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August 21, 2008

Mondialisation de la rentrée littéraire



En recherchant la nouvelle émission littéraire de France 2, trouvé cet article... pour en savoir plus sur le site, cliquez sur le titre.


*


Ce qu'on appelle la " rentrée littéraire " repose sur une double antinomie qui crée la tension médiatique que l'on connaît.


Deux niveaux se répondent :


d'une part, un milieu éditorial qui se pense raisonnable, patrimonial, mais qui sait aussi organiser des " coups " pour qu'un succès saisonnier renfloue les caisses ;
d'autre part, un produit, le livre, que son contenu engage dans des conflits symboliques, esthétiques, politiques ou autres, mais qui se laisse médiatiser par quelques " personnes autorisées ", comme disait Coluche, que bien des lecteurs suivront aveuglément.

Par conséquent, chaque rentrée prétendue nouvelle ne l'est que par sa théâtralisation en plusieurs actes :

fin août, les lamentations devant l'avalanche de titres annoncés (1) ;

fin septembre, les premières listes de sélection des prix ; octobre-novembre, les principaux prix décernés et les listes de vente (2) ;

décembre, les ouvrages à offrir pour les fêtes.

Au détriment des textes qui sont moins lus que commentés, la rentrée vise en fait à renforcer des institutions : les maisons d'édition, la critique, les jurys de prix littéraires.

La littérature semble alors prise en otage par sa contemporanéité-même, ou, pour le dire autrement, les forces du texte sont occultées par les enjeux du livre.

Henri Meschonnic prétend que la poésie est le pire ennemi du poème, surtout depuis qu'elle s'institutionnalise en " Printemps des poètes ".

Or, dans le même temps, et c'est pourquoi nous en parlons, chaque rentrée est suivie par des amateurs de littérature qui cherchent à satisfaire leurs goûts mais qui n'ont plus besoin d'être à Paris.

L'histoire littéraire contemporaine ne peut plus être abordée sans que l'on considère ses relations avec l'informatique et les réseaux numériques. D'un bout à l'autre de la chaîne du livre, la numérisation et le transfert à haut débit se développent et tendent à devenir la norme, qu'on le veuille ou non.

Bien sûr, si les opérateurs traditionnels de cette chaîne participent, voire orchestrent eux-mêmes cette révolution, ils ont de meilleures chances de préserver certaines exigences de qualité. Après nombre de lecteurs, de bibliothèques et de librairies, c'est ce que les maisons d'édition sont en train de comprendre, et pour certaines déjà, de réaliser. J'en veux pour preuve la rentrée littéraire de l'an 2000, date fantastique pour nos ancêtres - qui n'avaient peut-être pas tort…

L'amateur de littérature farouchement réfractaire aux ordinateurs sait-il que la rentrée littéraire a commencé dès la mi-août sur Internet ?

D'Oslo, de Mexico ou de Tokyo, on en sait déjà plus qu'à traîner dans les cocktails parisiens, grâce aux sites web des éditeurs et des rubriques littéraires des principaux journaux (3)

Il est aussi possible de recevoir des lettres d'information (électroniques) d'éditeurs ou de sites littéraires.

Ainsi, dès ce moment, on voit surgir d'un seul coup, et de tous côtés, les nouvelles parutions, les désirs de scandale, les échos des vestiaires de la course aux prix. C'est à qui aura les meilleurs pronostics ; on décerne des étoiles ; même sans autorité, on commente à tour de bras ; et toutes ces pages web sont assorties de liens vers la librairie électronique.

Que l'on ne prétende pas que c'est toujours pareil ! La diffusion mondiale d'une grande quantité d'information, avant même la parution des livres et même avant le " Bouillon de culture " de la rentrée (4), est un élément nouveau dont les conséquences devraient être regardées de près par tous.

Et elles le seront par tous ceux qui s'en estiment les spécialistes ou qui espèrent en retirer un bénéfice : enseignants et responsables de médiathèques à l'étranger, retraités dans le Gers, pigistes virtuels, écrivains sans éditeur, cyber-libraires, et j'en passe. Un jour ou l'autre, cela aura forcément une répercussion sur la qualité et la diversité des oeuvres, sur leur disponibilité et leur acheminement au lecteur.

Dans une certaine tradition de la rentrée littéraire, les ouvrages n'étaient lus et connus que de quelques journalistes spécialisés (parfois appelés " les critiques " (5)), qui en présentaient quelques-uns dans leurs médias forcément locaux, quand bien même nationaux, entraînant dans les semaines et les mois suivants des traînées d'informations et de rumeurs qui ne généraient pas forcément l'achat, et ceci jusqu'à l'attribution des prix qui consacrait 4 ou 5 ouvrages dont la vente allait dépasser les quantités confidentielles des malchanceux.

