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August 19, 2008

Bernard Kouchner rencontrera le dalaï lama vendredi

Un jour c'est non, puis peut-être, puis non encore... et maintenant un oui... mais en compagnie de la grande madame... valse hésitation un peu ridicule...

Le chef de la diplomatie française verra le chef spirituel tibétain en compagnie de Carla Bruni lors de l'inauguration d'un temple bouddhiste dans l'Hérault.

Bernard Kouchner (Reuters)

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé, lundi après-midi 18 août, qu'il rencontrera finalement le dalaï lama vendredi en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy lors de l'inauguration d'un temple bouddhiste près de Lodève dans l'Hérault.

Alors qu'un accord de principe avait été retenu pour une entrevue mercredi à Nantes, le chef de la diplomatie française avait ensuite annoncé qu'il ne pouvait finalement pas, invoquant la crise géorgienne.

Interrogé sur cette visite lundi au cours d'une conférence de presse, Bernard Kouchner a confirmé qu'il ne verrait pas le chef spirituel des Tibétains mercredi. "Je souhaite le rencontrer comme je le rencontre à chaque fois, mais je ne vais pas amener les motards et toutes les télévisions. Je voulais le faire mercredi (20 août), mais la, avec le calendrier que j'ai, ça ne va pas être possible", a-t-il expliqué.

"De toutes façons, je le rencontrerai le 22 (août) avec Carla Bruni-Sarkozy" lors de l'inauguration par le dalaï lama du temple de Lérab Ling à Roqueredonde, près de Lodève (Hérault), a ajouté le chef de la diplomatie française.

Une "nouvelle volte-face", dénonce le PS

"Si je peux le rencontrer avant, j'essaierai, mais ça paraît vraiment très difficile, sinon impossible. Il n'est pas question que je ne rencontre pas mon ami le dalaï lama que je vois à chaque fois" qu'il vient en France. "Et en tout cas, ce sera fait le (vendredi) 22", a-t-il conclu.
Le Parti socialiste, qui avait critiqué dimanche la décision de Bernard Kouchner de ne pas rencontrer cette semaine le dalaï-lama, a dénoncé lundi soir dans un communiqué une "nouvelle volte-face" ajoutant le "ridicule à l'inefficacité".

Pour le PS, cette "visite, organisée autour de Carla Bruni-Sarkozy, dont Bernard Kouchner ne sera que le numéro deux, n'est qu'une séance de rattrapage après l'échec total de la diplomatie sarkozyste sur le dossier chinois". La France "n'a pas besoin d'une diplomatie faite d'incohérence et d'apparat, elle a besoin d'une diplomatie forte et transparente", conclut le communiqué. (Avec AP)

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/les_jo_de_pekin_2008/20080819.OBS7806/bernard_kouchner_rencontrera_le_dalai_lama_vendredi.html?idfx=RSS_notr

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August 19, 2008

René Barjavel - La nuit des temps

souvenir de lecture
science-fiction



La Nuit des temps est un roman de science-fiction, écrit en 1968 par l'écrivain français René Barjavel.

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace...
Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ?

La Nuit des temps, c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et passé, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Éléa et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

René Barjavel nous décrit un monde partiellement "idéal" où une civilisation vit dans le bonheur et l'abondance, profitant d'une source d'énergie et de matière illimitée qui lui permet de parer aux besoins de tous ses habitants. Une autre civilisation, qui n'a pas su maîtriser sa fertilité, se trouve cependant en position d'invasion de la première.

On retrouve dans cette œuvre des éléments qui permettent d'établir des parallèles avec des romans de
contre-utopie tels que la guerre avec une autre nation comme dans le 1984 de George Orwell ou encore, plus marquant, les bijoux portés par chacun qui permettent la gestion des individus comme dans Un bonheur insoutenable d'Ira Levin.
*
Personnages
Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
Il y a deux groupes bien distincts de personnages dans La Nuit des Temps : les personnages du passé et ceux du présent. Les chapitres séparent d'ailleurs les événements passés et les événements présents bien que les deux personnages principaux passent parfois de l'un a l'autre.

Les personnages du passé
Ils ont été "idéalisés" par
Barjavel. Il leur a donné la perfection que nous espérons atteindre dans quelques siècles et a, de ce fait, donné un sens tout particulier à son livre. Il les a séparés en deux clans, les "bons" et les "mauvais".

Gondawa, qui se trouvait à l'emplacement actuel du pôle Sud (cet endroit de la planète était habitable car, selon le roman, la planète était penchée de 40 degrés de plus par rapport à sa position actuelle) et Enisoraï, dont une partie a complètement disparu de la surface de la Terre. Enisoraï était situé à l'emplacement actuel des deux Amériques. Suite à l'utilisation désespérée de "l'Arme Solaire" par Gondawa durant la guerre qui opposa les deux continents, cette partie de terre fondit puis fut engloutie par les océans. La planète toute entière fut ébranlée et se décala de 40 degrés.

Parmi les personnages du passé de Gondawa, il y trois personnages clés importants : Eléa, Païkan et Coban. Enisoraï n'a pas de personnage propre, le continent tout entier représente la sauvagerie, le besoin de conquête, l'expansion illimitée.

