmes de traduction et de cuisine interne entre éditeurs, agents et autres opérateurs du livre. (source : http://www.jeuneafrique.com/)

 

Note : deuxième livres de cet auteur que j'ai découvert avec "née de la côte d'Adam". Magnifique écriture. Dépaysement complet. Aperçu d'une autre culture... tout pour me séduire.

En savoir plus  :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nuruddin_Farah

http://fr.wikipedia.org/wiki/Somalie

http://www.lekti-ecriture.com/librairie/

Il est aussi l'auteur d'un essai fondamental sur la diaspora des années 1990 (Yesterday, Tomorrow, 2000), et de plusieurs pièces de théâtre, jouées mais non publiées. Il a confié en 2003 qu'il ne les ferait paraître qu'une fois qu'elles auraient été jouées à Mogadiscio.

Son œuvre est l'une des plus importantes de l'Afrique anglophone, et même de la littérature de langue anglaise. Son approche de sujets complexes au travers d'une langue habitée, poétique et refusant les conventions romanesques, lui a valu l'estime de la critique et d'un lectorat de plus en plus nombreux. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues, et il a obtenu, en 1998, le prestigieux Prix Neustadt.

Son avant-dernier roman publié, Links (2003, édition sud-africaine ; 2004, édition américaine), marque une forme de tournant, dans la mesure où il s'agit d'un récit empruntant ses formes et ses codes au western.

Le plus surprenant, sans doute, est la faible part, dans Links, des voix féminines, toujours essentielles dans l'œuvre de Nuruddin Farah, au point même que les éditeurs de son premier roman crurent que l'auteur était réellement, comme la narratrice, une jeune paysanne.

De fait, Nuruddin s'est souvent montré très inventif dans son approche des thèmes couramment abordés par les théoriciens des Gender Studies, allant jusqu'à critiquer, dans Maps, les dérives phallogocentriques du nationalisme à travers la métaphore de la menstruation masculine.

Nuruddin Farah est l'auteur de très nombreux articles. Essayiste et polémiste fin, il adopte un style parfois déconcertant et métaphorique, qui ne l'empêche pas de prendre des positions souvent radicales et ne font pas mystère de ses inimitiés.

Depuis trente ans, cet exilé cosmopolite a trouvé refuge dans la littérature ; il dit se sentir à l'aise dans cette langue anglaise qui lui a offert, semble-t-il, gîte et couvert.

Le second paradoxe tient au fait que cet écrivain sans lecteurs dans son propre pays jouisse d'une réputation internationale non négligeable. Le récipiendaire du très convoité Neustadt International Prize for Literature de cette année, délivré par la revue World Literature Today de l'université américaine de l'Oklahoma, est également tenu en haute estime par ses collègues écrivains comme Salman Rushdie, Chinua Achebe ou Nadine Gordimer.

Ce prix bisannuel, décerné seulement depuis 1970, concurrent sérieux du Prix Nobel (cf. La Quinzaine littéraire, février 1982), récompense pour la première fois un écrivain d'Afrique noire ; et c'est loin d'être une tare, l'unique auteur français distingué restant Francis Ponge en 1974. A cette occasion, Nuruddin Farah avait pour parrain le Kenyan Ngugi Wa Thiongo et pour concurrents Philip Roth, le Haïtien Frankétienne, la romancière anglaise Doris Lessing ou les poètes américains Adrienne Rich ou John Ashbery pour ne citer que quelques noms.

C'est Nadine Gordimer qui écrivait justement que Nuruddin Farah est "l'un des interprètes les plus fins de l'expérience troublée du continent africain" tandis que Salman Rushdie renchérissait en signalant qu'il est "l'un des plus fins romanciers africains actuels".

Les premiers romans de Nuruddin Farah sont disponibles en français grâce aux éditions Le Serpent à plumes et à 10/18 en France ainsi que Zoé en Suisse.

Dons, son dernier roman paru en France, subtilement traduit par Jacqueline Bardolph, nous plonge dans un Mogadiscio d'avant la belligérance.

Malgré les pénuries et les coupures d'électricité, les Somaliens se font fort de vivre en toute sérénité. Ils inventent mille stratagèmes pour trouver les denrées les plus élémentaires, du lait en poudre pour les nourrissons à l'essence pour les taxis collectifs.