Mais cette année, plus encore que l'an dernier où ce phénomène de mondialisation commençait à apparaître, les ouvrages sont déjà en cours de commentaire en juillet-août, et leurs commentaires en cours de lecture par des milliers d'amateurs connectés aux sites web qui publient gratuitement et instantanément ces articles.

On le voit, il n'est pas encore question du grand public (pas encore connecté, et qui, de toute façon, n'achète pas plus de 4 ou 5 livres par an), mais bien de ces amateurs de littérature, et plus particulièrement de littérature française et francophone, disséminés sur la planète, universitaires ou non, et qui sont eux-mêmes prescripteurs de lecture dans leur famille, leur entourage ou leurs classes, n'hésitant pas, à l'occasion, à montrer comment, d'un pays lointain, on commande des livres par Internet (6).

L'ancienne dispersion géographique des amateurs, leur isolement et après-coup informationnels s'opposaient au centralisme revendiqué des milieux parisiens autorisés. Ou plutôt en dépendaient. Or le web règle leur compte d'un seul coup à ces trois paramètres (dispersion, isolement, retard). Même si les informations initiales proviennent encore de Paris, nul doute qu'elles vont très vite être relayées de partout, faisant naître un tissu de commentaires qui influencera en retour les critiques-à-la-source.

On peut encore douter que les médias traditionnels (voir les sites web du Monde, de Libération ou du Figaro) souhaitent réellement favoriser cette greffe d'un rhizome mondial d'amateurs sur la racine des critiques parisiens, car au fond ils ne changent pas de métier, ils ne font que s'adapter (en beauté) aux nouvelles technologies.

En revanche, nul doute du côté de certains éditeurs qui informent directement leur public, ce qui est nouveau pour eux, et qui l'élargissent par la même occasion, en proposant des choses résolument originales (ouvrage numérique mensuel gratuit chez

Les éditeurs ne sont d'ailleurs plus les seuls à offrir des contenus de nature pré-éditoriale. Citons

Remarquons toutefois l'énorme retard conceptuel des " magazines littéraires " traditionnels (

Surtout si l'on compare avec la créativité surprenante de sites comme
Fabula, celui de la récente revue virtuelle Inventaire/Invention, devenue aussi éditeur cet automne, ou de la République-des-Lettres.

Ou, plus encore, de tous les sites individuels (ou quasi) que dirigent la passion et le parti-pris (sites de François Bon, de Jean-Michel Maulpoix, sites sur Angot ou Houellebecq, sites de poésie contemporaine, de théâtre contemporain, etc.)

On peut également féliciter Les Inrockuptibles qui ont mis en ligne des extraits lus des ouvrages " de la rentrée " et des interviews des auteurs (10).

Finissons provisoirement par ce qui semble être le danger pour TOUS ceux qui souhaitent un web de liberté, de fraternité, et d'e-qualité : les sites de " grossistes " en information/vente, sortes de " category-killers " massivement orientés commercial, avec emballage convivial, contributif (non-rémunéré) et récupération sauvage tous azimuts.

Je suppose que pratiquement tous les fadas de littérature connaissent ces sites... sinon, un petit clic s'impose.
Webencyclo et Auteurs.net en sont les prototypes, et les librairies comme la FNAC, BOL et Amazon n'en sont pas loin (11)…Magazine Littéraire, Lire, La Quinzaine littéraire, etc.) qui ne savent encore rien faire de leur site web en dehors de la gestion de leur patrimoine (extraits d'archives) et de l'exploitation mesquine de leur numéro en cours (sélection d'articles en ligne). Urbuz.com qui offrait une bonne animation de rentrée dans sa rubrique livres, le site Zazieweb et sa rubrique d'actualités littéraires, sans oublier la possibilité d'écouter toutes les émissions, littéraires ou non, de France-Culture (en direct ou en différé) (8). 0h00.com, feuilleton de Jacques Jouet chez POL, également diffusé sur France-Culture, pour n'en citer que deux (7)).
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August 21, 2008

L'Australie autorise l'extradition vers la Hongrie de Charles Zentai, accusé d'un crime nazi

SYDNEY CORRESPONDANCE

Le tribunal d'instance de Perth vient d'autoriser l'extradition d'un homme accusé d'avoir commis un crime nazi.
Mercredi 20 août, la cour a jugé que Charles Zentai, 86 ans, un infirmier à la retraite arrivé en Australie en 1950, remplissait les conditions pour être extradé vers la Hongrie. Il a été placé en détention puis libéré sous caution.
Karoly Charles Zentai était classé parmi les dix criminels de guerre les plus recherchés par le Centre Simon-Wiesenthal, qui a retrouvé sa trace en 2004. Un an plus tard, la Hongrie avait lancé un mandat d'arrêt international et demandé son extradition à l'Australie.