Eléa
Elle représente l'amour et l'innocence. Eléa avait été sélectionnée comme étant l'une des femmes les plus parfaites de Gondawa et fut choisie pour entrer dans l'Abri, sorte de capsule de survie qui devait permettre à deux personnes de survivre à l'Arme Solaire.
Avant cela, Eléa était unie à Païkan, son "âme-sœur" et ils s'aimaient d'un amour pur et inébranlable. Seulement, la personne qui devait l'accompagner dans l'Abri n'était pas Païkan mais Coban car lui seul savait toutes ces choses qu'il fallait préserver à tout prix. Elle se retrouva dans "l'œuf" malgré elle et se réveilla neuf cent mille ans plus tard, dans un monde où tout était différent et où Païkan n'existait plus…

Simon
Il représente la solitude et le désespoir. C'est l'un des premiers à être entré dans l'"œuf" et à avoir posé les yeux sur Eléa. Il était médecin et avait été envoyé au Pôle sud, sur une base de recherches française. Il tombe amoureux d'Eléa au moment même où il pose les yeux sur elle. Même s'il sait qu'Eléa n'aimera jamais personne d'autre que Païkan, Simon lui voue un amour sans limite et la protégera de ceux qui ne la comprennent pas. Eléa le choisit comme étant la personne en qui elle peut avoir confiance. La relation des deux personnages atteindra des dimensions inattendues, mais toujours limitées par l'amour qu'Eléa porte pour Païkan.



Certains personnages font une apparition très brève dans le livre, qui est utilisée pour symboliser la présence du pays. Le nom du personnage apparaît alors accompagné d'une virgule et de son pays (ex: "Henckel, l'Allemand se leva"). Certains personnages restent tout au long de l'histoire et prennent une place considérable même si séparés des autres, ils n'auraient plus aucune importance :

Hoover : Les

La Traductrice
Ce n'est qu'une machine mais elle a une grande importance. Chaque personnage porte à son oreille un micro récepteur relié à la dite machine, qui traduit en dix-sept langues ce que disent les gens. Elle parvient même, au bout de beaucoup d'efforts, à traduire la langue d'Eléa. Lorsqu'elle tombera en panne, on comprend alors toute l'importance qu'elle a dans le livre.

Structure de l'Œuvre
Le livre a été écrit selon trois plans : les discours de Simon, qui apparaissent en italique et se situent hors du contexte temporel du roman, le récit de la découverte de l'Abri et de toutes les recherches se situant dans le présent et, pour finir, le récit-souvenir du passé d'Eléa dans toute son intimité avec Païkan et de la fin dramatique de Gondawa.

On peut voir que ces trois parties sont également accompagnées de leurs thèmes, à savoir la solitude et l'amour fou pour les discours de Simon, le bonheur amoureux pour le passé d'Eléa et la folie des hommes au travers de leurs connaissances scientifiques pour le récit du présent.
Le livre commence par un discours de Simon qui renseigne déjà sur la fin du récit, on sait d'avance qu'elle est tragique. Ce sont ensuite les récits du présent qui commencent, dont chaque découverte ou moment important est marqué par un discours de Simon. Vers le milieu du livre, on bascule dans le passé et les moments importants sont toujours marqués par les discours de Simon.
La fin tragique de Gondawa et la mort d'Eléa marquent la fin de l'aventure, cependant le livre continue en revenant dans le présent et en décrivant la mort des deux "fossiles" du passé, la fuite des chercheurs et l'explosion de toute la base. Ceci pour marquer la rupture totale entre Simon et son amour perdu, partie avec le récit de la fin de Gondawa, ensevelie sous des tonnes de glace.
Le livre ne se finit pas par un discours de Simon mais par un aperçu des impressions des gens dans les rues. L'histoire de Simon, elle, prend fin avant que l'histoire ne se termine, elle s'arrête dès les premières lignes du livre. Lorsque le livre est terminé, Simon est déjà mort depuis longtemps, son cœur, son âme, il ne lui reste plus que son corps mais cela ne lui suffit plus pour vivre.
Commencer par un discours tragique et désespéré de Simon et terminer le livre sans lui marque bien que pour lui, il n'y a pas de vie après Eléa. On le sent déjà dès la deuxième page du livre : « Je frissonne. Jamais, jamais plus je n'aurai chaud dans mon sang et dans ma chair… ».

Les chapitres n'ont pas de numéro et sont très courts (jamais plus de huit pages), ce qui provoque des pauses très fréquentes, soulignées davantage par les discours de Simon. Cela donne l'impression de "survoler" l'histoire, d'être pris pour témoin et non pour lecteur.

Thématique

Il y a un thème central dans La Nuit des temps, il s'agit de l'amour. C'est essentiellement autour de ce thème principal que tourne toute l'histoire. On peut également trouver un deuxième thème, qui a un rapport direct avec l'amour : la solitude. Le dernier des trois thèmes est détaché des deux premiers puisqu'il s'agit cette fois de l'humanité, ou, plus précisément, de la bêtise humaine.

L'amour
C'est le thème central du livre. Dès les premières lignes, les premiers mots, on sait qu'il y a une histoire d'amour, belle et forte mais on sait également d'emblée qu'elle est impossible.