Mais leurs espoirs, leurs rêves et leur soif de dignité restent intacts : "Contre toute attente, il y avait dans l'air une certaine gaieté. Chacun était prêt à entamer la conversation avec de parfaits inconnus sur n'importe quel sujet, même si la principale préoccupation de tous était la pénurie d'essence et les coupures de courant" (p. 10-11).

En tout cas, Nuruddin Farah est là pour éviter les écueils du pathos, du misérabilisme et du pauvre-mais-politiquement-correct, autrement dit la position bien confortable de la victime geignante. Toujours, chez Nuruddin Farah, les êtres gagnent en chair et en profondeur mentale qu'ils écrivent au féminin comme dans certains de ses précédents romans, Née de la côte d'Adam (Hatier, 1987 ; Serpent à plumes, 2000), Territoires (Serpent à plumes, 1995) et Dons ou, gageure non moins exemplaire, qu'il se mette à la place d'un patriarche pieux et asthmatique comme dans Sésame ferme-toi (Zoé, 1997). Partout, on rencontre la même chaleur, la même compassion et la même ironie à l'endroit de tous ses personnages, des plus odieux aux plus vertueux. (Cette note est en grande partie extraite d'un article d'Abdourahman A. Wabéri, ami de Nuruddin Farah et futur préfacier de Une aiguille nue.)

- source : http://www.africultures.com/index.asp?menu=themes&no_rubrique=5

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August 8, 2008

light - Tomates gratinées aux herbes

 

 

4 personnes

Tomates : 12
Ail : 3 gousses
Cerfeuil : 1/4 de botte
Persil plat : 1/4 de botte
Chapelure : 3 cuillères à soupe
Basilic : 1/4 de botte
Sel, poivre

Préchauffez le four à 180 °C (Th 6). Lavez les tomates et coupez-les en deux. Pressez chaque moitié entre vos doigts pour en chasser les pépins. Épluchez et hachez finement les gousses d'ail. Détachez les pluches de cerfeuil et de persil plat et hachez-les également.
Mélangez les hachis d'ail, de cerfeuil et de persil plat dans un bol avec du sel et du poivre. Répartissez le mélange sur chaque tomate en tassant bien avec vos doigts. Saupoudrez ensuite la chapelure par-dessus.
Déposez les tomates dans un plat allant au four. Enfournez pour 15 minutes.
Pendant ce temps, détachez les feuilles de basilic. Hachez-les grossièrement.
Lorsque les tomates sont cuites, ajoutez le basilic frais et servez tout de suite.


04/08/2008-http://www.e-sante.fr/recettes-de-cuisine-salees-C_82-3

Paule Neyrat, Diététicienne
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August 8, 2008

Fondant au chocolat au micro-ondes

 

 

 

6 personnes
préparation : 10 mn
cuisson : 7 mn

Ingrédients :
150 g de chocolat, 3 œufs, 100 g de sucre en poudre, 60 g de farine, 10 cl de lait, 1 sachet de levure, 80 g de beurre

Réalisation :
Mettre le chocolat et le beurre dans un grand bol adapté au micro-ondes. Faire fondre pendant 1 minute à puissance maxi. Réserver.
Battre les œufs et le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter la farine, la levure et le lait. Mélanger avec le chocolat et le beurre et mettre le tout dans un moule adapté.
Faire cuire à puissance maxi pendant 6 minutes. Laisser refroidir 5 minutes avant de démouler.

http://www.femmesplus.fr/recette/cuisine-Gateaux.12.html

Sais pas pour vous, mais là, une très grossssssssssssssssssssse envie ça !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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August 8, 2008

à propos de la biographie de Daniel Bermond sur Pierre de Courbertin

 

 

Le baron fait encore des remous
un article du blog de Pierre Assouline



 

C’est là une bien curieuse sensation que tout lecteur a éprouvée une fois au moins dans sa vie : on lit un livre, puis on en lit une critique et l’on se demande s’il s’agit bien du même ouvrage.
 
Parfois, le décalage est tel entre l’appréciation qu’on en a eu et celle que l’on découvre sous la plume d’un autre, que le doute est vraiment permis.
 
Le réflexe qui consiste à vérifier aussitôt sur la couverture est autorisé.
 
La question se pose avec la solide biographie que Daniel Bermond vient de consacrer à Pierre de Coubertin (428 pages, 22,50 euros, Perrin) après avoir déjà traité Gustave Eiffel et Bartholdi sur le même mode et avec la même rigueur.
 