L'homme est accusé d'avoir tué un jeune juif, à Budapest, le 8 novembre 1944.
Agé de 23 ans, M. Zentai était alors membre d'une unité militaire hongroise sous contrôle nazi. Ayant identifié Peter Balazs, un jeune homme âgé de 18 ans qui ne portait pas l'étoile jaune, il l'aurait, avec deux autres soldats, frappé à mort avant de jeter son cadavre dans le Danube.
En 1947, les deux coaccusés de Charles Zentai avaient été condamnés pour le meurtre, sur la base de témoignages présentés à la Cour du peuple de Budapest.
La famille de M. Zentai affirme que ces témoignages avaient été obtenus sous la contrainte.

L'homme s'est toujours dit innocent, soutenant qu'il avait quitté Budapest la veille du crime. "En tant que soldat, je devais exécuter les ordres, mais aucun de ces ordres n'a jamais eu à voir avec le rassemblement de juifs ou la torture", s'est-il défendu il y a quelques mois, sur la chaîne australienne ABC.

Depuis 2005, Charles Zentai combat sa demande d'extradition devant les tribunaux australiens. Il peut encore faire appel auprès de la Cour fédérale de justice. En dernière instance, ce sera au gouvernement australien de décider ou non de son extradition.

L'homme souffre de problèmes cardiaques et sa famille affirme qu'un procès en Hongrie lui serait fatal. "Avec toutes les procédures légales, cela pourrait de toute façon prendre des années avant qu'un procès puisse avoir lieu à Budapest", selon Konrad Kwiet, professeur à l'université de Sydney et membre de la commission d'enquête sur les criminels nazis en Australie.

Si elle se produit, cette extradition sera une première. L'Australie, qui avait accueilli des dizaines de milliers d'Européens déplacés après la seconde guerre mondiale, a longtemps été critiquée pour sa réticence à aider à démasquer des nazis.
"Il a fallu attendre 1986, trente ans après, pour qu'un gouvernement reconnaisse que l'Australie avait hébergé des criminels de guerre", explique Suzanne Rutland, spécialiste de l'histoire juive à l'université de Sydney. Des historiens estiment que des centaines de nazis auraient trouvé refuge en Australie, aucun n'ayant jamais été condamné.

Marie-Morgane Le Moël
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/21/l-australie-autorise-l-extradition-vers-la-hongrie-de-charles-zentai-accuse-d-un-crime-nazi_1086231_3216.html#xtor=RSS-3208
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August 21, 2008

Tarte fine aux tomates et au parmesan

4 personnes
préparation : 15 mn
cuisson : environ 1 h 1/4

Ingrédients :
200 g de farine ; 150 g de beurre ; sel ou 1 fond de pâte feuilletée (rayon frais ou surgelés) Garniture : 10 tomates olivettes ; 4 gousses d’ail ; 1 branche de thym ; 50 g de parmesan ; 3 cuillères à soupe d’huile d’olive ; sel, poivre

Réalisation :
Préparez la pâte feuilletée : sortez le beurre du réfrigérateur ; versez la farine sur un plan de travail, formez un puits, ajoutez une grosse pincée de sel et un peu d’eau. Travaillez à la main jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts en rajoutant de l’eau au fur et à mesure. Formez une boule, recouvrez-la d’un film alimentaire et laissez-la reposer à température ambiante 20 minutes. Farinez le plan de travail et un rouleau à pâtisserie. Etalez la pâte en rectangle. Déposez dessus le beurre coupé en petits morceaux, repliez la pâte sur le beurre en trois parties, comme un portefeuille. Tournez la pâte d’un quart de tour vers la droite, étalez-la à nouveau en rectangle, repliez-la en trois. Recouvrez-la d’un torchon, laissez reposer 20 minutes . Renouvelez l’opération 2 fois, laissez reposer 20 minutes, puis recommencez encore 2 fois.

Préchauffez le four th. 7 (210°).

Pelez les tomates après les avoir ébouillantées, épépinez-les et coupez-les en tranches.