L'amour entre Païkan et Eléa, l'amour de Simon pour Eléa, la Désignation (cérémonie qui désigne,en Gondawa, l'âme sœur de chaque personne) et même l'amour qu'éprouvent finalement les chercheurs à l'humanité toute entière à la fin du livre.

léa porte à Païkan un amour infini, un amour pur qui traverse les âges et dont elle ne peut se défaire. Simon, lui aussi, aime Eléa de ce même amour. L'amour impossible de Simon, prisonnier du présent, pour Eléa, elle-même prisonnière du passé. On peut associer au couple Eléa-Païkan le mythe de
la Belle au bois dormant, nuancé par le fait qu'il n'y a pas de prince charmant au réveil.
On peut également y associer celui de Tristan et Iseult, c'est-à-dire, le mythe d'un amour que la mort elle-même ne peut détruire. Face à eux se dressent deux personnages importants : Coban, décidé à tout prix à sauver l'humanité et qui les sépare le temps d'une longue hibernation, mais aussi Simon, désillusionné par les hommes, fou amoureux d'Eléa et qui lui rappelle tragiquement Païkan. À l'instar d'Eléa, c'est lui qui les réunira et qui les laissera finalement mourir, main dans la main, sacrifiant ainsi le sentiment d'amour qu'il ne pourra plus jamais éprouver.

La solitude
Bien entendu, ce thème apparaît de manière récurrente puisque Eléa se retrouve seule, 900 000 ans après tout ce qu'elle avait connu et tout ce qu'elle aimait, mais aussi parce que Simon sait d'avance que son amour pour Eléa ne sera jamais possible. Si l'amour est le thème principal d'Eléa, la solitude l'est pour Simon. Tout au long du livre, Simon "témoigne", par des textes courts, écrits en italiques et dont les propos se situent hors du temps du roman.
Le narrateur du "il" devient alors un narrateur du "je" pour quelques lignes. On sait dès le commencement de ces premiers textes que Simon aime comme il n'est pas permis d'aimer et on comprend, à la fin du roman, que jamais plus il n'aimera. Chacun de ses propos est marqué par une profonde solitude et une touche de désespoir.
Le passage le plus marquant de solitude et de douleur est celui-ci : « Tu me comprenais… Moi aussi, moi aussi, mon amour, j'avais compris, je savais… Tu étais à Païkan… ». Cette phrase, bien que hors contexte, traduit toute la solitude et la douleur qui transpercent Simon.
Ce qui fait également ressortir Simon des autres personnages en dehors du fait qu'il s'intéresse à Eléa avant de s'inquiéter de l'Equation de Zoran, (traduction mathématique de tout le savoir de Gondawa), c'est justement cette solitude. Malgré son amour pour Eléa, malgré le fait qu'il la désire et qu'il aimerait que Païkan n'ait jamais existé, c'est lui, et lui seul, qui la comprend mieux que quiconque, ce qui renforce encore plus sa solitude.

Si aucun pays et aucun personnage n'a été particulièrement mis en avant pour le vol de ce savoir (contenant en particulier l'Equation de Zoran), c'est justement pour que la folie des hommes, et donc la planète toute entière soit, une fois de plus, la coupable. Si chaque pays est réuni dans l'EPI (Expedition Polaire Internationale, ayant conduit a la découverte de l'Abri), autour des recherches sur Eléa, ce n'est pas non plus un hasard.
Même si l'humanité détenait la solution à la fin de toutes ses souffrances, sa soif de pouvoir et sa folie la conduirait à détruire tout espoir, par sa propre faute. Tous les efforts qu'avaient fournis les chercheurs, leurs recherches, leurs découvertes et même la Déclaration de l'Homme Universel qu'ils tentèrent d'écrire ensemble, se rendant compte que, finalement, tous les hommes étaient pareils et égaux, furent réduits à néant à cause d'une seule chose : la bêtise de l'Homme.

La science
c'est une partie très importante du roman... Toute l'histoire est basée sur le fait que la science a perçu le signal. Donc sans science il n'y aurait pas d'histoire.-wikipédia
*
site consacré à l'auteur : http://barjaweb.free.fr/SITE/index.html
*
*
Note :
Pas vraiment fan de Barjavel, mais j'ai trouvé ce livre vraiment exceptionnel !
Païkan avait de graves blessures, il ne pouvait se réveiller et survivre que si Eléa lui apportait son aide. Mais ce fut Eléa qui se réveilla en premier et elle ignorait que la personne l'accompagnant n'était pas Coban…
La bêtise / folie humaine
Même si c'est un thème qui se situe en arrière-plan, il est très présent. C'est la folie des hommes qui détruisit une civilisation aussi avancée que Gondawa, allant même jusqu'à brûler la surface de toute la planète et de la décaler de 40 degrés ! Et c'est elle, à nouveau, qui met en péril tout le savoir contenu dans l'Abri.
États-Unis, Léonova : La Russie, Hoï-To : Le Japon, Lukos: La Turquie, Lebeau, Brivaux et Rochefoux : La France, Moïssov : La Sibérie.
(Une petite histoire d'amour unit Léonova et Hoover mais c'est une fois de plus un symbole. Une alliance entre l'
Amérique capitaliste et la Russie communiste, une alliance entre les deux continents perpétuellement en guerre, unis pour sauver Eléa et Coban.) Les autres personnages forment un tout, séparés les uns des autres, ils n'ont d'ailleurs plus aucune personnalité (contrairement à Simon). Leur présence est indispensable à l'histoire mais ni leur nom, ni leur personnalité n'a une quelconque importance puisque c'est leur nationalité qui importe le plus. Chacun vient d'un pays différent et c'est ce qui fait qu'ils forment un tout. Et même lorsque l'un des pays vole l'Equation de Zoran, Barjavel a fait attention à ne désigner aucun pays, de sorte que finalement tous les pays fussent coupables. En écrivant son livre ainsi, il a rendu toutes les nations confondues responsables et a, de cette manière, désigné la bêtise humaine comme unique responsable. Les Nations du Monde / l'Humanité
Païkan
C'est le personnage "absent" du présent et pourtant il a une grande présence grâce à l'amour qu'Eléa lui porte encore. Il tenta par tous les moyens de la sauver de l'Abri mais, lorsqu'il comprit que c'était finalement l'unique moyen de la sauver, il la persuada d'entrer dans l'"oeuf". Au moment de l'entrée en action de l'Arme Solaire, Païkan se disputa avec Coban, le tua et entra lui-même dans "l'œuf". Cependant,
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August 19, 2008