Ce qui nous a fait aborder ce nouveau récit de vie avec un a priori favorable qui ne fut pas détrompé, d’autant qu’il a eu accès aux archives familiales, lesquelles recèlent notamment la correspondance entre son personnage et les membres du Comité International Olympique.
 
L’opportunité qui consistait à publier ce livre peu avant l’ouverture des olympiades pékinoises n’aura échappé à personne puisque la réinvention des Jeux fut la grande affaire du baron.

Aristocrate légitimiste gagné par les valeurs républicaines, le
 
L’auteur ne nous cèle rien des contradictions, des faiblesses, des échecs et des découragements de son personnage.
 
Il sait parfaitement ce qui fera problème : l’ambiguité d’une apologie du sport où éthique et esthétique ne font qu’une, l’apologie du “bronzage de la France” que son protecteur Jules Simon traduisait comme la nécessité de “refaire la race française”, le soutien à la tenue des Jeux Olympiques dans l’Allemagne hitlérienne, la confusion dès l’origine dans la pratique entre l’idéal sportif, le politique et le nationalisme…
 
 
Mais aussi ce que Olivier Villepreux dénonce dans son pamphlet pour en finir avec les JO Feue la flamme (Gallimard), à savoir que Coubertin aspirait à “prémunir la jeunesse contre l’oisiveté, le sexe et la pensée socialiste”.
 
Tout y est, clairement exposé et honnêtement raconté par Daniel Bermond.
 
Ce qui n’est pas vraiment l’avis de Jérôme Segal, chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches comparatives en sciences sociales (ICCR) de Vienne (Autriche). De la longue (trois pages) critique argumentée qu’il a mis en ligne sur le site de nonfiction.fr, il apparaît que tout dans cette biographie tend à une “réhabilitation” de Pierre de Coubertin. Lisez sa critique, puis lisez la réaction de Daniel Bermond, sollicitée par “La République des livres”. Troublant, isn’it ?

“D’abord, que M. Segal se rassure : Coubertin est tout sauf mon « héros », pas plus que ne l’étaient Eiffel et Bartholdi, d’ailleurs. Je n’ai, pour ma part, jamais confondu biographie et hagiographie.
 
Je crois - pardon de revenir en arrière - avoir suffisamment montré et démontré l’affairisme du premier et l’opportunisme politique du second pour me libérer de ce genre de reproche. Ou bien M. Segal m’a fort mal lu. Mais a-t-il mieux lu ce livre sur Coubertin ? Je n’en suis pas sûr, même si je lui reconnais une attention soutenue, certes un peu laborieuse dans son expression, et la parfaite honnêteté de ses commentaires. Seulement, quelle est son affaire, au fond ?

Il souhaitait a priori ne pas être dérangé dans ses certitudes sur le père de l’olympisme moderne, et voilà que je commets la faute impardonnable de vouloir « réhabiliter » mon personnage. Je ne sais pas ce que M. Segal entend par là, mais si j’ai tenté, si peu que ce soit, de me lancer dans cette « folle entreprise » consistant à gommer les pages sombres de la vie de Coubertin et les citations à charge, alors j’ai un sens de la réhabilitation passablement vachard !
 
Je le renvoie à cette phrase écrite par P. de C. à Edström, un de ses futurs successeurs à la tête du CIO, sur le Führer (« J’admire intensément Hitler… le chef du nouveau monde qui se lève… »).
 
Un propos extrait de la volumineuse correspondance de Coubertin consignée aux archives de Lausanne (il n’y a pas que les archives familiales que j’ai exploitées, deux semaines sur les bords du Leman m’ont également beaucoup appris, et bien d’autres fonds privés et publics).
 
Je le renvoie aussi aux écrits du baron sur l’inégalité des races qu’il justifie et sur la nécessité qu’il approuve d’inculquer le goût du sport aux « indigènes » pour mieux les mater. Je ne cache rien du bonhomme et ne fais pas qu’évoquer « subrepticement », comme à la sauvette, son racisme, son colonialisme et ses ambiguïtés sur la République. Quand je pense que mon éditeur me poussait sinon à plus de retenue, du moins à plus de brièveté.
 