Pelez l’ail, hachez-le.

Mettez les tomates dans un plat à four huilé, ajoutez l’ail, parsemez de thym et faites cuire 45 minutes au four. Retirez-les du four.

Etalez la pâte et garnissez-en un moule à tarte légèrement huilé.. Recouvrez la de papier sulfurisé et de haricots secs et faites-la cuire à blanc 15 minutes. Retirez le papier et les haricots et versez les tomates cuites. Arrosez d’huile d’olive et enfournez. Laissez cuire 5 minutes.

Prélevez des copeaux dans le parmesan avec un couteau économe, disposez-les sur les tomates et remettez au four 3 minutes pour que le fromage fonde. Servez chaud ou tiède.

http://www.femmesplus.fr/recette/cuisine-Tartes_quiches_et_gratins.43.html

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August 21, 2008

Boris Vian - L'Arrache-coeur

souvenir de lecture


Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution !
On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ?
Le psychiatre Jacquemort se le demande puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans un bien sale ruisseau.
Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde.
En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.
L'Écume des jours

Chick, Alise, Chloé et Colin passent leur temps à dire des choses rigolotes, à écouter Duke Ellington et à patiner.
Dans ce monde où les pianos sont des mélangeurs à cocktails, la réalité semble ne pas avoir de prise. On se marie à l'église comme on va à la fête foraine et on ignore le travail, qui se réduit à une usine monstrueuse faisant tache sur le paysage.

Pied de nez aux conventions romanesques et à la morale commune, L'Ecume des jours est un délice verbal et un festin poétique.
Jeux de mots, néologismes, décalages incongrus... Vian surenchérit sans cesse, faisant naître comme un vertige chez le lecteur hébété, qui sourit quand il peut.
Mais le véritable malaise vient d'ailleurs : ces adolescents éternels à la sensibilité exacerbée constituent des victimes de choix. L'obsession consumériste de Chick, née d'une idolâtrie frénétique pour un certain Jean-Sol Partre, semble vouloir dire que le bonheur ne saurait durer.
En effet, l'asphyxie gagne du terrain, et l'on assiste avec effroi au rétrécissement inexorable des appartements. On en veut presque à Vian d'être aussi lucide et de ne pas s'être contenté d'une expérience ludique sur fond de roman d'amour.

J'irai cracher sur vos tombes

Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin.

Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes.

Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein.

Ecrit à la suite d'un pari, cet excellent pastiche de roman noir fut publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un prétendu auteur américain.

Récit d'une vengeance, dénonciation du racisme et de l'intolérance, ce best-seller fut jugé à l'époque immoral et pornographique, ce qui amena son interdiction en 1949 et la condamnation de son auteur pour outrage aux bonnes moeurs













*







citations

A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus?

C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.

C'est les jeunes qui se souviennent. Les vieux, ils oublient tout.

Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes c'est celui de chacun.

Dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante.

Du temps que les femmes ne votaient pas, on faisait la guerre pour elles. Maintenant qu'elles votent, on la fait pour le pétrole. Est-ce un progrès?

Il est évident que le poète écritSous le coup de l'inspiration
Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.

Il vaut mieux être déçu que d'espérer dans le vague.

Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Et si les mots étaient faits pour ça?

Je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai.

L'homme est une prison où l'âme reste libre.

Le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué.

Le malheur avec un type intelligent, c'est qu'il n'est jamais assez intelligent pour ne pas se dire qu'il est le plus intelligent.

Le propre du militaire est le sale du civil.

Le ridicule ne tue nulle part mais, aux U.S.A., il enrichit drôlement.

Le travail est l'opium du peuple... Je ne veux pas mourir drogué!

Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière.

Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme. Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, celui de chanter…

Les prophètes ont toujours tort d'avoir raison.

L’absurdité des batailles qui sont des batailles de mots mais qui tuent des hommes de chair.

N’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas.

On commence à avoir des malheurs quand on a cessé de ne penser qu'à soi.

Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu.

Ça m'est égal d'être laide ou belle. Il faut seulement que je plaise aux gens qui m'intéressent.

Boris VIAN à Ville d’Avray et Paris
Les Fauvettes.

Avec un grand-père bronzier d’art qui fabriqua les grilles d’Edmond Rostand à Cambo-les-Bains, quelle destinée autre que littéraire aurait pu avoir Boris Vian ?