"Monk" Lewis - le moine

souvenir de lecture
roman gothique



On le nomme "Monk" Lewis, tant cet écrivain a été marqué par sa créature scandaleuse.
Le livre fut d'abord interdit par la censure et Lewis obligé d'en réviser l'édition.
Il n'a que vingt ans lorsqu'il écrit Le Moine et confronte le lecteur avec l'Invisible d'une manière directe et brutale.
Le Surnaturel y fait sauvagement irruption et s'impose ; d'où la réticence d'un Coleridge, déconseillant aux parents de mettre un tel livre dans les mains de leurs enfants.

Il connaissait bien la littérature allemande et traduisit plusieurs grands auteurs, tel Schiller. Il adaptera avec succès un roman de Zschokke, Le Bandit de Venise.

Il hérita d'une fortune importante à la mort de son père et, avec effroi, en découvrit les sources, dans les Indes Occidentales.
Il mourut de fièvre jaune à son retour d'un second voyage, laissant un passionnant Journal qui dénonce le scandale des pratiques coloniales dont nul alors ne se souciait.
Comme la plupart des auteurs "gothiques", Monk Lewis ne fut jamais en odeur de sainteté auprès des critiques et il fallut attendre des auteurs comme Artaud ou Breton pour que certains considèrent enfin Le Moine avec sérieux.

"Le souffle du merveilleux l'anime tout entier (...). J'entends que ce livre n'exalte du commencement à la fin, et le plus purement du monde, que ce qui de l'esprit arrive à quitter le sol et que, dépouillé d'une partie insignifiante de son affabulation romanesque, à la mode du temps, il constitue un modèle de justesse et d'innocente grandeur
note :
Encore un très bon et très ancien souvenir de lecture...
Sur le fantastique :
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August 19, 2008

Herbert George Wells - l'ile du docteur Moreau et autres titres

souvenir de lecture
roman fantastique, science-fiction

L'Île du docteur Moreau
Unique survivant d'un naufrage, Edward Prendick est recueilli sur une île des mers du Sud par un personnage singulier : le docteur Moreau, qui vit depuis 11 ans sur cette île.
Il découvre avec effroi que l'île est peuplée de créatures monstrueuses, mi-hommes mi-bêtes, vivant sous la domination de Moreau et de Montgomery, son assistant.
C'est Moreau lui-même qui a « fabriqué » ces créatures à partir d'animaux, dans le but de comprendre la nature de l'humanité. Les deux chirurgiens, Moreau et Montgomery, se sont livrés à des expériences de vivisections et de greffes pour tenter de donner à ces êtres la faculté de penser et de parler.

Les hommes-bêtes vivent dans un village primitif et obéissent à une « Loi » leur interdisant les comportements animaux et prônant la vénération de Moreau appelé « Maître ». Mais Prendick découvre que certaines créatures transgressent la Loi en dévorant des lapins, et Moreau lui apprend que toutes ses expériences ont échoué jusque-là, les créatures régressant systématiquement à l'état animal.

L'assassinat de Moreau par une de ses « expériences » devenue enragée remet en cause l'équilibre fragile de l'île. Montgomery est tué à son tour et Prendick ne parvient à ramener le calme qu'en tuant une partie des monstres. Au bout d'un exil forcé parmi les créatures en pleine régression, il parvient enfin à s'échapper à bord d'un radeau et à retourner à la civilisation. Mais, traumatisé par l'expérience qu'il vient de vivre, il ne peut s'empêcher de voir le reflet des hommes-animaux de Moreau dans les hommes...
La Machine à explorer le temps

Londres, au XIXe siècle. Dans la maison d'un savant, un groupe d'amis écoute celui qui prétend être le premier voyageur du temps narrer ses aventures.
Le voyageur du temps commence son récit en décrivant le monde de l'an 802701.
La Terre est habitée par les Eloïs, descendants des hommes. Androgynes, simplets et doux, ils passent leur temps à jouer tels des enfants et à manger des fruits dans le grand jardin qu'est devenue la Terre.
A la surface de celle-ci, ne subsiste plus aucune mauvaise herbe, ni aucune autre espèce animale. Le monde semble être devenu un paradis.
Seulement l'explorateur du temps ne tarde pas à se rendre compte que cette apparente harmonie cache un terrible secret. Des puits sans fond sont répartis un peu partout, et un bruit de machine s'en échappe.
C'est sous terre que vit une autre espèce descendante aussi des hommes, les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière à force de vivre dans le noir.
La nuit, ils vont et viennent à la surface en passant par les puits, pour se nourrir des Eloïs, devenus leur bétail à leur insu.
L'explorateur, dont la machine à voyager dans le temps a disparu, va devoir descendre sous terre affronter les Morlocks, s'il veut pouvoir retourner chez lui. Entre temps il va se lier avec une Eloïs, Weena, qui finira par mourir dans un incendie allumé par l'explorateur pour faire fuir les Morlocks.
*
Inutile d'insister sur le fait qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre. La Guerre des mondesdemeure avec Jules Verne le grand ancêtre de la science-fiction, celui qui lui a donné ses lettres de noblesse, avec des œuvres aussi importantes que L'Île du Docteur Moreau, L'Homme invisible ou La Guerre des mondes. Un grand classique, précurseurs dans bien des domaines, qui reste indépassable. À lire ou à relire.
L'Homme invisible
C'est en hiver que l'étranger s'est installé à l'auberge du village d'Iping.
Ses bandages, qui lui enveloppent entièrement la tête, sauf le nez, d'un rouge vif, lui donnent un aspect étrange, assez terrifiant, et les langues vont bon train.