Mais, à la différence de mon contradicteur, je ne prétends pas juger, ni inculper, ni disculper, ni « prendre parti ». Ce qu’il me reproche en toutes lettres, avec une cuistrerie bien ingénue. Étrange conception de la biographie, en particulier, de l’histoire tout court.

Je n’ai pas à faire ou refaire le procès de Coubertin, j’essaie de comprendre. Et tant pis si M. Segal a l’air de regretter que je ne dise pas tout crûment, ce qui l’aurait visiblement arrangé, que le baron était antisémite. Non, il ne l’était pas de manière obsessionnelle, mais il n’était pas non plus dreyfusard.
 
Quant à ce qu’il écrit de la « haute finance israélite », un Jaurès aurait pu l‘écrire. Malheureusement, cet antisémitisme mou imprégnait les esprits de ce temps, à droite et à gauche, il faut le reconnaître sans vouer nécessairement aux gémonies ceux qui s’y livraient par conformisme et facilité. Est-ce si difficile à saisir ? Coubertin n’était pas Drumont, il n’était même pas Siné…

Autre chose renversante : je n’ai pas fait le sort qu’elle aurait mérité à la biographie de Marie-Thérèse Eyquem, publiée en 1966 chez Calmann-Lévy. Segal est-il sérieux ici ou donne-t-il dans l’humour involontaire ? Un classique, certes.
 
Mais, du point de vue scientifique, excusez-moi, c’est le néant. Aucune référence, des citations suspectes, des conversations reconstituées, des événements romancés, un dithyrambe des faits et gestes du baron, tout y est.
 
S’il s’agit là du modèle biographique de M. Segal, je le lui laisse volontiers. Moi, je préfère les textes, autrement plus pertinents sur Coubertin, d’un Yves-Pierre Boulongne, d’un Louis Callebat ou, plus récemment, d’un Patrick Clastres. Cela étant, je n’oblige personne à me suivre..
 
Est-ce à dire que M. Segal entretient à plaisir le confusionnisme ? Je le pense, à le voir condamner à tout prix ici et là, assis sur ses convictions. Je le pense aussi, à sa propension à écorcher mon patronyme, une désinvolture assez ridicule. À six reprises, pas moins, peut-être davantage, me voilà nommé « Bremond » ! Un peu plus de modestie et de rigueur, M. Sagel… qui êtes passé complètement à côté du message, pourtant martelé, de ce livre, du début à la fin : si la France n’a pas compris et ne comprend toujours pas la trajectoire de Coubertin, c’est d’abord que, dès l’origine, elle n’est pas, quoi qu’elle prétende encore, une terre de l’olympisme. Était-ce trop vous demander de le saisir ?”
*
(”Portrait de Pierre de Coubertin”, photo CIO ; “Hitler à la tribune officielle”, photo Library of Congress via Michael Rogers ; “Jesse Owens vers la médaille d’or du 100 m aux Jeux de Berlin en 1936″, photo CIO ; “Manifeste olympique” récemment publié par la revue chinoise
Civilisation . La plupart de ces photos sont tirées d’un passionnant album de Bernard Morlino JO nostalgie (111 pages, 21 euros, Hors collection) bourré d’images surprenantes et d’anecdotes sur les coulisses des Jeux depuis l’origine) baron de Coubertin eut des relations contrastées et ondoyantes avec l’Angleterre, nation qui se considérait comme la patrie du sport, la dépositaire de son esprit et la propriétaire de sa philosophie.
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August 8, 2008

Espagne: la famille Franco s’accroche à son château

Où l'on reparle de la famille Franco...

 

 

 

Par Elodie Cuzin-http://www.rue89.com/monde

 

 

(De Madrid) Les organisateurs de ces noces fictives ont vu les choses en grand : Francisco Franco lui-même devrait être de la fête. "Nous avons demandé le permis au Ciel, enfin plutôt à l’Enfer, pour qu’il soit là", s’empresse-t-on de préciser au Comité pour la récupération de la mémoire historique de La Corogne (CRMH), en Galice. Avec cette cérémonie théatrâle, ses membres comptent protester contre le vrai mariage de l’arrière-petite-fille du dictateur espagnol qui aura lieu vendredi après-midi dans l’une des demeures estivales de la famille Franco, un bâtiment dont elle n’aurait jamais dû hériter, selon eux.