Il naît 41 rue de Versailles à Ville-d’Avray le 10 mars 1920. Sa mère, amoureuse d’opéra, le prénomme ainsi en souvenir de Boris Godounov.
33 rue Pradier, la villa des Fauvettes où la famille emménage bientôt, est pour Boris, ses frères et sa soeur un petit paradis.
Il souffre toutefois d’une insuffisance cardiaque qui fait de lui un enfant trop protégé, angoissé par les angoisses de sa mère.
La tante Alice est une chef pâtissière. Elle aime aussi s’enfermer dans la salle de bain pour dévorer des livres.
Boris visite régulièrement la bibliothèque de leur voisin de la villa "Le Lys rouge", Jean Rostand, le savant, fils d’Edmond. Boris et François, fils de Jean, sont camarades de jeux.
Une institutrice vient instruire les enfants à domicile. Boris sait lire et écrire à cinq ans. À huit ans, il "connaît" toute la littérature française jusqu’à Maupassant. Il découvrira plus tard Marcel Aymé, Lewis Caroll, Joseph Conrad, Martin du Gard.
La crise de 1929 détruit les rentes de Monsieur Vian qui doit, pour la première fois de sa vie, chercher du travail. La famille libère la villa pour la louer (à la famille Menuhin jusqu’en 1935) et s’installer dans la maison du gardien, de l’autre côté du jardin.
Malgré les mauvais jours, il reste les vacances à Landemer…
Les nuits de Ville-d’Avray s’animent bientôt des soirées jazz organisées par les frères Vian, qui rassemblent parfois quatre cents personnes. En 1939, Boris part étudier un an à Angoulême à l’école des Arts et Manufacture, dont il ressort ingénieur (à Paris) en 1942.
Sa résistance à l’Occupant, c’est, comme beaucoup de ceux qui ont son âge, de l’ignorer, de s’évader ailleurs (il commence à écrire)… de jouer du jazz américain, interdit pendant la guerre.
Le 22 novembre 1944, son père est tué par des cambrioleurs. Les Fauvettes sont vendues. Madame Vian, tante Alice et Ninon emménagent à Paris, 30 boulevard Exelmans.
Son père, Landemer, Les Fauvettes disparues : Boris, l’étudiant d’avant-guerre devient, après-guerre, le roi de Saint-Germain des Prés. Son ascension littéraire suit en parallèle. En 1946, il commence à fréquenter Sartre et l’équipe des Temps modernes, il écrit L’Écume des Jours et J’irai cracher sur vos tombes. Raymond Queneau, iconoclaste comme lui, l’introduit chez Gallimard et dans le cercle des "pataphysiciens".

À partir de 1939 et jusqu’à sa mort le 23 juin 1959, voici ses principales adresses :

Il est logé 39 bis boulevard d’Alsace-Lorraine à Angoulême en 1939, lors de son année d’études à l’école des Arts et Manufactures.
Après son mariage avec Michelle en 1941, le couple s’installe en 1942 avec Patrick, leur fils, 98 rue du Faubourg-Poissonnière.
En avril 1951, Vian abandonne le domicile conjugal et emménage avec Ursula (qu’il épouse en 1954) dans une chambre de bonne, 8 boulevard Clichy.
En 1953, ayant divorcé mais sans obtenir la garde de ses enfants, ayant peu économisé ces dernières années, contraint depuis des mois à des travaux de traduction pas toujours enthousiasmants, il loue un appartement 6 bis cité Véron, derrière le Moulin-Rouge. Il partage sa terrasse avec Jacques Prévert, aménagera un second appartement voisin et construira un second étage intérieur.
Là, le 11 juin 1959, a lieu une fête grandiose en l’honneur du nouveau chef du Collège de Pataphysique.
Quelques hauts lieux du jazz que Boris contribua à créer :
le Club du Tabou, 33 rue Dauphine, le Club Saint-Germain-des-Prés, rue Saint-Benoit (la rue de Marguerite Duras).
A partir de 1948, Boris y reçoit Charlie Parker, Duke Ellington, Miles Davis, etc. un Club Saint-Germain bis est créée à Saint-Tropez en 1949, à La Ponche.
Il loue une petite maison à Saint-Tropez, 3 rue d’Aumale.
*
our visiter le lieu L’appartement de la cité Véron appartient à la Fondation Boris Vian-Ursula Vian Kubler et se visite sur demande (par écrit uniquement : 6 bis cité Véron, 75018 Paris).-
Note :
encore un auteur que j'ai lu avec passion... et qui mériterait bien que je le relise...
http://www.terresdecrivains.com/Boris-VIAN-a-Ville-d-Avray-et
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