Mandat est donné de l'arrêter, mais comment se saisir d'un personnage qui disparaît à mesure qu'il se dépouille de ses vêtements?
Quant à l'étranger, obligé d'être nu pour échapper aux poursuites, il souffre cruellement du froid et de la faim.

Ainsi débute l'aventure du savant qui a découvert la formule de l'invisibilité, un des romans les plus célèbres de Herbert George Wells et, par son invention et son humour, un des chefs d’œuvre de la littérature fantastique.
*
La Guerre des mondes
La flotte britannique ayant été anéantie dans un combat inégal cependant que l'armée de sa Majesté amorçait sa retraite, la route de Londres est ouverte aux envahisseurs.
Déjà l'exode a commencé.
En train et dans tous les véhicules possibles, l'immense population de la capitale reflue vers le nord ou le continent.
C'en est fait du flegme et de la supériorité britanniques.
Déjà une noire fumée recouvre la ville cependant que l'herbe rouge apportée par les martiens étouffe toute végétation.
C'est dans cette terrible épreuve que se révèle la vraie nature des hommes, qu'apparaissent le courage des uns et la lâcheté des autres.
C'est dans ce combat mortel que l'on découvre les moyens de défense insoupçonnés de notre vieille planète.

*
biographie
Herbert George Wells (né le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent, mort le 13 août 1946 à Londres) est un écrivain britannique surtout connu aujourd'hui pour ses romans de science-fiction.
Il fut cependant également l'auteur de nombreux romans de satire sociale, d'œuvres de prospectives, de réflexions politiques et sociales ainsi que d'ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie, à l'histoire qu'aux questions sociales.
Il fut un auteur très prolifique qui écrivit aussi bien des romans réalistes que de la science-fiction, comme des essais sur l'histoire de l'humanité ou l'évolution future de la société. Herbert George Wells fut un socialiste convaincu. Après 1900, ses œuvres se firent de plus en plus politiques et didactiques. À présent, seuls ses premiers romans de science-fiction sont encore lus.
Herbert George Wells fut le cinquième et dernier enfant de Joseph Wells, un jardinier et joueur de cricket devenu boutiquier, et de Sarah Neal, une ancienne domestique. Il est né à Atlas House, 47 High Street, Bromley, dans le Kent.
Sa famille appartenait à la classe moyenne peu argentée. Un héritage permit à la famille d'acheter un magasin de porcelaines qui ne fut jamais prospère. Joseph fut obligé de vendre des battes et des balles de cricket pour nourrir sa famille. Il recevait également de faibles rémunérations lors des matchs auxquels il participait.

Un incident survenu à Herbert George Wells alors qu'il n'avait que sept ans seulement fut déterminant pour la suite de sa vie. À cause d'un malencontreux accident survenu sur un terrain de sport, il dut rester alité un certain temps avec une jambe cassée . Il passait le temps en lisant des romans et se passionnait pour les autres mondes auxquels lui donnaient accès ses nouvelles lectures. C'est à ce moment-là qu'il prit goût à l'écriture.
Plus tard la même année, il entra à la Thomas Morley's Commercial Academy, une école privée fondée en 1849. L'enseignement y était très erratique, plus particulièrement axé, comme Wells le raconta plus tard, sur l'écriture calligraphiée et les calculs utiles aux seuls hommes d'affaires. Wells y poursuivit sa scolarité jusqu'en 1880. Mais en 1877, un nouvel incident obscurcit la jeunesse de l'auteur : à la suite d'une chute, son père se fracture une jambe et doit abandonner sa carrière sportive qui représentait une part non négligeable des revenus de la famille.

Incapable de supporter plus longtemps leur charge de famille, les parents Wells eurent l'idée de placer leurs garçons comme apprentis dans différents corps de métier. Ainsi, de 1881 à 1883, Herbert George Wells fit un apprentissage comme marchand de tissus chez Southsea Drapery Emporium. Cette expérience lui inspira plus tard ses romans intitulés The Wheels of Chance (Les Roues de la fortune) et Kipps, qui décrivent la vie d'un apprenti marchand de tissus qui commente de manière critique la répartition des richesses dans le monde.