Les températures fraîches de La Galice sont appréciables lorsque la canicule règne sur le reste de l’Espagne. Pas bête, Franco passait donc tous ses étés au Pazo de Meiras, une résidence seigneuriale galicienne (nord-ouest de l’Espagne) aux trois fières tourelles de pierre construite à la fin du XIXe siècle et qui avait été "offerte au dictateur par le peuple de Galice" en 1938. Plutôt qu’un généreux cadeau, elle fut en fait achetée et rénovée par les autorités franquistes locales au prix de donations forcées, retenues sur les salaires des gens du coin. Un véritable "impôt révolutionnaire", selon Rubén Afonso Lobato, responsable de la Communications du CRMH.

Dès lors, pour le comité et une bonne partie de la presse de gauche espagnole, les noces en grandes pompes de Leticia Giménez-Arnau Martínez-Bordiu, arrière-petite-fille du Caudillo, ont été organisées dans ce lieu précis pour provoquer. Elles ponctuent en effet une bataille judiciaire rocambolesque (Voir l’article d’Ibère espace) qui oppose le gouvernement régional, la Xunta, à la fille du dictateur, Carmen Franco, depuis plusieurs mois.

Malgré les résistances de la famille, l’exécutif local vient de remporter une victoire et devrait finalement pouvoir bientôt inspecter les lieux, première étape qui conduira le Pazo à être déclaré bien d’intérêt public et donc ouvert aux visites quatre jours par mois. Mais ce n’est pas assez pour Rubén Afonso Lobato :

"Ce lieu fut volé et ne devrait plus appartenir à la famille Franco mais à l’Etat. Nous exigeons qu’il devienne patrimoine public",

 

Il précise toutefois que son organisation ne compte pas empêcher l’entée au mariage avec la manifestation.

Photo: Le Pazo de Meirás (DR)

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August 8, 2008

Victor Hugo : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde? Elle le doit»

 

 

Dominique Jamet avait imaginé, pour Marianne, une série d'entretiens posthumes avec les plus grands auteurs français, de Rabelais à Sartre. Pour ceux qui n'avaient pas eu la chance de les lire en 2006, nous les republions dans leur intégralité. Aujourd'hui, Victor Hugo.



 

 

 

 

Ce diable d'homme est toujours vert, de ce vert dont on fait les volées de bois. Et, malgré son grand âge, il est encore prêt à en donner. La preuve...

Victor Hugo me reçoit dans ce magnifique palais du Luxembourg dont la République tardivement reconnaissante lui a fait don, on s'en souvient, pour le deux-centième anniversaire de sa naissance.

 

Dans les jardins, désormais privatifs, des enfants s'ébattent par centaines autour du bassin et sous les frondaisons: ils constituent la descendance de l'écrivain, légitimes et légitimés pêle-mêle.

 

Côté rue de Vaugirard, s'étire sur le trottoir en interminable file une foule colorée et silencieuse. En dépit de l'âge, l'immense poète a encore gagné en stature, à vue de nez une bonne vingtaine de centimètres. «C'est dit-il, que le jeune homme est beau mais le vieillard est grand.»

 

Malgré de petits problèmes d'audition, l'auteur des Misérables, qui refuse d'être appareillé, est toujours vert, de ce vert dont on fait les volées de bois. Bien qu'il ait accepté récemment de recevoir des implants dentaires, on ne peut pas dire qu'il mâche ses mots.

Victor Hugo, quel jugement le sénateur inamovible que vous êtes porte-t-il sur Factuel gouvernement?

Ce gouvernement n'est pas un gouvernement, c'est un complot Ce n'est pas une équipe, c'est une débandade. Ce n'est pas une politique, c'est une déroute. Ce n'est pas un ministère, c'est un hôpital...

Envers lequel vous manquez singulièrement à la charité...
Mensonges, dédain et morgue... Villepin, ce nom à lui seul est un programme. On a détruit la Bastille, on a incendié les Tuileries, mais le Château est toujours là. On a chassé Charles X, mais Polignac est resté en place.

Il n'y a donc aucune chance que vous votiez le budget que présentera ce gouvernement à l'automne...
Ce budget pas plus qu'un autre, venant de ce gouvernement pas plus que d'un autre gouvernement. Il y a soixante ans, vous le savez, depuis la fin de la dernière grande tuerie qui a ensanglanté l'Europe et le monde, qui a vu le frère se jeter sur le frère, Abel égorger Caïn, Castor éventrer Pollux, Etéocle poignarder Polynice, j'ai annoncé que je ne voterais aucun budget qui comporterait un chapitre militaire.

