Lorsque je suis partie en week-end en Haute-Savoie,
J’ai pris mon matériel, un petit carnet et un stylo,
J’ai tout noté dans le train mais je ne sais pourquoi,
Je ne reprends pas mes notes, si vides de mélos
J’ai tout jeté à la poubelle, carnet, crayons et moi.
Dites moi pourquoi, je n’y arrive pas, mes mots se bloquent.
Dans ma tête de perruche, il y a qu’un petit pois, ça breloque
Comme j’aimerai vous parler du parfum des fleurs mais je ne sais pas.
Il y en avait plein les alpages, des roses, des blanches, des méa-culpas.
J’aimerai vous écrire de jolis vers au rytme de la musique,
Seulement ce n’est pas ma tasse de thé, je deviens hystérique.
Je ne sais que délirer aux sons des tam-tams.
Difficile en ce cas de pondre un psychodrame.
Je me contenterai de vous dire que je suis revenue bancale,
Comme dirait les jeunes loulous, c’était vraiment de la balle
Avec dans la tête, outre mes anneries, des panoramas sublimes...
Un petit village moyenageux, un lac superbe et des amies en prime.
Ce n’est pas mal me direz vous mais ce n’est pas une aquarelle.
Je me perds dans mon cerveau et me prends une gamelle
Riez, riez, je suis tombée à jamais du ban des artistes prestigieux.
Pourtant vous me faites et c’est gentil des retours élogieux.
Mes textes sans saveur, sans passions ne valent pas une prune
Pour ressembler à Verlaine ou Rimbaud je décrocherai la lune.
J’aimerai tant pouvoir exprimer comme Hugo mes humeurs , mes fantasmes.
Dans le monde de l’écriture, je ne suis malheureusement qu’une intruse.
Aucun sentiment, aucune passion, c’est de vous qu’ainsi j’abuse
Pardonnez moi, Je retourne ici bas à mes fadaises catastrophiques.
Je replongerai dans mes galères, mes névroses érotiques
Rien de bien, je vous assure même pas un semblant de slam
Qui vous ferait dire de moi à mon inhumation, j’espère pas demain
Ne savait rien, ne faisait rien, nulle partout mais pourtant du bon pain