Les parents Wells ne s'entendaient pas très bien - elle était protestante et lui libre penseur -, si bien que sa mère retourna travailler comme femme de chambre à Up Park, une maison de campagne du
Ensuite, Sarah et Joseph vécurent séparément, sans toutefois divorcer, ni avoir aucune autre liaison. Herbert George Wells ne tira profit ni de son apprentissage comme marchand de tissu, ni de son apprentissage comme assistant chimiste, ni de son expérience comme enseignant auxiliaire, ce qui l'obligea à retourner régulièrement chez sa mère à Up Park, jusqu'à ce qu'il trouve une situation plus stable. H. G. Wells profitait de ses séjours à Up Park pour se plonger dans les livres de la superbe bibliothèque du lieu.

En 1883, son employeur le renvoya, arguant qu'il n'était pas satisfait de ses services. Mais le jeune Wells était loin d'être mécontent de ce renvoi qui marqua la fin de sa période d'apprentissage.
Plus tard la même année, il devint assistant d'enseignement à la Midhurst Grammar School, dans le Sussex de l'Ouest, jusqu'à ce qu'il décroche une bourse d'études à la Normal School of Science de Londres (qui s'appellera par la suite le Royal College of Science et dépendra de l' Imperial College de Londres) où il étudie la biologie avec Thomas Henry Huxley, mais aussi la géologie et l'astronomie. Huxley donnait en particulier des cours d'anatomie comparée dont il était un grand spécialiste.
L'année passée à suivre son cours fut pour Wells la plus significative de toute son éducation. Elle marquera également son écriture romanesque puisqu'il puisera dans la biologie, en particulier dans l'évolution et l'anatomie comparée nombre de créations littéraires.
Comme ancien élève, il aidera ensuite à créer la Royal College of Science Association dont il sera le premier président en 1909. Wells étudia dans sa nouvelle école jusqu'en 1887 avec une allocation de vingt-et-un shillings par semaine grâce à sa bourse d'études.

Ces années marquent le début de son intérêt croissant pour une réforme possible de la société.
Il commença son approche du sujet en étudiant la
Il compta également parmi les membres fondateurs du magazine The Science School Journal, un périodique qui lui permettait d'exprimer ses propres idées sur la littérature et la société. L'année scolaire 1886-1887 fut sa dernière année d'études. Malgré sa réussite aux examens de biologie et de physique, son échec à l'examen de géologie lui coûta son passage en année supérieure et sa bourse d'études. Herbert George Wells se retrouva alors sans revenu. Sa tante Mary, une cousine de son père, l'invita à rester chez elle dans un premier temps, ce qui lui épargna la recherche d'un logement. Pendant son séjour chez sa tante, il nourrit un intérêt croissant pour sa cousine Isabel.

En 1891, Herbert George Wells épousa sa cousine Isabel Mary Wells, mais la quitta en 1894 pour l'une de ses étudiantes, Amy Catherine Robbins, qu'il épousa en 1895. Sa seconde femme lui donna deux fils : George Philip (connu sous le surnom de Gip) en 1901 et Frank Richard en 1903.

Pendant ses années de mariage avec Amy, Wells entretint des liaisons avec un grand nombre de femmes, dont l'activiste américaine du contrôle des naissances, Margaret Sanger. Il eut une fille, Anna-Jane, avec l'écrivain Amber Reeves en 1909 et un fils en 1914, Anthony West, avec la romancière et féministe Rebecca West, de vingt-six ans sa cadette. Bien qu'Amy Catherine ait eu connaissance de certaines des liaisons extra-conjugales de son mari, elle resta mariée à Herbert George Wells jusqu'à sa mort, en 1927. Wells eut également une liaison avec Odette Keun et Moura Budberg. « Je n'ai jamais été un grand romantique, » écrivit Wells dans An Experiment in Autobiography (1934), « bien que j'aie aimé très profondément beaucoup de gens. »

L'engagement politique
H. G. Wells se considérait comme un socialiste, même s'il se trouvait occasionnellement en désaccord avec certains autres socialistes de son époque.
Il fut membre de la Fabian Society, mais la quitta ensuite parce qu'il jugeait cette organisation beaucoup plus radicale qu'il ne l'aurait voulue. Il devint même l'un de ses adversaires les plus acharnés, reprochant à ses membres d'avoir une piètre compréhension des problèmes économiques et éducatifs.
Il fut également le candidat du Labour Party à l'Université de Londres en 1922 et 1923, mais même à cette époque sa foi en son propre parti était pour le moins fragile.

Son idée politique la plus féconde concernait la nécessité de créer un État-Monde. D'après son autobiographie, il considérait qu'à partir de 1900 un État-Monde était inévitable. Si les détails de cet État-Monde ont varié au cours du temps, son principe fondamental consistait à organiser une société qui favoriserait les sciences, mettrait fin aux nationalismes et permettrait aux citoyens de progresser en fonction de leurs mérites et non plus en fonction de leur naissance.
À l'époque où il pensait qu'un État-Monde était inévitable, il réalisa également que le type de démocratie parlementaire qui était pratiquée à l'époque n'était pas satisfaisante. Ainsi, lorsqu'il travailla à la
Par ailleurs, il craignait que le citoyen moyen ne fût jamais suffisamment éduqué ou éclairé pour traiter des problèmes majeurs du monde. C'est la raison pour laquelle il pensait devoir limiter le droit de vote aux scientifiques, ingénieurs et autres gens de mérite.
Mais il défendait en même temps l'idée que les citoyens devaient jouir du maximum de liberté possible, tant que celle-ci ne restreignait pas celle d'autrui. Toutes les valeurs que défendait H. G. Wells furent de plus en plus critiquées à partir des années 1920.