 

C'est un engagement que j'ai pris envers ma conscience, ma conscience seule pourrait m'en délier. Il faut consacrer les milliards gaspillés pour la défense à la seule guerre qui soit juste et féconde, à la guerre contre l'ignorance, la misère, la maladie et la faim. Il faut que l'obus qui saccage, la bombe qui détruit, le missile qui dévaste laissent la place à la fusée qui découvre, au microscope qui scrute l'infiniment petit, au télescope qui explore l'infiniment lointain.

 

Quoi! On aurait aboli la peine de mort, cette arme absolue de la guerre que la justice livre au crime, et on n'abolirait pas la guerre, cette extension de la peine de mort à toute l'humanité. L'esprit pris de vertige recule devant ce gouffre. La barbarie dit: «Tue!» La civilisation répond: «Qui t'a permis de me tutoyer?»

Vous qui fûtes le prophète visionnaire et l'infatigable barde des Etats-Unis d'Europe, vous avez l'an dernier préconisé le non au référendum qui aurait donné une constitution à l'Europe. Votre prise de position a été mal comprise. M. Ramier a parlé de paradoxe, M. Cohn-Bendit a mis en cause votre lucidité, M. Juppé a mis en doute votre intégrité... mentale, M. Giscard d'Estaing a stigmatisé ce reniement de toutes vos convictions.
Oui, on a dit ici et là que les Français avaient refusé un texte que la France avait élaboré, présenté et soutenu. Mais c'est confondre la France et un quarteron de notables sans légitimité. Un giscarnaval n'est pas une épiphanie. La France, par bonheur consultée, a rejeté une proposition à laquelle les Français n'avaient été nullement associés. Il n'y aura de constitution européenne que le jour où sera soumise à l'approbation de tous les peuples d'Europe, et non de leurs parlements, une charte discutée, délibérée et adoptée par une Assemblée constituante élue à cet effet. Alors, le oui déferlera comme une vague immense et emportera toutes les résistances et tous les vestiges du passé. Je ne sais pas si je verrai ce jour, mais nos enfants le verront. L'Europe sera parce qu'elle est.

En attendant, l'Europe n'avance pas.

Oui, l'Europe sans la France est paralysée. La France sans l'Europe est aveugle. Unissez ces deux infirmités, fédérez ces deux impuissances l'une à l'autre, et vous aurez une force invincible.

Vous vous êtes élevé avec force contre toutes les propositions restrictives de l'immigration. Mesurez-vous les conséquences qu'aurait la suppression de tout contrôle, de toute limitation, de toute règle?
Oui. Je ne sais plus qui a dit: «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.» Cette France-là n'est pas la mienne. La France doit accueillir toute la misère du monde. Il faut toutes les couleurs pour faire un arc-en-ciel. Ma patrie, c'est la Terre. Ma race, c'est l'humanité. Je ne sais pas ce qu'est un illégal, un clandestin, puisque je ne sais pas ce qu'est un étranger. Tous les sans-papiers, tous les sans-logis, tous les sans-avoir peuvent se présenter chez moi. Ma porte leur est ouverte. Qu'ils le sachent!

On assure que vous travaillez à un nouveau poème, plus ambitieux que la Légende des siècles, plus définitif que la Fin de Satan...
Oui, c'est le grand dialogue entre celui qui est tout et celui qui n'est rien. Cela s'appellera Toi et moi. Toi, c'est Dieu, et moi...

C'est vous.


Depuis quelques minutes, on tambourine à la porte. La rumeur et l'obsédant roulement des djembés ne cessent d'enfler dans l'escalier monumental. Hugo ne réagit pas, bon coeur peut être dur d'oreille. Mais Fatoumata, la petite soubrette sénégalaise en robe noire et tablier blanc, entre effarée dans le bureau du patriarche. C'est elle que des paparazzi ont surprise l'autre jour alors qu'elle sortait de l'hôtel Raphaël en compagnie de son patron. Le ministère de l'Intérieur a réussi à empêcher la publication des photos. «Monsieur, dit-elle, il y a là des milliers de gens qui vous demandent.» Alors Hugo, superbe: «Qu'ils entrent. Ils sont ici chez eux!» Il ajoute, mezza voce:
«Dans la limite des places disponibles.»


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source : Marianne

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