Jusque dans les années 1930, Wells resta convaincu de la nécessité de créer un État-Monde.
Dans cette perspective, il accueillit avec enthousiasme les tentatives de
Au départ, H. G. Wells pensait que Lénine pourrait initier la construction du monde planifié dont il rêvait, même s'il était lui-même un socialiste foncièrement anti-marxiste, allant jusqu'à affirmer que le monde se porterait mieux si
Karl Marx n'était jamais venu au monde.
Ensuite, la politique de Joseph Staline le conduisit à changer de point de vue sur l'Union soviétique, même si sa première impression sur Staline fut plutôt mitigée. Il n'appréciait pas ce qu'il considérait être chez Staline une orthodoxie obtuse, mais il fit tout de même l'éloge de ses qualités, disant qu'il n'avait « jamais rencontré un homme plus juste, plus candide et plus honnête », rejetant ainsi la sombre réputation de Staline comme injuste ou tout simplement fausse.
Pourtant, il jugeait la manière de gouverner de Staline beaucoup trop rigide, ne laissant aucune place à la moindre pensée indépendante, et trop obtuse pour réellement mener à la Cosmopolis qu'il appelait de ses vœux.

À la fin de sa vie, il avait perdu beaucoup de son influence dans les milieux politiques.
Ses efforts pour aider à la création de la ligue des Nations se soldèrent par une profonde déception, lorsque cette organisation se révéla incapable d'empêcher la
La guerre elle-même le rendit de plus en plus pessimiste. Dans son dernier livre, Mind at the End of its Tether (1945), il jugea que ce ne serait pas une si mauvaise idée de remplacer l'espèce humaine par une autre espèce.
D'ailleurs, il appelait cette époque « l'ère de la frustration ». Il passa ses dernières années à critiquer l'Église catholique romaine et un voisin qui faisait de la réclame pour un club militaire.
Comme il consacra les dernières années de sa vie à défendre des causes perdues, sa réputation littéraire déclina également. Cela dit, The Happy Turning, un petit livre daté de 1944, recèle encore beaucoup d'esprit et d'imagination.
Note :
Souvenirs de lecture... d'enfance.




En savoir plus...




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Seconde Guerre mondiale. Lénine de reconstruire l'économie russe, comme il le rapporta dans Russia in the Shadows (1920).Charte des Nations Unies, il s'opposa à toute mention du terme démocratie. République de Platon, puis se tourna vers les idées plus contemporaines du socialisme telles qu'elles s'exprimaient au sein de la Fabian Society et dans diverses lectures à la Kelmscott House, le domicile de William Morris. Sussex, une fonction qui ne l'autorisait à emmener ni mari, ni famille. On l'aurait peut-être laissé en paix s'il n'avait pas retardé le paiement de sa note et s'il n'y avait pas eu un vol mystérieux au presbytère.
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August 19, 2008

Dino Buzzati - "Le désert des Tartares" et "le K"

souvenir de lecture

roman italien - une allégorie puissante de la condition humaine.



Le roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie.
En effet après une longue carrière ritualisée par les activités routinières de la garnison du vieux fort Bastiani, il voit se préciser enfin l'attaque des Tartares dont l'existence apparaissait de plus en plus mythique ; mais évacué pour des raisons médicales, Drogo ne peut participer au combat et se rend compte, au seuil de sa mort, que son seul adversaire n'est pas les Tartares, mais la mort.
Ainsi, il se rend compte que les Tartares n'étaient qu'un divertissement, une occupation, qui lui permettait d'oublier la mort, lui qui en avait extrêmement peur.

Cette oeuvre est, avant tout, un procès au temps.
Tout le roman est axé sur la fuite du temps.
On peut tout rattacher à ce thème. Par exemple, le découpage du livre en trente chapitres courts et de même taille donne l'illusion d'une régularité dans l'avancée du roman.

De même, les habitants du fort sont des malades du temps.
C'est-à-dire qu'ils font partie des malchanceux qui, selon Buzzati, sont soumis à une terrible conscience du temps qui passe et de la mort qui approche.
Ainsi, les deux groupes, les civils contre les militaires, sont deux groupes que tout tend à éloigner.
Dès le chapitre 1, Drogo et son ami se séparent et ne se reparleront plus, dans l'avenir, comme avant. De même, ils ne veulent aller au château que pour la gloire, mais quand ils y arrivent, ils veulent en repartir avant de ne pouvoir et vouloir le quitter, ce qui montre leur attachement à leur déshumanisation :
en faisant toujours les mêmes tâches (ce qui transforme le temps qui passe en un présent perpétuel, Drogo est très surpris le jour où il découvre qu'il est un vieillard et qu'il n'a rien fait de sa vie);
en voyant toujours les mêmes personnes (ce qui aboutit à un mode de vie très sécurisant), ils ne pensent plus à la mort et ont donc gagné leur pari.
Ces soldats, qui ont donc très peur de la mort, ont l'espoir de participer à un grand évènement, c'est-à-dire triompher des Tartares, ce qui leur permettrait d'être éternels, la postérité les retenant.
Le règlement absurde du fort leur permet d'occuper leur esprit. La plaine, toujours remplie de brouillard, est favorable à leur imagination, au rêve, à l'espoir.
L'interdiction d'instruments optiques pour scruter la plaine peut être perçue pour maintenir le mystère.
Enfin, la construction de la route peut être perçue comme une métaphore de la vie : la vie se construit, et quand l'ennemi, à savoir la mort, attaque, il n'y a rien à faire face à cette force surhumaine. Les habitants sont vaincus par les Tartares, donc par la mort.

Le K


"Comme son fils insistait, il alla prendre sa longue-vue et scruta la surface de la mer, en direction du sillage.
Stefano le vit pâlir.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
Pourquoi tu fais cette figure-là, dis, papa ?
– Oh ! si seulement je ne t’avais pas écouté, s’écria le capitaine. Je vais me faire bien du souci pour toi, maintenant. Ce que tu vois émerger de l’eau et qui nous suit, n’est pas une chose, mais bel et bien un K."
Le Défunt par erreur, Un amour trouble, Le Secret de l’écrivain, Le Veston ensorcelé, Suicide au parc, Jeune fille qui tombe… tombe, Le Magicien, Le Chien vide, Petites Histoires du soir, Ubiquité, Les Bosses dans le jardin, Petite Circé, Dix-huitième trou, Douce nuit…
Chacune des cinquante-deux nouvelles de ce recueil est frappée du sceau du merveilleux, du même poignant fantastique.
Dino Buzzati possède, à un degré suprême, cette rare vertu de ne pas refuser l’humour à la conscience et à la présence de la mort… Buzzati est l’un des plus grands écrivains de notre temps.
biographie

Dino Buzzati, né le 16 octobre 1906 à Belluno, dans la région de la Vénétie, et décédé le 28 janvier 1972 à Milan d'un cancer, est un journaliste et un écrivain italien dont l'œuvre la plus célèbre est le roman intitulé Le Désert des Tartares.

Dino Buzzati, de son vrai nom Dino Buzzati Traverso, est le deuxième d'une famille de quatre enfants.
Pour répondre au souhait de son père, professeur de droit, il entreprend des études de droit.
Après son service militaire, partiellement en école d'officiers, il entre en 1928 comme stagiaire à la rédaction du grand quotidien de Milan le Corriere della Sera. Il y reste comme journaliste jusqu'à sa mort, excepté pendant la Seconde Guerre mondiale, où il sert comme officier dans la marine italienne puis comme correspondant de guerre en Afrique du Nord et en Sicile.

Parallèlement à sa carrière professionnelle Dino Buzzati s'essaie à différentes formes d'arts comme la peinture, la gravure ou la création de décors pour la scène.

C'est cependant son abondante œuvre littéraire qui retient l'attention par sa variété : du

Les thèmes principaux de ses nouvelles sont les attitudes adoptées face à la vie, face à la mort.
Ses nouvelles soulèvent de nombreuses interrogations sur l'humain dans la modernité à travers des histoires courtes, parfois drôles, parfois tragiques, mais qui offrent souvent un message assez clair pour qui veut y attacher un peu d'attention.

Deux de ses romans retiennent particulièrement l'attention :

Un Amour (1963), qui décrit la passion dévorante d'un quadragénaire (ou quinquagénaire?) pour une jeune prostituée, et ses tourments savamment entretenus par elle, ainsi que par son caractère propre (la nouvelle Iago dans

Et surtout

L'œuvre littéraire de Dino Buzzati renvoie pour une part à l'influence de
Le plus convaincant des rapprochements est cependant sans doute à rechercher du côté du courant
existentialiste des années 1940-1950 et de Jean-Paul Sartre avec La Nausée (1938) ou d'Albert Camus avec L'Étranger (1942), pour ne citer que des œuvres majeures contemporaines du Désert des Tartares.
Par ailleurs ce roman, qui a œuvré à la notoriété de l'auteur et a connu un succès mondial, n'est pas dénué de rapport dans sa description d'un « présent perpétuel et interminable » avec deux autres grands classiques : Les Choses, de Georges Perec et La Montagne magique de Thomas Mann.

Bizarrement, Buzzati n'a jamais accepté d'être considéré comme un écrivain. Il se définissait comme un simple journaliste écrivant de temps en temps des nouvelles, auxquelles il ne trouvait pas de grande valeur. Le jugement de la postérité, et même de ses contemporains, l'a largement contredit sur ce point.

Note :
Encore deux livres que j'ai particulièrement aimés.
Noté également le lien vers les poches, pour en lire d'autres à l'occasion.
Voir autres titres en poche : http://www.livrenpoche.com/auteur-8363.html
*
voir article intéressant :
Kafka par l'esprit de dérision et l'expression de l'impuissance humaine face au labyrinthe d'un monde incompréhensible mais aussi au Surréalisme, comme dans ses contes où la connotation onirique est très présente. Le Désert des Tartares (1949 en traduction française) : ce roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec dans le cadre d'un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire dont le privera la maladie. Le K procède il est vrai d'une inspiration analogue). théâtre (Un Cas intéressant traduit en français par Albert Camus en 1956) aux recueils de nouvelles, comme Le K (en italien : Il Colombre - 1966), en passant par les contes et les romans pour la jeunesse (par exemple La fameuse invasion de la Sicile par les ours) jusqu'aux romans, dont le plus abouti et le plus célèbre est Le Désert des Tartares, publié en italien en 1940, qui se révèle une allégorie puissante de la condition humaine.
Dino Buzzati meurt d'un cancer à Milan, en 1972.
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